ÉTAPE 86

Suntrip 2018, étape 86, 4 crevaisons et un pneu foutu en 2h, vais-je arriver un jour à Canton ?

Lundi 24 septembre 2018, Tiantang, temps nuageux, pas de soleil

Bilan vélo: 57 km, reste théoriquement 268 km

Ce matin, je quitte l’hôtel en espérant arriver à faire au moins 90 km, maximum que j’arrive à faire avec une seule batterie et dans la montagne.
Le GPS me fait traverser un marché et je m’en rends compte trop tard pour reculer.

Mais le sort en a décidé autrement.

Je roule tranquillement, je ne suis pas sûre que le terme tranquille soit approprié car il y a beaucoup de circulation et beaucoup de bus, qui eux, vous doublent en coinçant leur Klaxon qu’ils ont super fort. C’est vraiment très désagréable et de plus, complètement inutile, un seul coup suffit, mais apparemment c’est impossible à comprendre pour eux. De toutes les façons, le conducteur en Chine de camion, bus, voiture, scooter n’a aucun respect de l’autre, c’est cela leur code de la route. Alors, vous pensez que quand vous êtes à vélo, il faut être hyper vigilant. Quand vous avez compris cette absence de respect, vous pouvez circuler en Chine à vos risques et périls.

Je roule donc pseudo tranquille quand tout d’un coup le comportement de mon vélo m’inquiéter, je n’arrive plus à le tenir, signe de crevaison mais sur quel roue ? La roue avant, donc 7é crevaison. Je suis en pleine montée, il me faut me garer. Par chance, il y a une maison 100m plus loin de l’autre côté, avec une sorte de plate forme en béton devant, comme ils ont si souvent ici. Je traverse et j’installe Petit Prince. Un homme d’un certain âge et un adolescent sont devant la maison. En me voyant arriver, ils rentrent dans la maison et ferme la porte. Là encore, l’accueil pouvant être odieux ou adorable, je m’attends à tout et plus rien ne m’étonne. Je commence à démonter ma roue et une voiture arrive et se gare sur cette cour ouverte. Un couple en descend avec des provisions, ils viennent visiblement de faire des courses. Et aussitôt le mari arrive et vient m’aider. Changement de roue très rapide. Ils ont une mare à côté, le trou est repéré, réparé et je repars. 2 km plus loin, de nouveau le vélo a un comportement anormal, et nouvelle crevaison. Bon la loi des séries. Je m’arrête devant une maison fermée et je recommence à démonter ma roue. La roue crevée est la même que celle que je viens de réparer. Je commence donc à la démonter quand arrive une voiture avec une famille qui se gare. Je suis devant leur maison. Le père vient tout de suite m’aider et là encore tout se fait très rapidement. Le trou dans la chambre à air est visible et c’est curieux car on dirait que la chambre à air a été déchirée, je ne comprends pas trop. La jeune fille de la maison vient m’offrir des gâteaux en m’expliquant qu’aujourd’hui est un jour de fête pour les chinois, la fête de l’automne (je ne suis pas sûre du nom), que l’on fait un grand repas et ces gâteaux qu’elles m’offrent et qui sont typiques de cette fête. Je remercie et je repars après avoir mis en rechange, la chambre à air réparé précédemment.

Et rebelote, 2km plus loin, je n’en reviens pas. Ce n’est pas possible cette loi des séries invraisemblable. Je pousse le vélo en montée jusqu’à une maison et je m’installe devant. Un homme est assis sur une chaise et il est occupé avec son smartphone. En me voyant, il se lève et vient m’aider. Là encore, quelle loi des séries, 3 chinois gentils et aidant. Là, visiblement, c’est la rustine de la réparation précédente qui n’a pas tenue. Je n’ai plus de chambre à air neuve, je les ai toutes utilisées (j’étais partie avec 3 chambres à air neuves). Je remets donc une chambre à air déjà réparée et je repars. Là je fais 5 km et de nouveau, comportement anormal du vélo et crevaison de la roue avant. Je me dis que là je ne vais pas m’en sortir. Et effectivement, le pneu avant a rendu l’âme cette fois. J’ai du rouler sur quelque chose de tranchant que je n’ai pas vu. Mais gros problème, je n’ai pas de pneu de rechange. J’en avais emmené un d’avance et c’est celui qui vient de se déchirer. Là je suis coincée, je ne peux plus avancer. En 2h, je viens de crever 4 fois, autant que durant toute la traversée du Canada !…

