ÉTAPE 51: INCROYABLE MAIS VRAI

Jeudi 18 juillet, arrivée à Sila 65 km, temps ensoleillé.

Nous voilà partis. Je continue à laisser Thierry ouvrir la marche. Il n’a pas de GPS mais c’est facile de se guider car on suit tout le temps là N17 qui borde la côte de la Norvège. C’est la plus belle, mais elle est curieuse car par moment elle s’arrête et la seule façon de continuer est de prendre un ferry. Cette route est aussi truffée de tunnels qui vont pour le moment de 400m à 3,2km. Quand ils sont trop longs, ils sont interdit aux cyclistes (le plus long tunnel en Norvège fait 25km).

Cette route est vraiment magnifique par les paysages et comme le soleil est enfin de la partie, nous pouvons en profiter à fond.

Maintenant Thierry est raisonnable et m’attend pour franchir les tunnels. Celui là est annoncé de 3,2 km. On voit qu’il monte et du coup c’est compliqué pour moi de suivre Thierry. En effet, il monte lentement car c’est difficile et moi, je ne peux pas monter sans moteur vu le poids de la remorque, alors je lance le moteur mais cela va tout de suite trop vite pour Thierry que j’ai tendance à dépasser alors je coupe le moteur, puis je suis obligée de le relancer et je fais cela sur les 2 km de montée. Mais le moteur n’apprécie pas du tout car il n’est pas fait pour fonctionner comme cela et il se met à chauffer et à atteindre 105°C. Je commence à m’angoisser car à 110°C je suis obligée de m’arrêter pour le laisser refroidir or je n’ai aucune envie de m’arrêter dans un tunnel et encore moins de laisser Thierry sans lumière dans ce tunnel. Par chance la route devient plate et Thierry peut de nouveau rouler normalement et moi aussi. Mais je n’avais pas envisagé ce cas de figure et j’espère qu’il ne va pas se reproduire.

Au bout de 15 km, Thierry s’arrête pour faire une pose car il a faim. Je lui ai donné un sac avec des fruits secs alors il pioche dedans, puis on repart. Comme d’habitude, je le laisse partir devant pour ne pas lui coller aux fesses car je veux prendre mon temps et faire des photos. Le paysage étant magnifique, j’en profite pour faire des photos et avant de repartir, je regarde mon iPhone pour savoir si j’ai des commentaires pour répondre. Puis, ne voyant plus Thierry, je repars, au bout d’un certain temps, je le rattrape donc je m’arrête à nouveau et j’en profite pour faire des photos. Quand je remets mon appareil de photos dans ma sacoche (équivalente à une sacoche de guidon mais sans pouvoir mettre de carte), je n’aperçois plus mon iPhone. J’ai du mal voir, je vide ma sacoche et plus d’iphone. Ce n’est pas possible, je révide une 2éme fois, puis une 3é fois ma sacoche et je dois me rendre à l’évidence, j’ai perdu mon téléphone. Je suis catastrophée, comment j’ai pu faire cela ? Ma sacoche ferme avec 2 boutons magnétiques, j’ai du mal en refermer un et l’Iphone est tombé. Finir le voyage sans téléphone me paraît difficile. Je veux pouvoir communiquer avec ma famille. Comment vais-je faire ?

Je suis arrêtée à côté de mon vélo quand une camionnette stoppe derrière moi et une femme en descend en tenant en l’air un objet noir qui semble être un téléphone. Elle s’adresse à moi en français et me demande si je n’ai pas perdu mon téléphone. Je la regarde et je dois avoir l’air complètement ahurie tellement je suis surprise. Et effectivement c’est mon téléphone, qui vu son état est bien tombé.

