ÉTAPE 79

Suntrip 2018, étape 79, de la pluie et encore de la pluie et toujours de la pluie toute la journée

Lundi 17 septembre, Cuijiaqiao

Bilan vélo : 110 km

Ce matin, j’ai démarré le ventre vide. Je n’ai plus de réserve et j’ai oublié de renouveler mon stock. Il faudra donc que je fasse des courses aujourd’hui. Lorsque je mets le nez dehors avec Petit Prince, le temps est au crachin et peu agréable, mais il faut y aller. Alors on part. Et très vite la pluie arrive, de la vraie bonne grosse pluie et cela sera comme cela toute la journée.

Comme je n’ai pas le choix et que je suis condamnée à avancer (je ne peux pas rester quelque part à attendre que cela se calme car ce mauvais temps est annoncé pour toute la journée) et bien j’avance. Mais question route j’ai de la chance car je commence par une route 6 voies toute neuve. La contre partie, c’est qu’on ne voit pas grand chose du paysage mais comme le temps ne permet pas de voir grand chose, ce n’est pas grave.
Puis la route redevient normale et à peu près en bonne état. Les cultures que je voie, sont essentiellement la vigne et le riz. Comme je vous l’avais dit hier, les vignes sont sous des serres plastiques et cela fait des paysages tristes.

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Et l’autre culture, le riz dont on voit maintenant des grands champs

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Au bout de 50 km, je traverse une ville. Je regarde sur les côtés pour rechercher une banque avec des distributeurs acceptant des cartes étrangères car je sais que je n’ai pas assez d’argent pour aller jusqu’à l’arrivée. On ne trouve ces distributeurs que dans les villes d’une certaine taille. Par chance, j’en trouve une donc je prends la contre allée, ce qui me permet de m’arrêter. Je tire de l’argent et j’ai maintenant de quoi aller jusqu’à Canton. Juste à droite, il y a un fast-food chinois. Ils ont un plat de pâtes, alors à 10h du matin, comme petit déjeuner, je prendrais un bol de pâtes. Cela me permet aussi de me sécher un peu (je dégouline d’eau). Puis le repas avalé, je repars. C’est toujours dur de reprendre sous la pluie car on n’a pas envie de bouger, mais je n’ai fais que 50km alors il faut que j’avance.

La route n’est pas plate, elle ne fait que monter et descendre. Je vois donc mes batteries se vider et avec un temps pareil, ce n’est pas l’idéal. Aussi à midi, avec 75 km au compteur, prudente, je décide de m’arrêter pour recharger mes batteries. Je sais qu’en 2h sur chargeur, je ne vais pas beaucoup recharger mais comme il n’y a pas de soleil, c’est la seule solution qu’il me reste.
Je repère une vendeur, réparateur de tricycles à moteur et je m’arrête. Comme tous les jours, l’accueil est très sympathique et immédiat. Ils me proposeront de déjeuner et m’offriront de l’eau. J’ai vraiment trouvé la cible idéal pour mes arrêts en milieu de journée. Et Petit Prince est mis en charge.

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Je verrais plusieurs scooters s’arrêter et tous, pour la même raison, se faire monter un « top » au dessus de la tête pour se protéger de la pluie. Cela veut dire que les gens pensent que le mauvais temps va s’installer, ce n’est pas bon pour moi car il me reste encore plusieurs étapes à faire.

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Ils ont des tops de toutes les couleurs et les gens les assortissent à la couleur de leur scooter. Par moment c’est drôle quand c’est rose bonbon par exemple. On les voit aussi mieux, ils gagnent en visibilité. Par contre, cela offre une sacré prise au vent. Hier, j’en ai vu certain faire de sacrés écarts et être limite d’être arraché. Mais, on ne peut pas tout avoir, rouler au sec et résister aux vents forts !…

Vers 14h, je suis obligée de repartir mais le moins que l’on puisse dire c’est que le cœur n’y est pas. Il pleut toujours fort, les camions m’envoient de l’eau sale plein la figure et je dois essuyer mes lunettes toutes les 30 secondes pour y voir clair. Et bien sûr, avec le temps, je commence à être mouillée, l’eau rentrant pas la capuche que je ne veux pas serrer plus pour pouvoir continuer à bouger la tête par sécurité. Je fais encore 25 km et j’en ai vraiment marre. Aussi je décide de chercher un hôtel. Je m’adresse à 3 hommes assis dans un bar dont le côté s’ouvre. Ils refusent d’écouter mon application et me font signe de dégager. 200m plus loin, il y un autre bar avec 5 femmes qui jouent avec des dominos et des cartes et la même scène se reproduit. Cela me dépasse. Moi qui m’arrête tout le temps dans le métro quand je vois des étrangers un peu perdus pour les aider et les chinois qui vous envoient balader sans même accepter de vous écouter, tout cela me dépasse. Je ne connais pas leur culture et je suis dans l’incapacité de décoder ce comportement. Tout ce que je peux dire, c’est que cela n’est pas sympathique du tout.
Du coup, je repars et je fais 10 km de plus en espérant pouvoir me débrouiller seule dans le prochain bourg. Et c’est ce qui se passe, je repère un restaurant et à côté une entrée d’hôtel, je m’arrête et ils m’accueillent immédiatement très gentiment. Et évidemment, on ne me demande pas mon passeport … Petit Prince est mis en charge dans le garage. (Il est d’un état de saleté, repoussant car les 2 gardes boues sont parties ou cassées). Et moi je vais vite prendre une douche avant d’aller manger. Je ne résiste pas à vous faire une photo de la salle de bain car cela fait plusieurs fois que j’ai cela.

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Une douche avec un WC turc juste en face pour évacuer l’eau et qui sert aussi de WC naturellement. Vous voyez le peu d’espace pour se tenir. Inutile de vous dire que je fais très attention !

Puis je prends un bon repas et monte me coucher en espérant que demain la pluie ne sera pas au rendez-vous. Mais le moral reste bon malgré tout cela.

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