ÉTAPE 18 : MAUVAIS TEMPS, PLUIE ET VENT

Dimanche 9 juin, 105 km, Nora

Pour la première fois du voyage, je me réveille dans la tente où je vous écris la newsletter. J’ai eu de la chance, je n’ai pas eu de pluie cette nuit, alors la tente est sèche. Je n’aurais pas 1 ou 2 kg de plus de tente mouillée à transporter. Comme petit déjeuner, je prendrais le gâteau que Carina m’a offert en partant et une pomme qui me reste, comme boisson, le fond d’une bouteille d’eau qui m’a été donné hier soir.

Des petits oiseaux viennent récupérer les miettes de mon gâteau et pourtant je n’ai pas grand chose

Mais le plus important, le moral reste bon. Les bons réflexes, pour être efficace, avec la tente, reviennent. A 8h30, je peux partir

Je pars et moins d’une demi-heure après la pluie commence et comme à chaque fois, elle est forte. Heureusement que j’ai le Veltop et des bons vêtements de pluie car sinon, je serais trempée. Le seul problème physique que je rencontre, c’est que quand la pluie tombe longtemps, on a beau être bien couvert, on finit par avoir froid avec toute cette humidité ambiante. Et je ne peux pas rajouter une couche de vêtements car après je transpire trop, les vêtements deviennent trempés de sueur et j’ai encore plus froid. Je ne sais pas comment améliorer cette situation car visiblement, je vais la rencontrer souvent. Et quand la pluie est forte comme cela, il faut se concentrer encore plus sur la route et je ne regarde plus beaucoup autour de moi. Pourtant je vois bien que le paysage est très beau autour de moi. J’ai essayé de prendre des photos mais avec cette pluie, elles sont sinistres. alors je renonce aux photos et j’avance.

Je constate à nouveau que les panneaux voltaïques sont dysfonctionnels ou plutôt tout ce qui est câblage électrique. Je m’en aperçois en regardant le compteur qui se bloque sur le chiffre de 25 W (sur 348W potentiels) et qui n’en bouge plus. Or évidemment, ce chiffre bouge tout le temps, il n’est jamais le même. Il va falloir ce soir que j’essaye de régler cela. Vu le temps, ce n’est pas trop grave, mais lorsque la pluie s’arrête un quart d’heure, j’aimerais que pendant ce quart d’heure, cela fonctionne, même si ce n’est pas beaucoup, c’est toujours cela de pris.

La route monte et descend tout le temps mais le paysage est magnifique. Je suis le trajet indiqué par Johan, comme étant très beau, et c’est le cas, mais avec cette pluie perpétuelle, il va falloir que je m’adapte sinon je ne vais pas m’en sortir. Cette route avec beaucoup de dénivelés me fait consommer trop de batterie. Or sans recharge solaire, cela va beaucoup me réduire le nombre de km faisables. Il faut que je me pose et que je réfléchisse à tout cela. Au bout de 62 km, je traverse une ville. En 62 km, j’ai déjà consommé plus de la moitié de ma batterie. Alors, je décide de recharger pendant 2h, le temps de regarder la carte pour adapter mon trajet. Je m’arrête dans une station service avec une boutique (dans tous les pays du monde traversés, l’aide à toujours était immédiate) et je demande à pouvoir charger la batterie pendant 2h. et je m’entends répondre « NON ». Et soudain la colère me prend. J’en ai plus qu’assez de ce comportement et je lui dis « qu’est ce que c’est que ce pays où l’entraide n’existe pas ». Je suis vraiment en colère car je n’ai pas l’intention de voir mon voyage bousillé par ce genre d’attitude et à ma grande stupéfaction, il change immédiatement d’attitude, ouvre son garage pour que je sois à l’abri et me donne une rallonge pour charger Petit Prince.

Rassurez-vous, je n’ai pas Lavé Petit Prince

Pourquoi a-t-il fallu que je me fâche pour obtenir cela. Je ne comprends pas. Mais j’ai obtenu ce que je voulais, et c’est cela le plus important. Je ne suis pas fière de m’être mis en colère mais cette attitude me révulse. Après avoir bien regardé la carte, je décide d’obliquer sur la droite pour rejoindre le plus vite possible la côte qui borde la mer Baltique car là, le terrain est plat, alors j’ai moins d’inquiétude sur le nombre de km que je peux faire pour avancer. Durant les 2h où je me suis arrêtée, il a plu tout le temps. Je suis contente d’avoir pu être à l’abri pendant ce temps.

Quand, je repars, la pluie devient faible, puis cesse. Elle reprendra à intervalles réguliers mais faible. Je peux recommencer à regarder autour de moi.

Terrain de golf, il y en a beaucoup.
Je roule près de lacs.

Je dois partager la piste cyclable avec de nouveaux occupants. Il s’entraine pour le ski nordique. J’ai été surprise par sa vitesse. Il était drôlement sportif.

La semelle est drôlement fine et ce n’est que des roues. Il doit falloir avoir un sens de l’équilibre comme sur des patins à roulettes.
Je commence à voir de l’eau partout

Je ne vois pas beaucoup de fermes autour de moi, plutôt des maisons privées. Mais je vois une ferme de poissons, c’est la première que je vois

