ÉTAPE 72: ENCORE DU TRÈS MAUVAIS TEMPS.

Dimanche 18 août, arrivée à Darfeld, 115 km, nuages et pluie.

Lorsque je me lève le matin, je trouve Grégor avec une cigarette aux lèvres. Pour moi qui n’ai jamais fumé, je suis totalement impressionnée que l’on puisse respirer de la fumée, sans interruption, toute la journée. Finalement Grégor n’arrête de fumer que quand il mange. Et le matin, les quintes de toux sont redoutables. Quelle chance que personne de mon entourage n’est jamais fumé. Sa femme est partie travailler, elle est nurse et a encore 2 ans à travailler avant d’être retraitée. Et moi je vais repartir à vélo, au grand air, mais sous la pluie.

Ce qui est formidable avec ce vélo équipé de cette manière, c’est que, s’il n’est pas agréable de rouler très souvent sous la pluie, l’équipement Veltop me permet de rester au sec. Et c’est le premier voyage à vélo que je fais avec ce matériel et cela change tout. Donc quand je vois ce mauvais temps, je râle car le soleil est si agréable, mais physiquement, je sais que cela va bien passer, que je ne serais pas trempée, que je ne greloterais pas de froid, même s’il ne fait pas froid.

Le GPS me mène sur des petites routes où je ne verrais pas beaucoup de voitures, c’est drôlement agréable après la journée d’hier, où le soir j’étais pratiquement sourde tellement le bruit avait été assourdissant dans la journée.

Je roule beaucoup plus lentement maintenant depuis ma panne sèche qui m’a servi de leçon. Je ne veux pas me retrouver dans la même situation car je sais que je n’aurais pas toujours la chance de tomber en panne devant une maison accueillante. Par contre, je rencontre quelques montées mais pas trop fortes. Cela change la donne sur la consommation et je me méfie. Aussi je me fixe de ne pas dépasser 55 km avant de m’arrêter pour recharger ma batterie . Et c’est ce que je fais. Je m’arrête dans une ferme où personne ne parle anglais. J’arrive à faire comprendre que je dois m’arrêter 2h pour recharger ma batterie, mais je dois batailler pour le lieu où je peux recharger. Le fermier commence par me proposer une prise à l’extérieur, mais je refuse car il pleut. Je ne vais pas bousiller mon chargeur, ce n’est pas le moment. Puis il me propose de charger ma batterie sous une véranda ouverte, mais là encore la prise est à l’extérieur et je ne veux prendre aucun risque, je veux tellement arriver à finir ce voyage. Donc je refuse à nouveau, évidemment toujours très gentiment et avec le sourire. Et enfin il me propose de charger ma batterie dans la cuisine. Ce qui me permettra en plus d’avoir du café et un très bon gâteau, ce qui ne gâche rien. Lorsque je branche ma batterie, je suis très étonnée par ma faible consommation car le niveau de la batterie est élevée. C’est vraiment beaucoup plus difficile que ce que je pensais d’essayer d’estimer sa consommation sans compteur.

Ce sont aussi des gros fumeurs mais la fenêtre reste ouverte. La TV allumé en fond sonore que personne ne regarde.

J’arriverais à recharger pratiquement toute ma batterie pendant cette pause. Voilà ce que je vois quand je branche ma batterie. L’écran m’indique:

  • La quantité maximale de charge possible; 54,5 V
  • Le dessin du niveau de la batterie et l’éclair indique le chargeur charge.
  • Le niveau de ma batterie, ici 53,3V et que le réglage de chargement est à 5,0A (et non 7A comme avec le chargeur prêté par Francine et qui ne convenait pas à ma batterie.)
  • Temps de chargement ; 1h17
  • Le nombre d’Ah chargé: 6,41 Ah

Lorsque je repars, je décide que le nombre de km que je peux faire est de 60 km car le terrain est plat maintenant. Je repars vers 14h30 donc j’ai environ 4h pour les faire, ce qui est relax.

Je traverse un village qui est en fête et qui transporte les gens dans une sorte de wagon tiré par 2 chevaux. Mais il pleut et je n’ai aucune envie de m’arrêter.

Un peu plus loin dans un champ, je vois quelque chose qui m’amuse. Deux personnages fabriqués avec des bottes de paille: un marié et une marié avec un gros coeur en paille à côté. C’est un faire part de mariage, de bonne taille.

Et les derniers km sont une pure merveille. Je tombe sur une vraie piste cyclable large, en pleine nature et non à côté d’une route. Pas de bruit, le calme règne, la pluie accélère momentanément. Finir sa journée de vélo sur une route comme cela, c’est vraiment sympa.

Par moment, la route borde des habitations et là je tombe sur des animaux curieux pour le pays. Que viennent faire 2 lamas en Allemagne ?

Quand la piste passe entre des champs, je retrouve un paysage habituel en Allemagne, les grands, les immenses champs de maïs et au fond, les éoliennes.

Sur la piste, en bordure, un arbre à cabane. Celle-ci est détruite mais l’arbre est superbe pour cet usage.

