ÉTAPE 82

Suntrip 2018, étape 82, une belle journée qui se finit de façon désagréable

Jeudi 20 septembre, Xintang, temps très ensoleillé jusqu’à 16h00 et chaud (36°C)

Bilan vélo: 130 km, reste moins de 600 km

Ce matin, je démarre avec une inconnue. Ai-je sauvé ma batterie et vais-je finir le Suntrip avec une ou 2 batteries ?

Je le sais très vite car je démarre sur une montée … et je vois mes batteries fondent à vue d’œil, donc une seule fonctionne. Je n’ai pas de regrets, au moins j’ai essayé.  Et cela n’entame pas mon moral qui est bon. Je vais essayer de faire du mieux possible et c’est tout. Guillaume m’a donné une dernière possibilité à essayer. Si je n’arrive pas à avancer, je me lancerais mais mon absence de compétence dans ce domaine me fait peur (cependant les explications de Guillaume sont excellentes, alors je devrais pouvoir y arriver).

Le soleil est là dès le matin et pour moi cela change tout car cela veut dire que je vais pouvoir profiter du soleil, une bonne partie de la journée et comme mon système solaire a été réparé, cela va bien m’aider.

J’essaie de gérer au mieux mes km pour pouvoir en faire le plus possible mais cela va dépendre du terrain. Or il continue à y avoir des montées régulières, ce qui consomme de la batterie. Je fais le plus possible de « motorless » mais c’est fatiguant et en fin de journée, pour la première fois, j’aurais un peu mal à mes 2 tendons d’Achille. Je ne vais pas faire une tendinite pour finir, donc moins de « motorless » car trop d’efforts anormaux vu le poids du vélo pour demain.

J’arrive à faire dans ces conditions 75 km avant que la batterie ne soit vraiment à plat et que je m’arrête pour recharger au soleil. Je sais qu’il est primordial de faire un maximum de km le matin car l’après midi, l’ai du mal à faire plus de 50 km. Je suis donc contente de ma matinée. La route est bonne et le nombre de camions, pas trop important.

Le long de la route, je vois des nouveaux marchands apparaître. Comme à chaque fois que je n’arrive pas à identifier ce qu’ils vendent, je descends voir. Et là, je m’attends à trouver des poissons d’élevage. Et bien pas du tout

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Je ne sais pas d’où ils viennent, mais moi qui suis habituée aux bons gros « dormeurs », cela ne me tente pas du tout.
Le paysage cultivée est vraiment riz et raisins

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Je fais une halte pour recharger de 13h à 14h30 au soleil ma batterie. En une heure et demi, ma batterie sera totalement rechargée par le soleil, donc je devrais pouvoir faire mes 50 km sans problème si le dénivelé n’est pas trop important.
Je bois beaucoup car la chaleur est forte. La température montera jusqu’à 36°C et comme la terre est très humide car elle est gorgée d’eau venant de la mousson, par moment cela donne une humidité de style tropicale et c’est bien fatigant. Mais évidemment, je préfère cela au fait de me prendre de l’eau sur la tête toute la journée.

L’après midi, j’avance conforme à ce que j’ai prévu, c’est à dire c’est bien parti pour faire 50 km. J’ai repéré une ville à 127 km de mon point de départ et c’est là où j’aimerais arriver.

Les villages ont souvent un peu tous la même activité. Par exemple, je vais traverser un village où le bois est l’activité essentiel, le travail du bois brute

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Ils mettent les lattes de bois qu’ils font à sécher comme des bouquets de fleurs et c’est joli

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Et le village d’après (à 110 km de mon point de départ), cela m’amuse car c’est un village qui fabrique des meubles et tout le monde a le même style de magasin, c’est à dire vente de meubles. Je m’arrête pour prendre une photo et quand je veux repartir, je n’y arrive pas car ma roue avant est crevée (6eme crevaison).

