ÉTAPE 76

Suntrip 2018, étape76, Une quatrième grosse chute

Vendredi 14 septembre, Jingmen

Bilan vélo : 127 km

Après avoir bien dormi dans mon petit hôtel, loin des palaces, je récupère Petit Prince qui a dormi dans le hall, je l’habille avec ses sacoches et nous voilà prêt à repartir.

Je n’aime pas , au réveil, rouler dans les grandes villes, pour en sortir. Heureusement à 7h du matin, il y a un peu moins de circulation que le soir mais le comportement des automobilistes, des scooters est toujours aussi imprévisible faute de réglés observées. Si bien que le niveau de stress est important car je n’ai pas un engin très manœuvrable pour ce genre de situation, mais pour le moment, je m’en suis toujours sortie. Mais quand j’ai fini, je suis drôlement contente de fuir tout cela.

Et je retraverse, la campagne, toujours la même avec le maïs omniprésent. Anick Marie m’a fait remarquer qu’au Québec, on donnait du maïs égrené aux animaux. En France, à part pour les poules, je ne vois pas. Pour les bovins, c’est de l’ensilage de maïs et là, la plante entière est broyée, puis mise dans des silos à plat et sans air pour la fermentation. Ceci dit, la limaille de fer est aussi mauvaise pour un animal que pour un humain, alors le séchage de maïs en bordure de route continue à me choquer. Quand je les vois bien ratisser leur maïs pour le faire sécher, moi je pense à tout ce qu’il y a en dessous et qu’ils mélangent avec leur maïs.

Environ tous les 10 km à 20 km, il y a des villages consistant en 2 rangées de maisons ou bâtiments le long de la route et rien derrière. Quasiment tous les bas de bâtiments sont occupés par des commerces, dont beaucoup sont fermés et quelque fois, on ne voit pas grand monde. Cela donne l’impression que ces lieux se meurent. Dans d’autres villages où l’activité est essentiellement agricole, on voit beaucoup de monde s’occuper du maïs.
En ce début de journée, la route est belle. Je continue à voir le long de la route et par séries, des petits vendeurs. J’ai rencontré des vendeurs de raisins, de pommes, de kiwis, de miel, de pomme de terre et pour la première fois aujourd’hui, des vendeurs de plantes entières.

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Il y en a une dizaine de suite et puis plus rien, c’est curieux.
A un moment, j’entends de nouveaux des pétards et toujours sur la route. Je vous en fait une vidéo.


Là j’ai compris ce que se fêtais car il y avait une très belle photo de mariés. J’aurais été en mode plaisir-vélo, je me serais arrêtée pour essayer de voir de loin la fête mais je suis en mode vélo-Suntrip alors il faut rouler.

Je continue à rouler, la route est bonne et soudain c’est la grosse chute. Le vélo se couche brutalement sur la droite. Je m’esquinte une nouvelle fois le coude droit et la cuisse à gauche. Je n’ai rien compris sur le coup de ce qui s’est passé. Par contre à terre, je continuerais à voir passer camions et voitures dans la plus totale indifférence. Je n’arrive pas à comprendre cela. Comment peut-on être aussi indifférant à l’autre, cela reste un mystère pour moi. Lorsque je me relève, puis relève Petit Prince que je gare sur le bord de la route, je retourne sur la chaussée pour essayer de comprendre pourquoi cette chute et je comprends tout de suite. Il y a une petite crête ronde sur 100m. Cela se crée quand les camions roulent sur la route qui vient juste d’être refaite alors que le goudron n’est pas encore sec. Avec leurs grosses roues ils font des bosses, des bandes. Le problème c’est que c’est un petit relief pas toujours visible. Dans mon cas, je n’ai rien vu. J’ai dû donner un petit coup de guidon à droite et cette petite crête a fait glisser la roue et le vélo s’est couché immédiatement. Avec un trike, cela ne serait pas arrivé.

C’est vraiment la chute de trop pour moi. J’espérais finir un peu tranquille ce Suntrip mais jusqu’au bout cela sera difficile. J’ai le moral dans les chaussettes et plus beaucoup de courage. Mais je suis condamnée à avancer, alors je remonte sur mon vélo. Je roule doucement mais je sais que je reste à la merci de ce genre de chose. Et j’ai peur de finir par avoir un accident. Je suis toujours tombée sur la droite mais si je tombe à gauche, il y a les camions et voiture et elles ne vous laissent jamais assez d’espace pour tomber.
Et comme par hasard, après cette chute, la route se dégrade à nouveau, alors je roule doucement (entre 13 km et 15 km/h). A ce rythme, je ne suis pas arrivée.
A l’approche de Jingmen, l’idée de la course à l’hôtel qui daigne bien m’accueillir me révulse. Aussi dès les premiers faubourgs, je m’arrête pour demander un hôtel. Et la chance est avec moi car il y en a un 100m plus loin, un petit hôtel familial comme je les aime où vous êtes extrêmement bien accueilli, où il se mette en 4 pour vous faire plaisir. Petit Prince est mis en charge dans un couloir qui a juste sa largeur et qui est accessible par l’arrière car Petit Prince empêche tout passage. Puis je monte mes affaires et je redescend manger car j’ai faim, ne déjeunant pas à midi. Je m’offre, pour la première fois depuis mes problèmes d’intestins, une bière mais je ne recommencerais pas car cela ne me réussit pas. Dommage, j’aime tellement cela.

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La bière chinoise est très bonne mais c’est un produit de luxe, elle me coûtera une fois et demi le prix du repas. La maîtresse de maison était presque réticente à me la servir. Je ne sais pas si je me trompe mais j’ai l’impression que c’est une boisson d’homme.

Puis je vais me coucher. Je sais que demain va être une journée très dure car Thierry qui a suivi cette route a annoncé :
« La G207 après Jingmen est catastrophique: trous poussière des camion…bref l’apocalypse. »

Très sympa comme perspective de la journée

5 réflexions sur « ÉTAPE 76 »

  1. Allez Corinne, courage, tu approches serieusement du but.Malgré les difficultés, tu fais de bonnes étapes en ce moment, bravo.
    Merci pour la petite video, oui, on a beaucoup entendu ces series de pétards au Vietnam, annonçant la plupart du temps des mariages, c est vrai que c’est surprenant.Pour la bière je pense que tu as raison, moi j’en avais bu en Roumanie, ils me l’avaient servi dans une tasse pour le thé, ça faisait illusion!
    Soigne-bien tes blessures et repose-toi bien dans ce petit hotel.
    Je t’embrasse très fort

  2. Hello Corinne. Décidemment, la chance n est pas avec toi. Soignes toi bien pour que tu ne sois pas gênée pour continuer d’avancer. Gardes le moral, tu vas y arriver. Je t’embrasse

  3. Désolée pour cette nouvelle chute. J’espère que ce sera la dernière. Mauvaise route et une météo qui s’annonce perturbée… Décidément ce Sun Trip est durissime jusqu’au bout. Courage. Tiens bon. La fin de rapproche.

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