Etape 8 : des montagnes russes a franchir

Jeudi 30 mai, Bavay, 123 km, temps nuageux tout le temps et soleil à partir de 17h.

Après, comme d’habitude, un solide petit déjeuner, je quitte mes hôtes qui m’ont fort bien reçue. Ils ont une maison très agréable à vivre avec un beau jardin. Alain est cycliste et il est passé au vélo électrique, ce qui lui permet, à 78 ans, de faire des ballades de 100km. Ce n’est pas pour rien que le marché du vélo électrique est en hausse de 25%.

Je pars, je quitte la vallée et je remonte sur le plateau. Et là je suis de nouveau saisie par le nombres d’éoliennes. Alain m’a expliqué que l’on achetait littéralement des villages. Un village voisin vient de signer un contrat d’une durée de 20 ans avec une rétribution de 50 000€ par an sachant que le budget de la commune est d’environ 200 000€, donc 25% du budget garanti pour 20 ans.

Éoliennes dans les champs
Dans cette zone de la Somme, quelque soit l’endroit où vous regardez, il y a des éoliennes

Heureusement, régulièrement vous avez de beaux bâtiments en briques et peu de toits en tôles.

Une petite grange avec un clocheton. J’ignore pour quel usage. Esthétique ?

Quelque chose aussi m’amuse quand je traverse les villages, c’est leur nom. J’aimerais vraiment connaître l’histoire des noms de ces village.

Plus court, c’est difficile

Le village Y est protégé par un fauve

Que guette -t-il ?

Puis je roule sur une ancienne voie romaine qui reliait Paris. Et là physiquement c’est dur. C’est une route toute droite, sans aucun tronçon plat qui ne fait que monter et descendre, d’où la notion de montagnes russes. Je ferais cela sur 45 km. C’est épuisant car dans les descentes, mon attelage accélère très fortement. Pour des questions de sécurité, je me suis fixée la vitesse maximum de 43 km, donc je suis obligée de freiner fort car la remorque me pousse. Et dans les montées dont certaines sont vraiment raides, il me faut pousser fort sur les pédales. Cela durera pratiquement 2h et le temps semble long. Heureusement au milieu de tout cela, je suis doublée par une voiture et la conductrice me fait signe d’arrêter. Et à ma grande stupéfaction, c’est Aurore, une jeune femme avec qui j’ai travaillé pendant 2 ans lorsque j’ai fait du conseil dans une entreprise de Picardie. On tombe dans les bras l’une de l’autre.

Une très belle surprise: Aurore m’arrête sur la route et nous bavardons un long moment.

C’est la première fois que je suis arrêtée sur la route par quelqu’un que je connais et c’est drôlement sympa. Merci Aurore pour ce grand moment de plaisir.

Je vais bientôt arriver à Bavay et je cherche une ferme. Toutes les maisons privées ont des portails bien hauts et bien fermées. Une ferme a une cour qui est toujours ouverte, aussi cela m’est facile de rentrer et de demander l’hospitalité. Et à la première ferme où je m’arrête, l’accueil m’est accordé tout de suite par François. Sa ferme a 120ha et il exploite un troupeau de vaches holstein donc pour du lait. Au milieu de son troupeau, il y a 2 vaches d’une race que je ne connais pas : la race Bleu du Nord

Vache de la race, Bleu du Nord, race mixte viande et lait.

La passion de la femme de François, Valérie, c’est les chevaux. Elle a 16 chevaux se répartissant de la manière suivante:

-Un poney étalon dartmoor, qui est le cheval de Domitille

Domitille et Thunder

Une ponette Welsh (indomptable), un pur sang anglais (course d’endurance au niveau international), 13 chevaux arabes dont 3 poulinières, tous nés dans ferme

ALix et Winton, le poney welsh

Une bien belle famille mais encore une activité fermière difficile. Eux aussi réfléchissent à arrêter l’activité laitière et à se reconvertir dans le porc BIO. Ce voyage me permet vraiment de toucher du doigt la difficulté pour toutes ces familles de vivre de leur activité sans crouler sous les dettes avec toutes les conséquences que cela engendre. Il est vraiment frappant de voir l’incapacité dans notre pays de payer le juste prix du lait pour permettre à l’agriculteur d’en vivre. Les français vont finir avec du lait en poudre, ils sauront pourquoi.

12 réflexions sur « Etape 8 : des montagnes russes a franchir »

  1. Bonjour Corinne,

    Quel incroyable bonheur de te croiser sur cette route que j’empreinte tous les jours pour aller et revenir du travail!

    Je vois que tu as trouver où passer la nuit, même si je n’en doutais pas. Les 100km nous séparant de mon domicile à ce moment là ne nous ont pas permis de passer la soirée ensemble, mais ce n’est que partie remise!

    Prend soin de toi,

    A bientôt, je t’embrasse.
    Aurore

    1. Bonjour Aurore
      Ce fut aussi pour moi un grand moment d’émotion car je ne m’y attendais pas. Je suis très contente d’avoir pu papoter avec toi et d’avoir de tes nouvelles de vive voix.
      Tout plein de courage pour la suite. Bisous.
      Corinne

  2. Bon courage pour cette après midi
    Ce fut un plaisir de faire votre connaissance et de vous accueillir 😊😊

    1. Merci François et Valérie.
      QUel plaisir cette belle rencontre. Je ne crois pas au hasard qui m’emmène Vers de si belles familles toutes plus sympa les unes que les autres.
      J’espère de tout cœur, que votre reconversion va aller vite et que la vie va être un peu clous clémente avec vous. Merci pour m’avoir dépanné sur le cordon (qui marche super bien) et de m’avoir permis de visiter Bavay

    2. Ce fut une après midi galères comme il y en a quelque fois dans le voyage. Des routes dans un état lamentable et dangereuses pour les vélos et des travaux avec fermeture de ponts qui m’ont fait me perdre pour arriver à trouver des passages. Ce n’est pas bien grave et cela sera sûrement mieux aujourd’hui. Bonne journée.

  3. Bonjour Corinne! Je viens par hasard de recevoir une de tes newsletters! Je vois que tu continues tes voyages autour du monde, et toujours pour une bonne cause, incroyable! C’est en 2016 que tu traversais le Canada quand tu t’es arretée chez nous, et tu pédales toujours! 😉 Continue comme ça, tu es inspirante, et nous allons suivre tes nouvelles aventures! xoxoxooxoxx, Marie, David et les filles!

    1. Bonjour Marie,
      Quel plaisir de lire à nouveau un message de mes premiers acadiens rencontrés. Je n’ai pas oublié votre accueil si chaleureux, ma méconnaissance de votre drapeau acadien, si beau avec sa petite étoile, la surprise de l’interview au petit matin, vos 2 petites filles si gentilles et bien élevées. Tu sais Marie, les belles rencontres, elles sont gravées dans le cœur. Merci de me suivre à nouveau et merci d’avance pour les futurs commentaires qui me font si plaisir. Bisous à vos 2 minettes

      1. Bonsoir Corinne… si je ne me trompe pas, cette famille habite la région du Pontiac. Cette région a été durement éprouvée ce printemps par de terribles inondations.

      2. Annie, je ne sais pas te répondre, en tout cas eux ne m’ont pas parlé d’inondation, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu.

  4. Merci Corinne pour toute ces informations et observations très bien décrites et écrites… bonne continuation

    1. Merci Aline de me suivre à nouveau dans Ce périple pour le Cap Nord. Votre fidélité me touche et je suis ravie de savoir que vous allez m’accompagner

  5. Même commentaire que pou l’article 7 qui en fait était destiné aussi au 8… bises…

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