Donc maintenant, c’est camion obligatoire, encore faut-il en trouver un. Je m’installe donc au bord de la route, je défais la remorque et j’attends. Mais gros problème, il ne passe que des voitures, des bus et des gros camions de chantier et pas de camionnette. J’en vois passer une et elle est pleine à ras bord. Le problème n’est pas que les camionnettes ne s’arrêtent pas, c’est qu’il n’y en a pas. Je suis mal barrée.
Au bout de 3/4 d’heure d’attente sans rien voir, je vois une camionnette vide, je fais des grands signes et … elle s’arrête. J’explique grâce à l’application traductrice mon problème et que ce dont j’ai besoin, c’est que l’on m’emmène jusqu’à un magasin de vélo. Il accepte de charger le vélo, ne me parle pas d’argent pour le transport et me dit qu’il connait un magasin de vélo.

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Vais-je m’en sortir ? On roule un peu mais pas beaucoup, on arrive jusqu’à une petite ville et il s’arrête devant un magasin de vélo. Et je vois en vente des vélos avec des roues de diamètre 20, donc il devrait avoir des pneus de rechange de cette taille.
Ce marchand a des pneus de cette dimension. Je ne suis pas sûre que la qualité soit maximum, mais je n’ai plus que 300 km à faire donc cela devrait tenir. Par sécurité, j’en prends un d’avance car avec la série d’emmerdes que j’ai, je me méfie. Il installe aussi une chambre à air neuve et j’en prends 2 d’avance également. Il me semble que là je suis parée pour 300km !…

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Comme j’ai dû m’arrêter, j’en profite pour mettre en charge mon vélo. Étant à jeun et comme il est 14h, je demande où je peux manger et immédiatement la propriétaire du magasin de vélo m’invite à déjeuner. Le repas est copieux car ce sont les restes du repas de fête du jour

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Mon chauffeur de camionnette est toujours là et il m’accompagne toujours. Je lui ai expliqué le trajet que j’ai fait et que j’essaye désespérément de finir. Il est adorable et m’encourage. Je le vois partir puis revenir avec des provisions qu’il a faite pour moi. C’est vraiment adorable. Et pour finir, il me dit que si pour moi, l’argent est un problème, il paye le marchand de vélos. C’est la deuxième fois que l’on me propose de l’argent pour si je suis en difficultés et je trouve cela d’une très grande gentillesse. Je le remercie vivement pour toute son aide précieuse et il s’en va. A 15h je reprends la route, j’ai 25 km au compteur. J’arriverais à en faire 32 km de plus mais j’ai vidé ma batterie car cela monte très fort. Étant méfiante pour l’hôtel, je cherche rapidement un hôtel. Et je trouve un petit hôtel de montagne avec un prix de chambre très bas. Il y a un grand lit et une salle de bain comme d’habitude avec WC et douche imbriqués. Tout cela me va bien après une journée si compliquée. Si je pouvais avoir demain une journée normale avec un peu de soleil, cela serait bien mais peut-être que j’en demande trop ?

Merci à mes enfants Aude et Jacques pour le don à l’association Petit Prince, merci car je sais l’effort financier consenti.

Je ne voudrais pas terminer cette Newsletter sans souhaiter une belle et heureuse vie à AMBRE qui vient de donner le statut de « grand mère » à ma belle sœur Odile. Félicitations aux heureux parents.

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3 réflexions sur « ÉTAPE 86 »

  1. Corinne,vous êtes formidablement courageuse,,vous arrivez,avec des images de la Chine tellement diverses,les etres humains sont tous différents n’est-ce pas? Je vous embrasse et maintenant que j’ai repéré votre site officiel,je ne vous lache plus🌞😘

  2. .Salut Corinne.Comme tu le dis c’est la loi des séries!.Toutes ces crevaisons dans une même journée, c’est décourageant.Heureusement que tous ne t’ont pas fermé leur porte, et que tu as rencontré des gens qui t’ont porté secours et nourrie; c’est déjà ça.
    Je souhaite vraiment que tu passes une bonne nuit dans ce petit hotel, et que demain soit une journée positive sur tous les plans, pour toi et Petit prince.
    Ça me fait plaisir de voir Ambre participer à ta newsletter, je commence à bien intégrer mon statut de grand-mère, c’est le bonheur.
    Je t’embrasse très fort Corinne, tu approches sérieusement de Canton.Courage pour ces derniers kms.

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