Etape 9 : Premier arrêt chez les belges

Vendredi 31 mai, 65 km, Liberchies (Belgique)

Le matin, petit déjeuner en famille. François me fait remarquer qu’il a le même smartphone que moi. Comme je n’ai pas le bon cordon pour ce smartphone que j’ai juste acheté avant de partir, il téléphone à son fournisseur de tracteurs pour savoir s’ils ont le bon cordon. Devant mon étonnement, il me dit que tous les agriculteurs achètent ce smartphone pour sa résistance et que du coup, le fournisseur de tracteurs le vend. C’est un Crosscall Trekker 4 (crosscall.com). Je me dis que j’ai fait le bon choix (l’année dernière, j’ai cassé l’écran de l’iphone X, coût du remplacement 310 € et je n’ai vraiment pas apprécié). Le concessionnaire à un cordon et donc, François m’emmène L’acheter. Au retour Valérie aura la gentillesse de m’emmener à BAVAY pour visiter les vestiges gallo-romains.

 Le forum, édifié entre le  Ier et le IIIe siècles, a été en grande partie redécouvert en 1940, suite à un bombardement allemand. Henri Biévelet, de 1942 à 1976, a dégagé à l’ouest la plus grande partie des cryptoportiques ainsi que l’esplanade et à l’est la basilique civile. 

Maquette du site reproduisant ce que les fouilles ont permis de découvrir

Site de Bavay

Les objets retrouvés sur le site sont réunis dans un musée très bien fait. Les bronzes sont magnifiques

Je suis vraiment contente de pouvoir voyager intelligemment en pouvant profiter des richesses des coins traversés.

Avec tout cela, il est tard. Je déjeunerais en famille puis je partirais après mais je ne regrette vraiment pas ma matinée. J’ai prévu de faire 90 km l’après midi, c’est-à-dire de rouler à un bon rythme. Mais je ne savais pas l’état désastreux des routes belges. Elles sont bourrées de trous éclatant les roues des voitures. Et moi, je suis obligée de rouler doucement, de zigzaguer entre les trous, ce qui est dangereux mais les trous sont tels qu’ils peuvent casser la remorque. Alors je me traîne lamentablement au lieu de bien avancer. A un moment j’emprunte sur 5 km environ une route faite de dalles de béton. Les dalles ne sont pas jointes, il y a des trous énormes entre les dalles. Je retrouve une route comme au Kazakhstan sauf que je suis en Belgique. C’est vraiment choquant. Et pour couronner le tout, le pont enjambant le canal de Bruxelles Charleroi est fermé et là, c’est l’enfer (tout est relatif !…) . Je n’arrive pas à trouver un pont à franchir. Il existe un pont pour vélo mais je dois rebrousser chemin car la chicane à la sortie est infranchissable pour mon vélo. Les gens du coin sont incapables de me dire où aller car il y a des travaux partout. A force de tâtonnements, je finis par trouver une route mais j’aurais perdu 1h.

Les écoles dans les villages sont bien signalées en particulier les passages piétons pour enfants

Pas de sexisme, un garçon représenté et une fille.

Avec tout ce temps perdu, il est déjà 19h, je n’ai roulé que 65 km. Je ne m’arrête jamais aussi tard, j’essaie de ne pas dépasser 18h30 pour ne pas arriver trop tard chez les gens. Sur la route empruntée, il y a beaucoup de villages avec des fermes, je m’arrête devant l’une d’elle et je demande l’hospitalité. Mes interlocuteurs sont étonnées (père, mère et fille) par mon arrêt chez eux. Et soudain la mère a une demande qui me fait rire et provoque aussi l’hilarité de sa fille. « Pouvez-vous me montrer votre carte d’identité ». Je m’exécute immédiatement en souriant car je ne voie pas très bien ce que l’on peut en faire. L’hospitalité m’est accordée mais c’est la première fois au cours de mes voyages que l’on me demande mes papiers d’identité. Cela a visiblement rassuré mais j’avoue ne pas savoir en quoi c’est rassurant. Je pense que ma demande a été un peu déstabilisante au départ. Le soir, au cours du dîner, nous en rirons tous ensemble.

Je passerais une très bonne soirée en compagnie de Noël, Bernadette et leur fille Audrey. La bière de l’abbaye d’Orval était excellente (remarquable somnifère aussi ….). Noël m’expliquera que plus un seul agriculteur du village ne possède un troupeau de vaches, le prix catastrophique du lait payé à l’éleveur a provoqué l’éradication des troupeaux laitiers. 40% des fermes belges sont en difficulté financière. Les femmes exercent toutes un métier à l’extérieur, le taux de suicides des agriculteurs a fortement augmenté. Dans cette ferme, ils ont assez de moyens pour faire tourner l’activité (50% céréales et 50% betteraves, maïs pour la bio masse, location de champs pour pommes de terre et petits pois) mais pour vivre, ils plongent dans leur trésorerie donc encore une fois, concrètement, ils n’arrivent pas à vivre de leur activité. La situation en Belgique n’est visiblement pas meilleure qu’en France, par contre la décision d’arrêter l’exploitation des vaches laitières a l’air d’être clairement déjà prise pour la majorité d’entre eux.

Merci à vous, Noël, Bernadette, Audrey pour m’avoir reçu si gentiment et avoir partagé avec moi, votre réalité d’agriculteur belge.

3 réflexions sur « Etape 9 : Premier arrêt chez les belges »

  1. Merci Corinne,pour toutes ces infos super intéressantes à m’heure De l’Europe, bonne continuation sur des routes plus confortables ,j’espère… 🥰

  2. Hello corinne. Enfin tu as goûté la bière d orval.. Celle de ma région la où je suis née.. En gaume Lorraine.

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