Je demande à cette femme où elle l’a trouvé et pourquoi elle a pensé que c’était à moi ? Elle m’explique qu’ils se sont arrêtés pour faire des photos et qu’en descendant de la camionnette, ils sont tombés sur mon téléphone. Ils l’ont allumé et ils ont vu qu’il était en français et que la batterie était pleine, donc il venait d’être perdu. Puis ils l’ont retourné et ils ont vu qu’il avait une fixation vélo, Quad Lock, qu’ils connaissaient. Ils en on déduit que c’était un cycliste français qui l’avait fait tomber de son vélo et ceci récemment. Ils ont continué leur route, puis ont vu mon vélo avec le drapeau français et Corinne entrain de farfouiller dedans. Alors ils ont pensé que le téléphone devait être à moi. D’où leur arrêt. Vous devinez ma joie et la chance incroyable que j’ai eu.

Coque Quad Lock pour fixer le téléphone sur une attache vélo.

Merci infiniment, Madame dont j’ignore le nom, pour votre raisonnement et votre grande gentillesse à mon égard.

La sauteuse de mon iphone

Et maintenant si vous croyez que les protections verres d’écran ne servent à rien, regardez. L’iphone, lui n’a rien et marche nickel

Le téléphone, dessous est intact

Inutile de vous dire que je reprends la route plutôt sereine.

Puis nous devons prendre un ferry, mais il y a une heure d’attente. Thierry a répéré un restaurant car comme d’habitude , il a faim. Nous avons une heure pour déjeuner et Petit Prince en profite pour bronzer.

Puis nous prenons le bac.

Nous débarquons et reprenons notre route en direction du camping que nous avons identifié. Mais avant d’y arriver, Thierry s’arrête dans un magasin pour faire des courses de nourriture, toujours la peur de manquer ! Je ne l’accompagne plus car cela me traumatise de voir tout ce qu’il prend et… que je vais devoir porter par la suite. Heureusement que j’ai renvoyé 10 kg car je n’aurais pas pu prendre de nourriture en plus. Là, je sais que j’ai totalement perdu l’avantage poids.

On arrive au camping qui est fermé. C’est la première fois que cela m’arrive. On continue donc pour trouver un endroit ou faire du camping sauvage. Je m’arrête pour demander l’autorisation, à un paysan, de planter la tente dans un champ qu’il vient de couper. La réponses est « non » comme si j’étais une « merde ». Il me regarde comme si ma question était totalement idiote. Et je pense, effectivement que pour ce genre d’individu ma question est totalement idiote, penser que l’on peut laisser 2 personnes camper sur un petit bout de terre est un affront pour lui. Et on repart. Thierry demande à quelqu’un dans son jardin qui nous indique qu’à Sila, on peut trouver des terrains plats au bord de l’eau. Et c’est ce que nous ferons. Comme il fait très beau, je n’aurais aucun problème pour recharger complètement la batterie et nous avons de quoi manger…Par contre dans la nuit, il y aura beaucoup de vent, ce qui secoue la tente. Cela n’empêchera pas Thierry de dormir comme un loir, par contre, cela ne sera pas mon cas.

6 réflexions sur « ÉTAPE 51: INCROYABLE MAIS VRAI »

  1. Bonjour,
    Toujours de très beaux paysages surtout quand le soleil est de la partie.
    Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le colis de Corine est bien arrivé à destination en très bon état extérieur. Bravo pour l’emballage!
    Amicalement
    Bernadette

    1. Bonjour Bernadette
      Merci de bien avoir réceptionné mon colis, je suis contente qu’il soit arrivé en bon état. C’est Anita qui avait fait le paquet et là encore, elle a été super compétente. Les paysages sont vraiment extraordinaires mais ils se méritent

  2. Incroyable cette histoire de téléphone! Quelle chance! Et le vent était effectivement au rendez-vous pour nous aussi cette nuit la!
    Marie (famille cyclotouriste rencontrée au camping sur Vega)

    1. Rebonjour Marie
      Oui, je n’en suis toujours pas revenue pour mon téléphone. Que le hasard est fait que ce soit des gens intelligents qui le trouvent et qui se donnent de la peine de raisonner pour retrouver rapidement son propriétaire est une chance inouï. Cela me sert de leçon, je fais drôlement attention maintenant. Regarde Marie où on est. Si c’est sur votre trajet, il faut s’arrêter à ce camping, les enfants vont adorer et nous cela nous fait bien rire de nous retrouver dans un camping de trolls !…

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