Les allemands n’ont pas de chicane sur leurs pistes cyclables, donc pas de parcours du combattant pour moi. Je suppose que c’est parce que les allemands sont disciplinés et que personne ne viendrait emprunter une piste cyclable s’il n’est pas à vélo. Mais ils ont le sens de la sécurité. A intervalle régulier, cette belle piste croise des routes. Alors, ils ont installé des gabions de part et d’autre de la piste pour casser la vitesse du cycliste et l’obliger à ralentir. C’est très intelligent et super efficace. Cela signale un danger possible.

A un moment la piste passe au milieu d’une colline coupée en deux. Les arbres poussent sur les flancs. Cela donne une impression de grande hauteur et c’est superbe. On a l’impression d’avoir des murs végétaux naturels.

J’ai atteint les 60 km, il est 19h, il me faut trouver un point de chute. A la sortie de la piste, il y’a un petit lotissement. Je m’arrête et essuie 3 refus. Maintenant je sais qu’un lotissement n’est jamais un endroit pour être accueillie car c’est la deuxième fois que cela m’arrive. Donc c’est une erreur stratégique de ma part. Ce genre d’endroit est habité par une population qui n’a, majoritairement, pas l’esprit ouvert. Je les ai d’ailleurs trouvé triste.

Je reprends la route et bientôt je vais rentrer dans une ville. Il me faut trouver avant la ville. Je vois sur ma droite une maison avec un pan inclinée. Et je décide de m’arrêter là. Pourquoi, parce que cela veut dire qu’il y a une personne en fauteuil roulant et souvent ces gens là savent la vraie valeur des choses et accordent de l’importance à ce qui en a vraiment. Et c’est exactement ce qui se passe. Wilfried et Angelika m’accueille très gentiment. Angelika est non seulement en fauteuil roulant mais aussi sous oxygène , visiblement une femme très courageuse qui n’est pas du style à se faire plaindre. Elle fait un maximum de choses et son mari l’aide quand c’est trop difficile.

Je prépare le repas avec Angelika. Je suis la petit main, l’aide de cuisine et nous papotons toutes les deux. A un moment elle me dit de venir près d’elle et elle me serre dans ses bras. Je suis contente de ce petit moment d’humanité comme je les aime. Merci à vous Wilfried et Angelika pour ces bons moments passés ensemble.

12 réflexions sur « ÉTAPE 72: ENCORE DU TRÈS MAUVAIS TEMPS. »

  1. Tu t es offert un super chargeur de batterie en fait..il peux charger n importe quelle batterie apparemment….

    1. Oui, grâce à Simon qui sur ce site m’a indiqué ce chargeur que je ne connaissais pas. C’est ce chargeur que je suis allée chercher à Copenhague chez l’unique représentant de Grin Technologies au Danemark. Je le trouve extra et il me permet de connaître le niveau de ma batterie, c’est super

      1. Si c est Justin qui crée tous ces produits..il est vraiment genial

      2. Corinne, ce chargeur résiste aux intempéries, donc vous pouvez charger votre batterie à l’extérieur en abritant les prises de la pluie.

      3. Simon, sur la notice, il est indiqué le contraire. Je me méfie car c’est fondamental pour moi, pour pouvoir finir.

    2. Vous avez raison, je viens de lire la notice: le chargeur peut être exposé à la pluie, mais uniquement lorsqu’il n’est pas en fonctionnement. Heureusement que vous n’avez pas suivi mon conseil!

      1. Simon bonjour,
        Encore merci pour m’avoir indiqué ce chargeur qui clairement actuellement me sauve la mise. Il est tellement fondamental pour moi que j’ai bien pris la peine de lire la notice en entier, c’est pourquoi je savais qu’il ne fallait pas qu’il soit exposé à la pluie sans charge. En tout cas, les indications qu’il fournit me permette de savoir que malgré mes efforts de bien contrôler ma consommation de batterie, le soir je suis souvent limite, 43V, ce qui est extrême tout rare d’habitude. Je m’aperçois aussi du manque de charge des panneaux solaires qui apportent toujours un minimum indispensable.

  2. Corinne, heureuse que tu puisses continuer malgré tout les désagréments.
    Heureuse que tu fasses encore de belles rencontres. Toujours contente de te lire.

    1. Bonjour Claude
      Oui, je suis contente de pouvoir continuer à avancer. Les rencontres comme celle d’hier soir te remettent bien les idées en place sur ce qui est important dans la vie et ce n’est pas à toi que je vais rappeler cela. Bisous

  3. On suit ton voyage au quotidien depuis Bergen. Nous sommes super contents que tu puisses utiliser ton vélo. Bravo pour ta volonté et ton courage.
    Continue, on est avec toi
    Claude et Dominique

    1. Bonjour Claude, bonjour Dominique
      Je pense à vous tous les jours car tous les jours, je porte sur mon vélo la veste avec capuche que tu m’as offert. Cela me va parfaitement et j’ai mis la capuche sous le casque quand il pleuvait trop. Quelle superbe idée, tu as eu Claude. Le fait de tomber le soir chez des gens sympa m’aide à bien garder le moral.

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