ÉTAPE 89

Suntrip 2018, étape 89, Journée galère mais arrivée à Canton

Jeudi 27 septembre, Canton

Bilan vélo : 125 km

Ce matin, je me suis levée en plein forme. J’ai bien repéré le trajet. Le GPS me dit que j’ai 85 km à faire. J’ai décidé de partir une heure plus tôt pour arriver vers 15h. Tout le monde sera là et fini le voyage en solitaire (j’ai donc écris votre newsletter à 4h00 du matin).

A 6h00, Petit Prince est fin prêt et nous partons pour la dernière étape. À cette heure là, il y a peu de monde, la température est bonne et c’est très agréable. Je roule bien et enfile les km allègrement. Je suis contente, tout va bien. Et soudain, c’est la douche froide, la G107 que je suis depuis des centaines de km se termine en cul de sac. Je n’en reviens pas. Comment est-ce possible. Je consulte les 3 applications GPS que j’ai et les 3 m’indiquent que la route passe sous l’autoroute et se prolonge de l’autre côté. Je suis vraiment frustrée. Surtout que je dois faire 10 km en arrière pour trouver une autre route et que cela me fait faire un grand détour pour retrouver une route allant vers Canton (en final, je ferais 125 km soit 40 km de plus). Je préviens l’Organisation que pour 3h c’est râpé car je dois faire des km en plus et que je pense arriver vers 17h. La réponse m’indique qu’ils ont des engagements avec une Université et que presque tout le monde sera là-bas. Et bien tant pis pour moi, je n’y peux rien, alors je n’ai aucun regret. La route indiquée me fait passer dans des endroits sympa

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Et je repars, je roule toujours bien. Le détour à faire est important mais l’arrivée est au bout et c’est cela l’important. J’ai bien estimé l’heure d’arrivée, 17h est totalement jouable, mais c’est sans compter sur le mauvais sort qui s’acharne contre moi. Soudain, le vélo a un comportement bizarre, je n’ai que le temps de mettre les pieds à terre, il a failli se coucher, j’ai eu le temps de repérer en une fraction de seconde le comportement dangereux du vélo quand la roue arrière est crevée. Merde, ce n’est pas le bon moment (comme s’il y avait un bon moment pour crever…). Je suis à l’entrée d’une ville. Je sais que je ne peux pas changer seule la roue arrière qui est la roue motrice. Je peux changer 2 roues sur 3, sur mon attelage mais pas celle là. C’est bien ma veine. Je pousse le vélo (c’est hyper dur, vu le poids du vélo) et j’atterris dans un garage qui refuse de m’aider. Je suis surprise mais je ne suis pas en situation de choix alors je dois continuer à pousser. Je trouve, un 2ème garage, nouveau refus. Je continue à pousser en me disant que je suis entrain de bousiller mon pneu arrière. Et je vois, toute contente, un gros magasin atelier de vente de scooters, ces magasins où j’ai toujours été bien reçue depuis le début. Et là, à ma grande stupéfaction, j’essuie une nouvelle rebuffade, mieux on me fait signe de dégager, mais qu’est-ce que c’est que cette ville ? Une réparatrice de ce magasin a pitié de moi et m’explique où je vais trouver un réparateur de pneus. Je continue à pousser et mon vélo fait maintenant un bruit d’enfer. Je tombe sur une toute petite échoppe et là, on veut bien, enfin, s’occuper de mon vélo. Lui n’enlève pas la roue mais sort la chambre à air du pneu. Comme une idiote, je n’avais pas pensé à cette possibilité. Le trou est important et je suis surprise. Je regarde le pneu et il a un beau trou aussi mais je ne sais pas ce qui a provoqué cela. Il répare la chambre à air, mais je ne suis pas confiante. Quand j’ai eu des gros trous, les réparations n’ont jamais tenues. Face au trou du pneu, il découpe un vieux pneu sur 20 cm et il place le morceau du pneu en face du trou. Tout cela est très bricolage mais, il me reste au compteur 38 km à faire, alors cela devrait aller sur cette distance.