Je traverse la route, pour me mettre en sécurité devant les magasins de meubles et je commence à sortir mon matériel pour changer la chambre à air. Il ne m’en reste plus qu’une et elle est neuve. Mais problème, l’écrou de ma roue avant a été très serrée et je n’arrive pas à la desserrer. Ce n’est pas grave car il y a plein d’hommes dans les boutiques. Je vais donc vers eux en leur expliquant, avec mon téléphone, que je n’arrive pas à défaire le boulon de ma roue. Et grande surprise, je demande à 5 hommes et tous refusent de m’aider. Je n’en reviens pas. Quand aux femmes, elles me font signe de dégager. Quel accueil !…L’une d’elle vient vers moi, plus agressive que les autres, touche mon vélo et me fait signe de partir. Et là, ma colère monte. Je lui interdit de toucher mon vélo, lui montre ma roue à plat et lui dit en français de me foutre la paix. Rien n’a été compris mais le ton employé a du être assez ferme pour qu’on cesse de m’importuner. Comprenant que je n’aurais aucune aide de ces gens là, je m’acharne sur mon boulon que je finirais par arriver à desserrer. Puis je défais ma roue et change ma chambre à air. Des hommes sont venus s’installer dans les transats à vendre devant mon vélo et rigolent en me voyant faire. Quant aux femmes elles sont installées près du vélo et visiblement, je suis un spectacle à moi toute seule. Je suis vraiment en colère mais je ne dis rien, je continue à travailler tranquille. A un moment je me retourne et un gamin de 10 ans et entrain de jouer avec ma chambre à air que je viens d’enlever. Je lui arrache des mains, c’est la seule qui me reste et j’ai encore 600 km à faire avec des crevaisons possibles. Je continue mais pour remonter la roue seule c’est difficile car le vélo est lourd. Je me retourne et maintenant le gamin piétine ma chambre à air devant son père. Invraisemblable, je lui arrache donc ma chambre à air des pieds. Si avec tout cela, elle n’est pas foutue.

J’ai donc fini de changer ma chambre à air et je repars. Mais j’ai perdu beaucoup de temps. Il me reste encore 15 km à faire environ et la nuit tombe vite. Elle me rattrapera 5 km avant l’arrivée et là c’est l’angoisse car il n’y a aucune lumière, mon éclairage avant est celui d’un vélo, donc je vois pas loin et très bien, donc je n’arrive plus à anticiper les trous et surtout, il n’y a aucune ligne blanche pour délimiter la route à droite et je ne vois pas bien les bas côtés. 5 km d’angoisse à être hyper vigilante puis j’arrive dans la ville et il fait nuit noire. Maintenant cela va être le cauchemar de trouver un hôtel. J’en suis malade à l’avance, je déteste cela.

Sur le bas côté à droite, je remarque un motard qui me filme et me sourit. Je vais vers lui et je lui demande s’il peut m’aider à trouver un hôtel et par chance, il accepte et m’emmène jusqu’à un hôtel. Enfin un problème résolu rapidement. Je monte dans ma chambre et je n’ai pas le courage d’aller manger, je finirais mon paquet de gaufrettes qui aura été le seul repas de ma journée. Puis je lave mon tee shirt comme tous les jours. Et là je suis triste car il est plein de cambouis et il est foutu. J’avais fait graisser la chaîne hier, toujours dans l’espoir qu’elle tienne le coup jusqu’à l’arrivée. Et en me penchant sur mon vélo pour enlever la roue, je me suis mise plein de cambouis. Vous allez me dire que ce n’est qu’un tee shirt. Oui mais pas n’importe lequel, celui que mes enfants m’ont offert avant de partir et qui porte le logo que m’a créé ma fille Aude

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Et je le porte tous les jours depuis le départ. Tant pis, je le lave, n’arrive pas à enlever le cambouis, comme prévisible. Et bien je continuerais à le porter jusqu’à l’arrivée, même s’il n’est plus présentable.

Une réflexion sur « ÉTAPE 82 »

  1. L’accueil des chinois est vraiment inégal. Parfois d’une gentillesse extrême et d’autres fois le rejet total! Le bout est proche. Je croise les doigts pour que tu n’aies plus d’ennuis sur la fin de cet incroyable périple. J’adore le logo fait par ta fille. Bises

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