ÉTAPE 43: QUAND LE SOLEIL CHANGE LE VOYAGE

Lundi 8 juillet 2019, arrivée à Gravermarka 85 km, temps ensoleillé. Vent à partir de 16h

J’abandonne ma cabine qui m’a permis de faire une belle pose, le soleil étant enfin apparu. Je suis surprise par le faible nombre de gens dans le camping. Je m’attendais à ce que cela soit plein mais ce n’est pas le cas. Je crois que le maximum de gens vient de mi-juillet à mi août. En tout cas, le mobile home est devenu une façon importante de voyager pour les retraités, il y en a partout et certains sont gros (mais quand même pas de la taille des mobile homes canadiens !…). Aujourd’hui le soleil semble s’être installé. Il n’y a pas un nuage et cela sera comme cela toute la journée. Les paysages, au soleil, sont drôlement plus magnifiques car ils sont éclatants de couleurs.

Ce camping fait aussi restaurant, alors j’en profite pour prendre un petit déjeuner. Ils ont des croissants et du pain tout frais qu’ils fabriquent sur place. Quel luxe, c’est délicieux. Mails il me faut partir alors je prends la route. Je vais faire des transversales par rapport à la route à suivre pour aller chercher des petits ports isolés ou des extrémités d’îles pour la beauté des paysages. Je pars donc direction Brenna, qui est l’extrémité d’une route qui finit en cul de sac, il me faudra donc faire demi-jour. Beaucoup de routes terminent en cul de sac car les routes ne font pas toutes le tour des fjords, cela serait certainement trop coûteux.

Je continue à rouler très doucement pour profiter au maximum des paysages. Je passe mon temps à m’arrêter pour prendre des photos, pour essayer de vous en faire profiter aussi au maximum. Et voilà ‘est parti.

Petit port dans un fjord

Ce qui est impressionnant, c’est que vous quittez un fjord superbe pour en trouver un autre tout de suite après, avec des caractéristiques différentes. Aucun ne ressemble à un autre. Par contre, ils ont tous quelque chose en commun, c’est la transparence de l’eau et son bleu profond.

Une des plus vieilles églises de Norvège, tout en bois, se voit de loin Vagan Kirke dans le village de  Vagan sur l’île de d’AustvaKabelvag. Les norvégiens les appellent Stavkirke ou églises en bois debout. Il en reste 28 dans le pays. Elles ont un squelette dont les murs sont constitués de poteaux ou de planches verticales, une nef flanquée de 2 rangées de colonnes et des bas côtés. Elle est une attraction touristique mais par chance, il y a peu de monde, alors je peux la visiter tranquillement. C’est impressionnant de voir une église de cette  taille en bois.

Arrivée à Rorvika, je vois un parking à l’embranchement de 2 routes. Je me dis que je vais faire une pose. Je m’arrête près d’un mobile home avec le F de France. Un couple en sort, ils sont entrain de déjeuner et ils m’invitent à se joindre à eux. J’adore ces moments surprises de partage chaleureux. Michel est un fou de vélo, il voyage avec sa femme Régine en mobile home car ils sont retraités et ils ont du temps. Ils vont au Cap Nord et sont partis depuis un mois. Ils sont très chaleureux et après ce stop fait au camping dans la solitude, cela me fait du bien de pouvoir échanger.

Merci Michel et Régine pour ce repas partagé. Et ce bon moment passé ensemble

Puis je les quitte pour aller voir le port très connu de Henningsvaer. C’est à environ 5 km, avec 2 ponts redoutables à franchir (à cause de leurs pentes) et des paysages magnifiques. Mais là, si le port est très beau, la foule gâte tout. Il y a des touristes partout, des voitures, des mobile homes. J’aurais aimé, flâner, me balader, mais ce n’est pas possible dans une usine à touristes. Alors je fais un tout petit tour et je repars. 

Puis je pars diamétralement opposé vers le port de Brenna où j’espère trouver un lieu pour dormir. Malheureusement, le vent se lève et il est fort. Je dois vraiment lutter contre et comme d’habitude, cela consomme beaucoup de batterie. Mais il fait beau, alors tout va bien, juste le brouillard qui m’enveloppe 5 km avant l’arrivée et qui fait que je ne vois plus rien.

La visibilité se réduit

J’arrive à Brenna où il y a 3 maisons plus un port minuscule. Une seule maison est habitée, mais elle loue des chambres et elles sont occupées par des finlandais. Je fais demi-tour et je repars d’où je viens. Je m’arrête dans 3 maisons, mais j’essuie 3 refus. A la quatrième, on accepte de brancher Petit Prince mais pas question que je rentre dans la maison. On me sert 3 morceaux de pain avec de la confiture dans un vestibule ouvert et on me fait coucher dans un hangar absolument déguellasse alors qu’ils ont une belle maison.

Je suis au coin dans le vestibule ouvert pour manger mes 3 tartines de pain.

Pour la première fois depuis que je voyage, je me sens humiliée. Je cherche à comprendre pourquoi je ressens cela. Je pense que c’est parce que je ne me permettrais jamais de nourrir quelqu’un à la porte de la maison. Cela ne m’est encore jamais arrivé. Quand au lieu pour dormir, c’est minable. Mais la vue est superbe !…

Je pose ma toile par terre, ce qui me fait une zone propre et j’essaie de faire abstraction du décor sordide. Mais je dors mal car l’humidité est très forte, il fait 8°C et le froid me pénètre. Je finis à 1h du matin par mettre un pull et je m’endors enfin. Mais je ne me réveille qu’à 7h, donc je sais que ma matinée va être perdue car je vais écrire trop tard. Pour mon blog. Et je ne peux rien expédier car je n’ai pas d’internet. Il me faudra attendre ce soir. Je m’installe dans le vestibule ouvert pour bénéficier de la table pour poser ma tablette. Je suis surprise de voir la femme m’apporter du café et à 2 reprises. Pourquoi le café après m’avoir traitée de cette manière ? Puis, elle vient me proposer de prendre une douche, ce que j’accepte car après cette mauvaise nuit, cela me fera du bien, mais là encore, quel sens tout cela ? Puis elle revient vers moi et me dit qu’elle a honte de m’avoir refusée un lit alors qu’elle en avait un et que je peux revenir, je serais bien accueillie. Je suis sidérée car c’est la première fois que quelque chose comme cela m’arrive. Je veux être positive alors, je me lève et je la prends dans mes bras, ce qui visiblement la soulage. Je pardonne mais je n’oublie pas car la manière dont j’ai été reçue est indigne. Je ne sais pas comment on peut agir de la sorte. Il fait beau et cela ne va pas me gâcher ma journée, mais je comprends qu’elle ait eu honte car il y avait de quoi!…

2 réflexions sur « ÉTAPE 43: QUAND LE SOLEIL CHANGE LE VOYAGE »

  1. Vous avez tout dit Corinne, rien à rajouter… vous êtes solide , c’est absolument nécessaire dans ce genre de voyage… grosses bises..
    On y va..💖🥰

    1. Oui Aline, quand vous dites qu’il faut être solide, quand je vois ce qui m’est arrivé hier, c’est sûr qu’il faut avoir le coeur bien accroché.

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