Je repars, je fais 3 km et de nouveau, la roue arrière est à plat. Quelle manque de chance mais cela ne me surprend pas car je ne croyais pas à cette réparation. Je pousse le vélo jusqu’à une station service et là je l’attelle seule à la réparation. J’avais oublié que j’avais acheté, avant le départ, 2 chambres à air plate pour ce genre de situation et qui ont été faite pour les vélos électriques, pour ne pas démonter la roue motrice. Je change la chambre à air, ce qui est très facile avec ce style de chambre à air, il suffit de la mettre dans le pneu, de rapprocher les 2 extrémités et quand on gonfle, les 2 extrémités deviennent jointives. Je repars, contente d’avoir solutionner le problème toute seule. Je fais 1 km et je suis de nouveau à plat. Là, je sais maintenant que le pneu est foutu car c’est lui qui fait crever les chambres à air. Quelle manque de chance qu’il n’est pas voulu tenir 38 km de plus après 14000 km de bons et loyaux services.
Mais cela me complique drôlement la vie, car maintenant il faut que je trouve un marchand de vélo pour acheter un pneu de 26 pouces et cela ce n’est pas gagné car je n’en ai vu qu’un depuis le début du voyage en Chine.

Me voilà donc entrain de pousser à nouveau mon vélo. Dieu qu’il est lourd et difficile à pousser comme cela. Personne ne connait de marchand de vélo. C’est désespérant et le temps qui passe. Je ne sais même pas si je pourrais finir ce soir. Quelle frustration, cela aura été dur jusqu’au dernier jour, c’est incroyable.

Je continue à interroger les gens et comme d’habitude, certains ne veulent même pas répondre. Le dernier jour aura été une journée « muflerie des chinois ». Un passant finit par me dire qu’il en connait un. Est-ce que cela va être la fin de cette galère ? Je le suis et pousse Petit Prince pendant près d’un km. Je suis épuisée, je n’en peux plus. Le pneu arrière fait un bruit d’enfer, j’ai du bien l’achever. Arrivée à la boutique, le technicien prend enfin le problème à bras le corps. Il ne veut pas, au début, me vendre un pneu car il trouve que la qualité de son pneu n’est pas suffisante pour mon vélo. Je lui réponds qu’il doit tenir 35 km alors il me le change, nouvelle chambre à air et je peux enfin repartir, il est 17h30 et il me reste 35 km à faire. Mais c’est clair, je veux finir aujourd’hui. Tant pis si personne n’est à l’arrivée mais j’ai décidée de finir en cent jours et je finirais en 100 jours, tant pis si le comité d’accueil est plus que restreint.
Et je roule, aussi vite que possible et la nuit tombe. Puis je suis prise dans les embouteillage de Canton. L’enfer, j’ai bien besoin de cela maintenant. Un camion bousculera ma remorque avec son pare-chocs, visiblement il n’avait pas vu la remorque. Heureusement, je l’avais vu dans le rétro et quand la remorque a chassé, je tenais bien Petit Prince. Rien ne m’aura été épargne dans cette journée. Puis j’arrive enfin au point de rendez-vous devant l’hôtel vu l’heure tardive, il est 20h30. Florian, Gilles et Didier m’attendent encore après tout le délais de l’arrivée. J’ai enfin réussi à finir, mais jusqu’au dernier jour, cela aura été difficile.

Merci à vous d’avoir suivi mon périple, merci à vous pour les dons pour l’association Petit Prince.

Je reviendrais vers vous très rapidement car je vais commenter mon séjour à Canton et reparler de cette arrivée.

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6 thoughts on “ÉTAPE 89”

  1. C’est vrai, tu auras eu de la difficulté jusqu’à la fin! Avec le décalage j’imagine que maintenant tu as eu un peu de repos, une chambre confortable! Et enfin ne plus penser à planifier ! Une de tes photo m’à étonnée et j’aimerais bien connaître la raison de la formation des montagnes côte à côte ? Est ce construit par les humains?

  2. Bravo tu est une championne. J’ai lu quotidiennement ton aventure et t’admire ma chère cousine.
    Je t’envoie chez toi un chèque pour ton association et te félicite encore.
    J’espère que tu va s maintenant te reposer.;
    Je t’embrasse bien bien fort
    Isabelle

  3. Le sort s’est vraiment acharné contre toi, mais c’était sans connaitre ta volonté d’acier (comme tu le dis si bien dans le petit reportage), C’est toi qui as gagné, tu as vaincu tous les obstacles, jusqu’au dernier moment, jusqu’au dernier kilomètre. Bravo, vraiment, tu suscites toute notre admiration. Maintenant profite bien, car je crois que tu as envie de faire un peu de tourisme à Canton. Je ne sais pas combien de temps tu y restes, mais je te souhaite de découvrir de très belles choses, l’esprit serein, sans souci de recharger tes batteries ni de trouver un hébergement. Bon séjour.Je t’embrasse très fort.

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