Etape 2 : MARSAIS

Jeudi 23 mai, arrivée à Marsais, distance parcourue 100 km, temps Avec soleil et nuage, lourd au moment de midi

Hier, j’ai réussi à charger la batterie autant que j’ai consommé, ce qui est totalement nouveau pour moi. Le 3é panneau exposé sur la remorque change tout. C’est ce troisième panneau exposé qui m’a tant manqué pendant le suntrip 2018. Du coup, la pause de midi peut être courte car je n’ai pas à attendre que la batterie se recharge. Cela change totalement l’organisation de la journée. Évidemment, cela n’est valable qu’avec le soleil.

Aujourd’hui, j’ai eu une alternance de soleil et de nuages le matin et l’après midi, que des nuages, donc j’ai consommé plus de batterie que je n’ai rechargé. Donc ce soir, je mettrai la batterie en charge pour compléter.

La route suivie aujourd’hui n’a été faite que de montées et descentes, quasiment jamais de routes plates. Pour un deuxième jour, c’était fatigant car très peu de temps de récupération. Je me souviendrais de la traverser du département des 2 sèvres comme vraiment vallonné. Ce soir je sentais bien mes genoux. J’espère que demain la route va être plus variée. Les paysages sont ceux de la France profonde, campagne verdoyante et alternance de champs et de petits bois.

Il m’est arrivé quelque chose sur la route qui m’a beaucoup déplue.

Je roule tranquillement sur la route et je suis bien visible . Je longe un champ. Un agriculteur est entrain de traiter son champ. Il est en bordure de route et son tracteur a des hampes qui font au moins 10m de long. J’arrive à sa hauteur, il ne coupe pas 30s ses hampes et je me prends tout le produit dans la figure. J’aurais mal aux yeux et je tousserais pendant une heure. Quel produit ai-je ingurgité malgré moi. Comment peut-on se comporter comme cela ?

Vers 13h, je fais une pause de 3/4 d’heure (au lieu des 2h1/2 à 3h habituelles pour recharger la batterie), ce rythme est beaucoup plus agréable. Il fait très lourd, je suis assise sur mon siège et … je m’endors !… Je dormirais une demi-heure. Cela m’a fait tout drôle et le siège est vraiment confortable.

Au bout de 100 km, je suis fatiguée, je me dis qu’il me faut arrêter, il est 18h. Et le chien de chasse Corinne entre en action. Il me faut essayer de trouver un lieu accueillant avec de vrais échanges. Je passe 2 villages et rien ne m’inspire. Au troisième village, je vois une voiture arrêtée devant un maison et une femme à côté. C’est Sandrine avec qui je discute un moment mais elle n’habite pas là. Cependant, elle m’indique qu’un km plus loin, il y a une ferme habitée par Olivier , Laëtitia et leurs 4 enfants et que je serais très bien accueillie. Je suis, bien sûr, ces conseils et je me dirige vers la ferme. Dans la cour, je croise Laëtitia qui immédiatement m’acceuille. Que j’aime ces accueils chaleureux (dignes des canadiens, ma référence absolue…). Je passe une excellente soirée. Leur fillette Violette est très prévenante avec moi et aux petits soins. Quel plaisir de voir des enfants avec déjà un sens de l’autre si développé. Le petit dernier, Victor, a 3 ans, il vient après 3 filles et un décalage dans les âges. Pour se faire entendre, il crie, il est redoutable au niveau sonore et très mignon à côté de cela. Ce ne doit pas être facile de se faire une place quand on est le petit dernier après 3 sœurs.

Nous passerons la veillée à parler d’agriculture. Comme ils sont très ouverts, on parle librement. Et encore une fois , je suis frappée par la manière dont la vie est dure pour eux. Ils avaient un troupeau de vaches laitières qu’ils viennent d’abandonner parce que le prix du lait ne leur permettait pas de rembourser les prêts bancaires contactés pour mettre l’étable aux normes. Ils se reconvertissent dans le porc BIO. Pourvu qu’ils réussissent cette reconversion, mais je crois que les français ne se rendent pas compte de la difficulté de simplement vivre de son travail dans l’agriculture. Olivier a arrêté d’élever des vaches quand il n’a plus réussi à se lever le matin pour une journée de dur travail où il allait perdre de l’argent systématiquement. La guerre des prix de la Grande Distribution est entrain de tuer toute une partie de cette population. Repartir à zéro à 40 ans pour essayer de vivre tout en remboursant ses emprunts contractés pour une activité que l’on a du abandonner parce que le prix payé du lait était très inférieur au prix de revient du produit est d’un grand courage. Tous mes vœux de réussite, Olivier Laëtitia, vous accompagne.

Merci à vous et vos enfants pour votre accueil chaleureux. J’ai passé un excellent moment avec vous. C’est vous qui faites la richesse de ce voyage

Laëtitia et son charmant sourire
Olivier, Violette, Victor, une bien belle famille

3 réflexions sur « Etape 2 : MARSAIS »

  1. Merci Corinne, ce fût en effet, une rencontre inattendue et riche en échanges. Bonne route pour ce long périple et quelle belle preuve d’humanité. Merci encore de nous avoir fait le plaisir de t’arrêter chez nous pour partager nos points de vue et nos vies différentes. Nous sommes ravis de voir que tu peux enfin mettre ton blog à jour. Bises de nous 6.
    PS : Le dernier s’appelle Clovis, pas Victor 🙂

    1. Bonjour Laëtitia et merci pour le commentaire. Je vous présente mes excuses pour avoir confondu les prénoms Victor et Clovis. Je me souvenais que c’était un prénom ancien mais je n’étais plus sûr du nom.
      J’ai passé un excellent moment dans votre famille et je suis très impressionnée par votre courage à tous les 2. C’est grâce à des gens comme vous, que notre agriculture survit mais à quel prix. Tous mes vœux de réussite pour vous et votre belle famille.

  2. Je vous embrasse tous et pense bien à vous.
    La vie est faite de rencontres et d echanges parfois improbables. Ravie que vos chemins se soient croisés….
    Sandrine

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