ÉTAPE 50: LE SOLEIL EST DE LA PARTIE

Mercredi 17 juillet 2019, Camping de Furøy, 68km, soleil et quelques nuages.

Ce matin, petit déjeuner dans le restaurant du camping, donc rien à préparer. Comme nous sommes arrivés tôt hier soir, j’ai pu écrire ma newsletter hier soir, ce qui n’arrive jamais. Par contre, question efficacité au niveau du matériel, ce n’est pas encore cela car Thierry n’est pas encore dans le bain au niveau camping. On sent bien que ce n’est pas son truc. On ne partira pas avant 9h, ce qui est tard pour un départ en vélo, l’idéal est vers 8h, comme cela, on peut prendre son temps, faire les pauses que l’on veut et aussi nombreuses que l’on veut. Pour le soir, si on veut avoir un peu de temps à soi, il ne faut pas arriver après 18h.

Pour le trajet, ce n’est pas compliqué car on suit la N17 jusqu’à Trondheim, c’est à dire sur 800 km. Mais ce trajet est truffé de ferry car, à intervalle régulier, la route s’arrête et il n’y a pas de pont pour traverser le fjord car trop large (ni de tunnel sous la mer car trop cher). Donc il ne reste que le ferry. Et comme, on n’arrive pas toujours à repérer les horaires (en tapant sur internet aujourd’hui, Ornes, qui était le lieu de départ du ferry, je n’ai rien trouvé, il aurait fallu que je tape le nom de la compagnie maritime, encore faut-il la connaître). On a 30 km à faire avant de trouver le ferry. Et le paysage est somptueux et avec le soleil, on en profite bien

A un moment, je retrouve Thierry qui me demande si j’ai pris la photo de 2 montagnes se reflétant dans l’eau. Non je ne l’ai pas prise mais je lui demande si, lui, l’a prise. Non aussi car son smartphone est au fond d’une sacoche. Et oui, quand on laisse à la maison la sacoche de guidon que j’avais préparé, qui sert à mettre ses papiers, son argent, son téléphone et l’appareil photo, et au dessus la carte permettant de suivre le trajet, on ne peut pas prendre de photos !…

Comme partout en Norvège, dès qu’il y a un peu de terre entre les montagne et la mer, on trouve une ferme d’élevage avec toujours les mêmes animaux, vaches et moutons et que des cultures fourragères. En ce moment, ils coupent tout pour faire des round ballers pour l’hiver. On voit partout ces grosses bottes de foin pratiquement rondes entourés de film plastique blanc (ici j’en ai vu des bleues, des jaunes et même des roses, que c’est moche….).

Des poulinières suitées

Regardez comme la route que nous suivons est belle.

Puis vient un tunnel de 3,1 km. Cette fois Thierry m’attend car hier, je n’étais pas contente, il a franchi un tunnel sans m’attendre. Ok, je suis incompétente pour lui faire comprendre qu’un rétroviseur, une lampe avant et une lampe arrière sont indispensables au niveau de la sécurité (dans un pays truffé de tunnels comme je l’ai prévenu), mais il y a des limites à ne pas dépasser. Dans le tunnel, je roule un peu au milieu de la route à hauteur de sa roue arrière pour qu’un automobiliste ne me double pas en se rabattant sur lui. J’ai horreur de ça car s’il fait le moindre écart important, je risque de le gêner mais je n’ai pas le choix. Ceci dit, cette façon de rouler marche car les voitures qui doublent nous laissent de la place.

Au niveau d’un parking pour s’arrêter et profiter de la superbe vue, on trouve un étrange monument

Ici un monument aux morts pour les personnes tuées dans le sous marin UREDD P41, coulé en 1943 après avoir heurté une mine et dont on n’a retrouvé la carcasse qu’en 1985 (on ne savait pas avant où il avait coulé). Le nez de l’Espadon indique l’endroit où repose le sous marin.

La neige est très présente et on a vraiment l’impression qu’elle n’est pas loin.