Pisciculture dans un lac

Il me faut trouver un point de chute et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne me sens pas en confiance. Je n’ai pas fait beaucoup de km avec toute cette pluie et ces montées et descentes si fréquentes, mais vu l’accueil reçu (hormis Carina et Johan), je prévois du temps pour trouver un bon accueil. Je roule doucement, regarde autour de moi, mais rien ne m’inspire, je sens bien que j’appréhende un mauvais accueil. Pourtant, je ne veux pas renoncer à ma façon de voyager qui m’apporte tant, grâce aux belles rencontres. Alors, comme d’habitude, je m’acharne. Et soudain, juste devant moi, je vois un gros quad, comme ceux que j’ai déjà vu dans des exploitations forestières, il rentre dans un jardin et soudain je le suis, pourquoi je n’en sais rien. Un homme en descend. Il a la tête rasée, une crête de cheveux et des tatouages sur la tête. Il me fait penser immédiatement à Gonthier ma première rencontre si impressionnante au Canada. Je demande l’hospitalité. Il m’explique que le problème est qu’ils ont 4 chiens et je lui réponds que pour moi ce n’est pas un problème !… Et je serais accueillie très gentiment même par les chiens qui sont adorables. Un des 4 chiens, style boxer, a un jouet particulier, un tuyau de 15m

Qénia et son jouet un peu encombrant

Quénia arrive à le prendre dans la gueule et a le traîner dans tout le jardin, c’est très drôle à voir. Et elle est très fière de faire cela et cela m’amuse beaucoup de la voir faire.

Puis avec Mickaël, nous reprenons tous les câbles des panneaux solaires et nous refaisons leur isolation. J’espère que c’est bien le problème identifié et que nous avons apporté une solution. Je verrais bien aujourd’hui car je suis encore sûre d’avoir de la pluie. Mais si ce n’est pas cela, je ne sais pas trop quoi faire d’autre.

Je passe une excellente soirée avec Marie Louise et Mickaël. Ils sont très accueillants, ouverts. Leurs chiens sont très présents et aussi accueillant que leurs maîtres, ce qui n’a rien d’étonnant. Je dormirais dans une pièce où Qénia dort la nuit. Et elle dormira avec ces maîtres (2 chiens dans leur chambre et les 2 plus petits dorment dans la cuisine). C’est tout une organisation. Clairement un excellent accueil, mais j’ai l’impression, peut-être que je me trompe, que comme Carina et Johan, ils ne représentent pas la majorité des suédois. Donc je sais que la suite va être difficile pour moi.

Mickaël me montre une image de leur coin avec le soleil et elle est tellement belle que je souhaite la partager avec vous

Coucher de soleil chez Mickaël et Marie Louise

Merci beaucoup à vous Mickaël, Marie Louise et à vos 4 chiens de m’avoir accueillie si gentiment.

11 réflexions sur « ÉTAPE 18 : MAUVAIS TEMPS, PLUIE ET VENT »

  1. Coucou ma Corinne, je vous que tu avances malgré ces conditions. Bizarre qd même que les suédois soient si réticents ne serait-ce que pour recharger une batterie. J’espère que cela s’arrangera. Ici aussi il pleut et il ne fait pas chaud. Lila est avec moi et on parle de toi, ça suffit pour mettre du soleil ds les yeux.
    Prends soin de toi. A bientôt. Bibis

    1. Bonjour Magalie,
      J’avoue que moi non plus, je ne comprends pas cette attitude Mais je ne veux pas me laisser faire car je n’admets pas de ce comporter comme cela. Partout les stations services m’ont toujours aidée, c’est rien pour eux.
      Bisous
      Corinne

  2. Chère Corinne,
    Tu fais bien d’être nature et d’exprimer ta colère ! Les scandinaves se donnent une image d’« ecolo-socio-bobo » ! En fait il n’en est rien, ils sont comme tout le monde ! Il y a du bon et du moins bon…
    Bon courage pour la suite, je suis toujours très admirative !
    Je t’embrasse
    Catherine

    1. Bonjour Catherine,
      Je suis ravie que tu me suives. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Ils ont une image qui je trouve, ne colle pas à la réalité.
      Je ne comprends pas pourquoi ils sont « suspicious ». C’est comme cela qu’ils se décrivent
      Je t’embrasse

  3. Il semble qu’il n’y a pas qu’en France qu’on est pas très accueillant. Malgré tout tu fais de belles rencontres. Je te souhaite du soleil à venir et une bonne route.

    Bises.

    1. Bonjour Béa
      Ce qui pose essentiellement problème, c’est qu’ils ont peur de l’autre. Je ne comprends pas ce qui leur est arrivé pour qu’ils soient comme cela.

  4. Ce sont les descendants des vikings 😉😉😉. Ceci dit Fef et Lu qui on fait 18 mois d’études à Goteborg n’ont pas gardés d’amis suédois …c’est dire quand tu les connais avec tous ceux de tout pays qu’ ils ont.
    A moins que phoniquement oui en suédois s’entend non 😁😁😁.
    Le voyage au contact c’est cela la découverte et son intérêt. Alors bonne continuation . Bises de ChrisCat.

    1. Bonjour vous deux.
      Je n’en reviens pas qu’un garçon comme féfé n’est pas gardé d’amis suédois après 18 mois d’étude. Cela en dit long sur beaucoup de choses.
      Je vais essayer de continuer au maximum à voyager de cette façon là. C’est vraiment, pour moi, la seule façon de connaître un peu un pays même si parfois c’est difficile. Mais le bilan est tellement positif que je n’ai pas d’état d’âme. Bisous Corinne

  5. Pour les mauvais jours mais aussi les autres, les vêtements en laine merinos sont de précieux alliés. Je n’envisage plus de partir sans eux.

  6. Bonjour Corinne
    Quel périple difficile avec pluie et pas très bon accueil!
    Je vous souhaite un meilleur temps pour les jours qui viennent, nous nous avons eu eu une « bonne « tempête.
    Bonne continuation
    Cordialement
    Françoise

    1. Bonjour Françoise
      Merci pour vos encouragements. Faire un voyage sous la pluie avec un vélo solaire est toujours un peu déprimant car vous traînez quelque chose de lourd pour rien alors qu’avec le soleil, c’est fantastique

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