ÉTAPE 77

Suntrip 2018, étape 77, journée tranquille à vélo

Samedi 17 septembre, Dou hu di zhen

Bilan vélo; 133 km, reste théoriquement 1095 km

Ce matin, je suis partie après mon petit déjeuner maison de 5 biscottes (et ce sont les dernières, je n’en ai plus retrouvées dans les magasins) et après avoir récupéré Petit Prince dans son couloir étroit où il dormait. Lui aura vécu des nuits dans des situations bien différentes mais la plupart du temps bien protégé.

Thierry avait écrit que cela serait « l’apocalypse » au niveau de l’état des routes, alors je m’attends au pire. Psychologiquement, je suis bien préparée et je me demande sur quoi je vais tomber. Mais vu ce que j’ai déjà rencontré, je ne suis pas spécialement inquiète. Je sais juste que je devrais rouler doucement et essayer de ne pas chuter à nouveau.
Et pour une fois la surprise est dans le bon sens. La route est dans l’ensemble belle avec quelques passages difficiles (route dégradée) au maximum sur 500m. C’est là que je m’aperçois que nous n’avons pas vécu la même chose. Lui a forcé précédemment le passage de la G30 en passant, avec son trike, sous les barrières de péage, pendant que nous (Françoise et moi) on devait se payer des routes dont l’état étaient catastrophiques, alors c’est sûr que nous n’avons pas le même vécu !…Alors, je suis contente. Il ne manque plus qu’un vrai soleil mais il ne faut pas trop en demander (au passage, heureusement que je ne suis pas près de Canton car un typhon est annoncé…).

Je roule tranquillement. Il n’y a pas trop de camions (mais peut-être que je m’habitue et que je ne fais pas trop attention), en tout cas, ils sont moins bruyants, je ne sais pas pourquoi.
Arrivé à Jingzhou, là c’est la galère. Pourquoi, car il y a un pont à péage qui est une autoroute et qui nous est donc interdit. Et je ne vois pas d’autre pont sur mon GPS (c’est invraisemblable, quand il n’y a qu’un pont, qu’on n’organise pas un passage pour les cyclistes). Cela veut dire qu’il faut sûrement passer en bac, mais où faut-il le prendre, cela est un mystère.

Je cherche mais je ne trouve pas. Je finis par m’arrêter dans une station service pour demander et là les 2 femmes qui servent, refusent d’écouter l’application de traduction. Elles ne veulent même pas savoir pourquoi je suis là. Je trouve étrange cette réaction et je ne l’explique pas. Par contre un automobiliste accepte d’écouter et me dit de le suivre. Je le suivrais 4 km et c’est sûr que sans lui, j’aurais eu beaucoup de mal à trouver car je ne savais même pas de quel côté, gauche ou droite de la rive, je devais aller.
Arrivée à l’embarcadère, il faut payer le passage mais le péage est au milieu d’une pente forte, donc avec mon vélo, c’est compliqué. Ils sont 3 hommes, assis sur des tabourets et pas un ne vient m’aider à tenir Petit Prince, finalement j’arrive à le bloquer en le coinçant sur le bâtiment pour payer. Arrivé au bateau, je rencontre le problème inverse, la montée est forte et elle est en métal rainuré. Arrivée à 2m du haut,  le vélo m’entraîne par son poids et je n’y arrive plus. A 5m de moi, 3 marins m’observent les bras croisés, sans me venir en aide. Et comme d’habitude, Petit Prince tombe. Là ils se bougent car je bloque le passage. Mais vraiment, le sens de l’entraide des chinois quand je suis à vélo est vraiment plus que minimum et je n’arrive pas à comprendre pourquoi.
Et voilà Petit Prince embarqué sur un bateau

IMG_1702IMG_1703IMG_1704

Une fois sortie du bac, il me faut retrouver ma route la G207. Juste en sortant du bac, il y a un village et un jeune à scooter, fasciné par mon vélo me suit. Et c’est lui qui tout content m’emmènera sur la bonne route. Au passage, je suis une route complètement envahie par les productions des paysans qui séchant sur le côté. Mais on a changé de produit. Maintenant c’est du riz.

IMG_1705IMG_1706

Et là, je vois tous les stades. A gauche, il y a le riz coupé en herbe (c’est une graminée à panicule), puis ensuite le riz dont on a enlevé le chaume (on n’a plus de vert), puis le riz avec balle c’est à dire non décortiqué. Et là je vois une chose aberrante pour moi, une voiture roulant sur du riz (sûrement pour enlever la balle). Et après, soit ils chargent le riz à la pelle dans des sacs, soit ils le tamisent et ne mettent que le riz tamisé dans les sacs. Je pense que maintenant devant les habitations sur les dalles en ciment, je vais voir le riz à la place du maïs et c’est exactement ce qui se passe

IMG_1708

Sur cette dernière, on ne le voit pas à cause du soleil (qui est apparu à 15h30, mieux vaut tard que jamais), mais une personne bat le blé avec un fléau. Je voulais m’arrêter pour filmer mais elle s’est arrêté pour me regarder …
Je continue, la route est belle bien ombragée (intéressant avec un vélo solaire !).

IMG_1707

Mais le soir arrive et maintenant la nuit tombe vraiment vite (vers 18h30). Vu la complexité pour trouver un hôtel, il faut s’y prendre à l’avance, alors j’arrête de rouler vers 17h30 au lieu de 18h30 (ce qui fait la différence en terme de km parcourus entre 150 et 130 km). Et tactiquement maintenant, je demande un hôtel dès le début de la ville. J’essaye de ne pas aller au centre des villes car trop compliqué. Je demande à 3 personnes successivement et c’est toujours le même style de réponse « plus loin ». J’avance doucement et je vois un beau bâtiment qui pourrait être un hôtel. Je m’adresse à un homme qui fume dehors et c’est bien un hôtel. Tout le monde sort dehors pour admirer Petit Prince, puis il est rangé dans un garage et branché. Pour moi, dans ce genre d’hôtel, je négocie le prix et j’obtiens moitié prix (je ne négocie jamais dans les petits hôtels car je veux qu’ils puissent survivre). La chambre est très bien, avec climatisation et une superbe salle de bain avec de l’eau chaude. Je suis contente, une belle journée, une belle halte et pas de chute. Pour le moment, je ne demande rien d’autre.

3 réflexions sur « ÉTAPE 77 »

  1. Ah ça fait du bien de lire de bonnes nouvelles. Bravo pour ta persévérance et ton opiniâtreté. Ça paye. Bisous

  2. Enfin une journee tranquille pour toi, ça fait plaisir de lire cette étape.Tu approches vraiment du but, on peut dire que c’est la dernière ligne droite que tu entames.
    Bon courage Corinne, je t’embrasse très fort

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.