Puis on est obligé de prendre un bac à Ornes pour éviter le tunnel de 11 km interdit aux cyclistes. Malheureusement, on ne connaissait pas ces horaires, alors on a du attendre presque 3h, ce qui est vraiment très long. Du coup, on est arrivé de l’autre côté vers 15h alors qu’il restait encore 36 km, ce qui est beaucoup pour Thierry, compte tenu du dénivelé.

Thierry examine la carte mais comme il n’y a qu’une route le long de la côte, ce n’est pas trop compliqué.

Et on repart. Thierry trouve que c’est fatiguant mais il avance. Dans une côte sévère, il sera plus efficace que moi car je devrais m’arrêter 4 fois pour cause de moteur chauffant au dessus de 110°C (à surveiller pour ne pas griller le moteur). Thierry monte doucement mais sans s’arrêter.

Par contre, il ne sait pas gérer l’alimentation en fonction de son effort. Il est très sensible à l’hypoglycémie et il a des coups de barre que je ne sais pas anticiper puisque pour moi, c’est l’inverse, l’effort me coupe l’appétit. Seul lui peut résoudre ce problème. Pour moi, ne rien manger de la journée ne me pose aucun problème, je mange juste de temps en temps des fruits secs. Par contre je suis vigilante à boire assez pour ne pas déclencher des problèmes de tendon. Donc la fin de la journée est difficile pour lui car il crève de faim (il a mangé un sandwich à midi, mais cela ne lui suffit pas).

On finit par arriver au camping repéré (vers 19h ce qui est trop tard). Il est beaucoup plus beau que l’autre et très bien équipé. La tente est vite montée, Thierry va prendre une douche pendant que moi, je prépare le repas qui consiste en une platée de spaghettis. Mais Thierry a encore faim, il prendra du pain avec des petites tranches de jambon. Mais je sens qu’il mangerait bien encore, alors que moi, je ne peux plus.

A 21h30, on est au lit. Thierry s’endort instantanément, je sens que la fatigue est là, alors que pour moi, il n’en est rien grâce à l’assistance électrique. Je trouve que mon effort est beaucoup plus proportionné à mon âge.

Au réveil, je prépare le petit-déjeuner avec des flocons d’avoine, qui une fois cuits, forment du gruau qui tient bien au corps et permet de tenir la distance. Mais Thierry n’aime pas cela. C’est vrai que cela ressemble à de la pâté à cochons mais c’est très nutritif et parfait pour le vélo. Il n’y a rien d’autres hormis du pain sec qu’il mangera. C’est incompréhensible pour moi, sachant que justement cela évite les problème d’hypoglycémie. Et c’est reparti pour une journée de vélo.

10 réflexions sur « ÉTAPE 50: LE SOLEIL EST DE LA PARTIE »

  1. Ahaha !!!!la vie de couple !!!! Thierry vient changer vos habitudes Corinne !!! Mais moi, je préfère vous savoir avec votre mari, même si vous rouscaillez un peu!! grosses bises à vous deux…

  2. Bonjour Corinne, tes photos sont toujours merveilleuses et tes observations sur l’âme humaine m’amusent beaucoup. Contente de voir que tu partages mon goût pour l’emballage plastique du foin… C’est choquant et finira bien un peu au fond des mers. Profitez des beautés de notre planète. Bise. Claude

  3. Bonsoir Corinne et Thierry.Corinne,nous avons passé la frontière finlando-suédoise à Tornio(SF) et Haparanda (S).Les douaniers suédois n´ont pas voulu passer les moustiques finlandais,pour cause,,ils avaient trop bu de vin rouge,non de mon sangIls étaient complétement ronds.. Sur la E 4 jusqu´ici,80 km au nord de Umeå,oú nous allons dormir sur une aire de repos,je n´ai pas vu un seul endroit interdit aux vélos sur les portions de cette route européenne oú il y a des barrières séparatrices,mais c´est vrai qu´avec une voie de passage,vous auriez pu ralentir considérablement la circulation avec la vitesse autorisée jusqu´à 110 km/h. Vous auriez pu faire comme en France,quand les agriculteurs sont en colère et qu´ils roulent tout doucement.
    Le temps était magnifique aujourd hui.
    Nous avons encore plus de 600 km pour arriver chez nous.
    Bonne continuation à vous deux.JPL

  4. Pour la sécurité de Thierry,il faudrait qu´il ait un gilet jaune C´est un conseil quand on n´a pas de phare avant et de feu arrière.

