ÉTAPE 68: DE RETOUR EN ALLEMAGNE

Mercredi 14 août, arrivée à Lock, 105 km environ, temps nuageux et soleil.

Ce matin, j’ai pris un petit-déjeuner copieux en famille. Les 2 garçons étaient excités car c’était le jour de la rentrée des classes, alors cela papotait sec entre eux. Ils vont à l’école à vélo à 2 km. L’aînée 14 ans va dans une école située à 7km et elle doit aussi y aller à vélo. Elle trouve que c’est un peu loin. Ils doivent aussi emmener de quoi manger à midi. Les parents responsabilisent beaucoup les enfants. Les 2 aînés doivent préparer leur casse croûte tout seul. Seul le petit dernier a le droit d’avoir un casse croûte préparé par sa maman. C’est amusant de les voir s’organiser et ils se débrouillent très bien

Puis tout ce petit monde part travailler et moi je pars avec mon vélo, pas tout à fait la même activité. Je vais essayer de faire 100 km en évaluant ce que théoriquement je consomme en énergie, faute de compteur. Ma seule réelle inconnue, c’est ma capacité à évaluer ma surconsommation quand le vent est de face. Au niveau stratégie, je vais essayer de rouler doucement et le plus régulièrement pour minimiser le plus possible ma consommation d’énergie. Je vais essayer de rouler à environ 15 km sans à coup, mais en réalité, je ne sais pas quelle moyenne je vais faire. C’est vraiment une grande inconnue de rouler sur ce genre de vélo sans aucune information.

Le moral est bon et je suis face à un nouveau challenge que je dois réussir pour arriver à bon port. La première partie de route est une piste cyclable sur près de 20 km le long d’une route avec beaucoup de circulation, donc sans grand intérêt et bruyante. Puis je vais bifurquer et suivre une route que Mette et Finn, hier, m’ont conseillée de suivre. Cette route est sympa car elle est presque parallèle à l’eurovélo 1 donc près de la digue mais sans être collée à la digue. Et surtout, je n’ai pas de chicane à passer, ce que j’ai définitivement décidé d’arrêter de faire tellement c’est difficile à passer avec mon vélo long.

La digue est à 200 m de moi et cela fait vraiment un drôle d’effet de savoir que vous êtes au bord de la mer sans jamais la voir. C’est vraiment frustrant. De l’autre côté de la route, toujours des fermes et des animaux.

Ce qui me frappe, c’est de voir des maisons très proches des digues. J’aurais tellement peur de voir la digue se rompre et de perdre ma maison, je ne pourrais pas vivre dans ces conditions là.

Certaines maisons sont à 150m des digues, en plus des belles maisons. Je ne sais pas si cela est encore possible, aujourd’hui, de construire si près des digues avec le réchauffement climatique. Je suis cette route pendant un bon moment, puis je m’enfonce un peu plus dans les terres.

Le paysage est essentiellement des champs avec des animaux, des champs avec des balles de foin, des champs de maïs pour l’ensilage Et très peu d’arbres. Par contre le foin n’est pas en round ballers avec ce plastique vert ou blanc si moche mais dans des filets. Cela veut dire qu’ils sont stockés à l’intérieur ce que permet sûrement les bâtiments gigantesques que je vois régulièrement.

Quand je pense que ce gigantisme va arriver en France, j’espère vraiment le plus tard possible.

De temps en temps près des maisons, on trouve des petits stands extérieurs avec des produits à vendre et une boite pour mettre de l’argent. Apparemment, les gens doivent être honnête car je vois cela régulièrement.

Ici, vente de pots de confitures et de plants avec sa boite métallique pour le paiement. Les confitures ont l’air bonne, je goûterais bien mais cela n’est pas prévu…

Sur le chemin, je trouve une cigogne tenant un bébé dans son bec. J’aimerais bien savoir si cela est une décoration ou si cela annonce vraiment la naissance d’un bébé dans cette maison.

Certains panneaux de circulation sont amusants: 2 voitures se montant dessus !

