ÉTAPE 35: NUIT ATROCE APRÈS ÉTAPE À DÉNIVELÉS

Mercredi 26 juin 2019, arrivée à Kvalsund 96 km, temps très nuageux est pluie, température 8°C

Ce matin au petit-déjeuner, je n’ai pas vu Tatiana car elle était couchée. Elle m’avait prévenue que les réveils étaient difficiles pour elle et qu’elle se reposait le matin. Son mari est allé travailler, alors je prends mon petit-déjeuner seule. Le poste de radio est allumée et il diffuse une radio russe. Nostalgie ? Mon vélo a été sortie du garage à voitures et motos anciennes, je n’ai pu qu’à le brancher et à partir.

Cela commence par une route tranquille avec des très beaux paysages.

des canöés à louer pour les pêcheurs
Un pêcheur est déjà en action
La route offre une vue magnifique sur les baies
Baie habitée
Vue sur les montagnes enneigées
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Tatiana m’avait prévenue que l’étape suivante serait difficile à cause du dénivelé. Et bien c’était drôlement vrai. Après 15 km de route normale, j’attaque une montée redoutable. J’en monterais une partie à 4km/h car physiquement, je ne peux pas plus appuyer sur les pédales et l’assistance électrique n’est pas un moteur seul. Sans pédalage cela ne monte pas. Il est évident que ma remorque est trop lourde. Je l’ai faite costaude pour bien résister mais du coup le poids est trop haut. Si je compare avec la remorque du Suntrip, cela n’a rien à voir, elle était plus légère. Ceci dit, je n’ai qu’elle et il va falloir faire avec. Pour la Norvège, si les côtes sont trop dures et que je n’y arrive pas, je peux toujours prendre un ferry qui m’avancera par la mer. J’aviserai à ce moment. En attendant, je fatigue mais je finis par y arriver. Sur la route, je trouve l’éternel magasin de souvenirs mais avec plein de peaux de rennes. Cela me fait un drôle d’effet. Je me suis arrêtée, le temps de prendre une photo et d’enfiler un vêtement car j’avais froid. Et je me suis faite chassée, visiblement je n’ai pas le profil de l’acheteuse de peaux de rennes. Le parking est immense, je pense que c’est parce que je faisais tâche. Quelle mentalité

Magasin de souvenir à peaux de renne
La neige est restée par plaque, ceci vous indique la température.
De temps en temps, dans la montagne, un chalet (ou cabine) isolé. Les arbres sont très rabougris
Toutes ces maisons sont inoccupées dans la semaine mais souvent occupées le week end

Je finis par arriver à la ville que j’avais choisi mais elle a un grand hôtel et un grand camping, aussi j’essaie d’aller plus loin pour trouver une maison où m’arrêter. La première maison est la bonne. C’est une cabine habitée par un couple. Petit Prince est branché, pour lui tout va bien. Moi, on me reçoit très gentiment. On me fait des sandwichs, une bonne bière, du café et on discute de mon voyage. Puis soudain, ils se lèvent, m’expliquent qu’ils sont venus nettoyer la maison qui est loué ce week end et qu’ils repartent en ville. Je ne peux pas rester là, mais Petit Prince peut rester brancher. Ils m’expliquent qu’ils ont un voisin à 100m qui va sûrement m’héberger. Je vais donc confiante chez le voisin qui refuse de m’héberger. La même excuse classique, j’attends mon fils et ses 3 enfants aussi je n’ai pas de place. C’est un mensonge car le lendemain matin, il n’y aura pas de nouvelle voiture. Pourquoi n’assume t-il pas son refus. Il faut le faire, renvoyer une femme de 68 ans au Pôle Nord pour qu’elle couche dehors. Et il pleut. Je ne me suis jamais trouvée jusqu’à présent dans cette situation. Pourquoi ne me l’ont-ils pas dit quand je suis arrivée. Maintenant il est trop tard pour bouger et chercher autre chose

Que puis-je faire ? Je ne veux pas monter la tente car il pleut. Je fais le tour de la maison et je vois une serre en construction.

Serre en construction

je n’ai pas d’autre choix. Mais je me dis que je ne savais pas qu’on puisse renvoyer une femme coucher dehors dans ces conditions alors qu’on a un grand chalet. Comment ces gens font-ils pour pouvoir faire cela ?

J’installe mon lit dans cet endroit et évidemment je dormirais très mal. Il fait froid, je me suis couchée toute habillée dans mon sac de couchage et j’attendrais que la nuit passe

mon lit dans la serre

je suis sûre que les voisins ont bien dormi dans leur maison bien chaude et la conscience tranquille. Et oui, il y a des Tatiana et puis des gens comme cela.

Ce matin je vous écris de la terrasse du chalet mais j’ai tellement froid aux mains que je n’arrive plus à écrire

6 réflexions sur « ÉTAPE 35: NUIT ATROCE APRÈS ÉTAPE À DÉNIVELÉS »

  1. Ooohhhhhh j’ai mal pour vous, avec vous…❤️❤️❤️Bonne nouvelle journée God bless you…

    1. Bonjour Aline,
      J’ai fait le choix de voyager en allant au-devant des gens. Dans la très grande majorité des cas, je fais des rencontres formidables et quelque fois je tombe mal et rarement très mal. J’ai appris qu’on peut refuser quelqu’un alors qu’il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors. Je ne pensais pas que l’on pouvait faire cela, maintenant, je sais que si !…

  2. Sans mots sur tous ces maux…
    Maux/vrais moments, Maux/vais temps, Maux de la nature humaine…
    Je t’adresse un plein de pensées positives et de rayons de l’ardent soleil du sud ouest de la France.

    1. Tu me connais Claude, je vais me relever très vite, ce n’est pas un homme qui peut laisser une femme dehors par un temps impossible qui va m’abattre. Bon séjour dans le Sud

  3. Vraiment, tu auras testé tous les modes d’hébergement! Ce n’est quand même pas très cool, et difficile à comprendre que les gens soient aussi réticents à t’héberger.
    Allez, courage Corinne, ça va aller mieux aujourd’hui.
    Je t’embrasse très fort

    1. 95% de belles et très belles rencontres, 4 % de refus de 1% de salaud, je n’ai pas à me plaindre. Ce qui m’a le plus impressionné c’est qu’on soit capable de faire cela. J’ignorais que l’on puisse se comporter comme cela. Bisous

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