  5. Salut Corinne,

    Bon, Thierry a oublié la sacoche de guidon, mais il a pensé à t’apporter le soleil, et ça c’est essentiel pour que vous puissiez prendre plaisir à rouler, et que tu continues à nous faire des clichés toujours aussi magnifiques.
    Ces paysages côtiers sont vraiment superbes, et le fait de prendre le ferry assez souvent doit vous permettre de souffler un peu, c’est pas mal, surtout pour les premières étapes de Thierry.
    Bon courage à tous les deux,
    Bises

    1. Bonjour Odile
      Ton frère n’a pas oublié la sacoche de guidon, il ne l’a pas prise volontairement car il a jugé cela inutile. Par contre la Norvège avec le soleil, vu les paysages magnifiques que l’on côtoie, c’est extra. Aujourd’hui, on s’est levé avec un magnifique soleil, encore une belle journée en perspective.

  6. Bonjour à vous deux,
    Bravo, c’est quand même courageux d’aller vivre à la dure comme ça, alors, avec ou sans sacoche de guidon, éclairage ou pas, félicitations à vous deux qui êtes de grands sportifs.
    Je suis toujours assidûment ton périple. Merci pour ce beau voyage et tout ce temps que tu passes pour nous donner une grande bouffée d’air frais, voire même un rayon de soleil, à la fin d’une journée de travail.
    Bises et courage, vous êtes les plus forts !

    1. Bonjour Philippe
      Contente de voir que toi qui travaille, tu prends le temps de me lire. Thierry me bluffe car il est drôlement endurant. Les dénivelés sont fréquents et il monte tout sans jamais s’arrêter et je ne l’ai encore jamais vu pousser le vélo. Chapeau

  7. Bonsoir Corinne et Thierry.
    Nous sommes arrivés ce soir vers 22.00 h ,chez nous à Frösön ,l´île de Frösön en face de la ville d´Östersund,la seule ville de l´intérieur de la Suède sur la E 45,appelé la voie Laponia,qui va en Scandinavie de Göteborg (S) à Alta (N) ,mais commence au sud de l´Europe à Syracuse en Sicile et se termine à Alta en Norvège.
    Östersund est à mi-chemin du nord et du sud dela Suède et à mi-chemin de la Baltique ,de Sundsvall (S) et de Trondheim (N) sur les bords de l´Atlantique.
    Nous avons pour la 2 ème fois un beau temps..Nous avons parcouru depuis la frontière finlando-suédoise de Tornio/Torneå (SF) et de Haparanda (S) presque 600 km vers Sundsvall sur la E 4.Nous avons vu des cyclotouristes prendre la E 4 oú il y avait la séparation des 2 voies,sauf à un endroit vers Umeå,oú il y avait un panneau interdit aux cyclistes.
    Comme vous allez continuer vers Bergen,je vous conseille de faire la route de l´Atlantique, “ Atlanterhavsveien “ en norvégien,longue de 9 km ,à 198 km de Trondheim vers Kristiansund pour les voitures.
    Pour parcourir cette route nationale 64 , Fylkesvei 64,i lest prudent de contrôler le temps,car par tempête,c´est trés dangereux de prendre cette route qui va du nord de Kristiansund,sur une île à Molde au sud.
    Je ne vous conseille pas la route des trolls et le fjord de Geiranger,car lá,il y a des côtes dignes du Col du Lautaret et autres des Alpes ou des Pyrénées.
    Bonne continuation.

    Si Thierry n´a pas de lampes sur son vélo,il peut s´en acheter avec piles,pour le devant que l´on peut fixer au guidon et un feu rouge avec piles qui clignote.

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