Je passe un coin où les maisons sont particulièrement belle avec un toit de chaume.

Par contre, il est étrange de voir une belle maison gâchée complétement par un portail affreux.

Je vois une belle église blanche. Je m’arrête pour voir si je peux rentrer et ainsi découvrir comment est l’intérieur.

Elle n’est pas fermée mais au niveau du coeur, il y a une chaîne avec marquée alarme. Je n’irais donc pas plus loin pour observer. J’espère pour eux que c’est une protection efficace.

Cette église est entourée d’un cimetière organisé comme un jardin, d’ailleurs, on trouve des bancs pour se reposer.

Les pierres tombales sont discrètes, petites et systématiquement avec un petit jardin devant. Tous les cimetières que je vois sont des lieux gais, qui n’inspirent pas la tristesse. Pourquoi faut-il que cela soit l’inverse chez nous. Ailleurs, petite pierre discrète et nous plus c’est gros, plus c’est visible, mieux c’est. Personnellement, je trouve qu’on a encore tout faux. Ici les gens peuvent venir et se recueillir, s’assoir sur un blanc, lire, être près des gens qu’ils aiment et qui ont disparu sans être triste parce que l’environnement guide vers la rêverie et non vers la tristesse.

Vers 17h, je m’arrête dans une station service pour mesurer avec mon chargeur, la charge qu’il reste dans ma batterie. Je peux encore faire environ 30 km, donc je décide d’en faire seulement 15 par sécurité.

Mais le temps passe, il est temps de chercher un lieu pour le soir. Et curieusement, depuis le vol, je deviens angoissée quand je dois chercher, comme si les voleurs m’avaient fait perdre un peu de ma confiance en moi. Je dois me faire violence pour frapper à une porte. Heureusement, je n’aurais qu’un seul refus, ma deuxième tentative sera la bonne. Je tombe sur une bonne famille chaleureuse. J’ai vraiment besoin de cela pour garder un bon moral.

Petit Prince est mis tout de suite en charge et moi, j’aurais droit à un super dîner (une excellente viande). Puis nous discuterons pendant la soirée autour de mon blog, sur ce qui m’est arrivé. Par contre, je bois trop de bière, ils en ont plein de différentes et elles sont vraiment très bonnes. Je mettrais une minute à m’endormir et passerais une bonne nuit.

Merci à vous, Monika, Roger et à votre fille Leena pour votre accueil qui me permet de continuer ma route avec un bon moral grâce à votre accueil chaleureux. Je mesure bien ma chance de tomber sur des gens comme vous.

4 réflexions sur « ÉTAPE 68: DE RETOUR EN ALLEMAGNE »

  1. Coucou Corinne.
    Je reviens sur ton blog avec un peu de retard…
    Je vois que peu à peu tu t’organises pour continuer au mieux ton voyage jusqu’au bout.Bien sûr que tout le monde admire ta ténacité car tu aurais eu bien des occasions de déclarer forfait.
    Tu es maintenant en Allemagne, ça avance bien!
    Nous y serons lundi avec Philippe pour un petit tour (très modeste) à vélo le long du Rhin, Mayence-Cologne.
    Ton moral semble bon, et tu as encore le « flair » pour trouver de bons hébergements.Très sympa les crêpières à rallonge!
    Bonne continuation, Bisous

    1. Bonjour Odile
      Tu sais maintenant ma seule ambition est de ne pas avoir de nouveaux emmerdes. Mais comme ceux qui m’arrivent ne dépendent pas de moi, je ne peux que courber le dos. L’important est de pouvoir toujours rouler et pour le moment je peux rouler, en mode dégradé, mais je peux rouler.

  2. Contents de voir que malgré les difficultés tu avances bien et que tu arrives à garder le moral grâce aux familles très sympathiques que tu rencontres. Encore bravo pour ta ténacité!
    On t’embrasse Pascale et Jean-Pierre

    1. J’espère que tu vas me voir arrivée dans 10 ou 11 jours. Si ce n’est pas le cas, cela voudra dire que les emmerdes ont continué.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.