ÉTAPE 17 : SUÈDE, PAYS DE CONTRASTE

Samedi 8 mai, Sjötorp, 145 km, temps nuageux, pluvieux, puis éclaircies et soleil juste à l’arrivée.

Je suis ravie de ma halte du jour. J’ai été merveilleusement reçue, nous avons pu beaucoup discuter. Par moment, j’ai pu parler en français avec Johan (je suis impressionnée de la qualité de son français qu’il a seulement appris à l’école). Du coup, moi qui avait décidé de partir à 8h, je ne pars qu’à 10h, privilégiant comme d’habitude les relations humaines. Au moment du départ, Johan monte sur le trike.

Le ciel est menaçant et je suis sûre d’avoir de l’orage. Mais je pourrais rouler 40 km sans pluie. Je pars tranquillement en regardant beaucoup autour de moi, comme d’habitude, et soudain, il me semble voir des autruches. Je me rapproche et oui, ce sont bien des autruches.

Autruches

J’avoue que je ne m’attendais pas à trouver des autruches dans ce pays. Puis Google Map me fait passer dans des chemins.

Et là, j’ai la chance de tomber sur des chevaux qui sont tout près de moi.

Belle race

Ils ne sont pas peureux et ne s’effraient pas lorsque je passe. Ils sont plutôt très attentifs. Puis je passe un pont, la rivière est belle et j’aperçois au milieu un héron entrain de pêcher. Il me laissera prendre la photo sans s’envoler, sans doute parce que je suis loin.

Je regarde derrière moi et le temps devient de plus en plus menaçant.

L’orage est pour bientôt

Je profite de l’absence de pluie provisoire pour regarder autour de moi les champs, les fermes et les forêts.

Vue à droite
Vue à gauche

Quelque chose m’étonne et que j’avais déjà vu au Canada, c’est les églises totalement isolées. En France, lorsqu’on voit un clocher, on sait que c’est synonyme de village et bien ici, non. Elles sont au milieu de nulle part.

Aucune maison autour
Pas de maison autour, juste des éoliennes

Fini de profiter, l’orage arrive sur moi et il pleut. J’ai eu le temps de mettre les vêtements de pluie alors je roule. Mais au bout d’un certain temps, j’ai froid car le temps c’est beaucoup rafraîchi. Alors je m’arrête dans un abri bus pour rajouter une veste.

Et là, c’est le déluge. A tel point, que j’ai cru que j’avais un orage de grêle, tellement la pluie tapaient fort sur les panneaux solaires. Quelle chance de m’être trouvée à ce moment-là dans cet abri bus. J’y resterais une demi-heure mais comme à chaque fois que la pluie tombe avec violence, j’ai peur pour le système électrique. Et j’ai raison d’avoir peur, puisque les 3h suivantes, les panneaux dysfonctionneront.

Je reprends la route sous la pluie forte mais non en déluge

Piste cyclable au bord de l’eau

Je roulerais 40 km sous la pluie, soit 2h30. A ce moment là, vous ne prenez pas le temps de regarder les paysages car l’attention sur la route doit redoubler. C’est sûr que cela gâche tout.

Comme les panneaux ne rechargeront rien du tout pendant 3h, je consomme de la batterie sans jamais la recharger. Et je suis surprise par l’autonomie réelle que j’ai sans panneaux, qui doit être de 150 km sur le plat. J’espérais un peu plus.

Je vais bientôt arriver à ma destination du jour, aussi il me faut trouver un point de chute. Je m’arrête une première fois dans une petite ferme et là je suis scotchée par la réponse de la femme qui m’a ouverte. Elle est d’accord pour que je branche mon vélo à une prise électrique mais il est interdit de rentrer chez elle. Comme je suis complétement interloquée par cette réponse, je lui demande pourquoi. Et la réponse est: « à cause de mauvaise expérience », je n’en saurais pas plus. Je la remercie et je lui dis qu’il est hors de question de rester dans un endroit où je suis interdite de maison et je repars. Cela m’a vraiment interpellée car les mots étaient forts. Mais je ne me décourage pas et je m’arrête dans une autre maison. Une jeune femme et son père m’ouvrent, la jeune femme veut me recevoir mais pas le père. Je repars une nouvelle fois, il est tard, presque 20h et finalement j’arrive au port. Je n’ai plus envie de chercher, je suis un peu écœurée par les réponses, alors j’ai envie d’autre chose. Près du port, il y a un parking avec des mobiles cars. Je m’arrête et demande à un homme assis, si je peux camper et où m’adresser. Tout est fermé et le restaurant du coin n’est pas ouvert, car il est réquisitionné pour un anniversaire. Finalement, la femme de l’homme à qui je me suis adressée me cuisinera un bon petit plat. Ils m’ouvriront avec une carte, la douche et je pourrais donc me laver. Cette famille m’aura sauvé ma soirée et je la remercie chaleureusement pour cela. Je planterais ma tente en final près d’un terrain de boules, terrain plat près du port.

Merci à vous pour votre gentillesse m’ayant permis de passer une bonne soirée.
Une partie du port

Est-ce que des gens comme Carina, Johan et Jeannette avec leur grande ouverture d’esprit sont des exceptions dans ce pays ?

2 réflexions sur « ÉTAPE 17 : SUÈDE, PAYS DE CONTRASTE »

  1. Bonjour Corinne,
    Merci pour la photo avec le héron, je la trouve très jolie.
    Bon, pour ce qui concerne l’accueil mitigé auquel tu es confrontée, je pense que tu vas quand même te débrouiller pour tomber sur le petit pourcentage de Suédois accueillants, je ne vois pas comment ça pourrait être autrement, tu as du flair… Je suis sûre que tu vas encore nous étonner avec tes rencontres.
    J’espère que la pluie va se calmer un peu, car c’est vrai que ce n’est pas franchement agréable de rouler par ce temps; heureusement que tu as des vêtements très adaptés. Bon courage Corinne.
    Je t’embrasse fort.

    1. Bonjour Odile, le problème numéro 1 est de pouvoir trouver de l’électricité pour le trike. Au cours de mes voyages, je n’en ai jamais manqué, à aucun moment, donc le plus important c’est cela et j’espère que cela ne va pas être le parcours du combattant pour en trouver

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