ÉTAPE 72

Suntrip 2018, étape 72, et c’est reparti

Lundi 10 septembre, Heilongkou, temps nuageux et soleil en milieu de journée

Bilan vélo: 103 km

L’auberge de jeunesse ne servant pas de petit déjeuner avant 8h00, j’ai mangé mon paquet de biscottes dans la chambre, puis j’ai récupéré mon vélo et je suis partie tôt, comme je le voulais vers 7h1/4.

Mais pour la suite, j’ai été moins bonne car la ville est tellement grande que je n’ai pas réussi à trouver la route que je voulais prendre, c’est à dire la G312 qui borde là aussi la route à grande vitesse G30. Je suis trompée par le GPS qui me remède systématiquement vers la G30. J’ai interdit à l’application « MAP.me » de m’indiquer les autoroutes mais comme elle ne considère pas ces routes comme des autoroutes, elle me ramène systématiquement dessus. Une fois que l’on est sur la bonne route , le guidage est excellent, mais encore faut-il la trouver. Au bout d’1h, n’y arrivant pas, je vais vers le poste de police à l’entrée de la G30 pour demander de l’aide aux policiers. Et là, comme d’habitude, je tombe sur un jeune très gentil prêt à m’aider mais malgré ces efforts, il est incapable de trouver la route. Alors un deuxième policier arrive puis un autre jusqu’à 5 (je pense que leur brigade est constitué de 6 personnes) et toujours aucune aide concrète et cela dure et dure. Au bout d’une heure on va chercher le chef. Et là, cela devient pire, il prend en main mon téléphone, n’y arrive pas comme les autres. J’en ai assez, je n’arrive à rien, il faut que je me débrouille par moi même puisqu’ils sont incapables de m’aider. Mais c’est que le cheffaion ne l’entend pas de cet oreille car il est vexé de ne pas y être arrivé alors « votre passeport » et là, je sens que cela déraille. J’ai bien en mémoire tous les récits de Françoise avec ses gardes à vue arbitraire, ses rétentions au poste de police, etc… Alors je lui explique que je suis venue demander de l’aide, un chemin et non présenter mon passeport. Je sais que cela va déclencher l’appel d’un supérieur et celui-ci est toujours d’un niveau nettement supérieur. Et c’est exactement ce qui se passe. Mais en attendant, un policier se met devant mon vélo pour m’empêcher de partir, puis on me demande de descendre, ce que je refuse, on me demande à nouveau de descendre et refus à nouveau de ma part. Puis ils amènent une chaise à côté de mon vélo pour que je descende, mais nouveau refus de ma part. Ils me proposent à manger et à boire mais je refuse tout. Je sais qu’il faut que je garde la maîtrise de mon vélo même s’il est bloqué car cela maintient un équilibre des forces. Et cette attente dure une demi heure. Puis le supérieur arrive. C’est un jeune qui parle anglais parfaitement. Il commence par excuser ses collègues (problème de communication, allons donc !) puis il discute du chemin à prendre avec ses collègues. Je sors mon passeport pour lui montrer et tout est noté par sa collaboratrice. Et il me propose de me guider en voiture. Enfin une solution mais une heure et demi de perdue, j’aurais du me débrouiller toute seule. Et je le suis, il roule à ma vitesse donc tout va bien. Il s’arrêtera 2 fois pour demander son chemin et au bout de 10 km qu’il fera avec moi, je suis enfin sur la bonne route mais cela aura été drôlement galère. En 3h, j’aurais fait 20 km et bien je ne suis pas arrivée à Canton avec ce rythme là. Et puis ces 20 km de ville, ils usent la batterie car il y a des tonnes de  feux rouges et pour redémarrer à chaque fois, cela consomme beaucoup de batterie.
A 12h30, je n’ai fait que 45 km mais ma batterie est déjà bien vide. Comme il y a du soleil, je décide de m’arrêter pour recharger. J’installe Petit Prince pour sa séance de bronzage et moi je vais m’assoir à l’ombre d’un poteau d’entrée d’une maison

IMG_1617.JPG
J’ai pris un paquet de pistaches et je commence à en manger. A ce moment là, le portail est ouvert. J’entends fourrager dans une cuisine installé dans une aile de la maison. Et un homme vient et m’apporte un verre d’eau chaude (j’ai toujours du mal avec cela, boire de l’eau chaude mais en Chine c’est vraiment systématique). Puis, un quart d’heure après, on mamène un grand plat de nouilles. Je suis toujours assise par terre à l’extérieur de leur maison, alors je me lève et je rentre. Il y a plusieurs petites tables et c’est visiblement un petit restaurant mais curieusement rien à l’extérieur ne l’indique. Je verrais une seule personne venir y manger et visiblement un habitué

IMG_1619IMG_1618IMG_1616

Je mange et c’est très bon (malheureusement épicé), je remercie chaleureusement et je repars. Ils refermeront la grille derrière moi. Voilà un repas qui n’était vraiment pas prévu.
Et là, je rentre dans la montagne. La route est superbe et je me régale. 2 fois je m’arrêterais pour faire des photos pour vous mais à chaque fois, il y a un peu de pente et je n’arrive pas à stabiliser Petit Prince qui est toujours emporté par son poids, alors voulant éviter la chute, je renonce aux photos (désolée…). Que c’est agréable de suivre des belles routes comme cela. Il y a très peu de circulation alors peu de Klaxons et presque le silence. Malheureusement j’ai un bon vent de face qui me ralentit bien. Par contre, cela monte bien et sur 20 km et je vois le niveau des batteries bien fondre à nouveau. Vers 18h30, il faut que je m’arrête car le jour tombe vite, vers 19h et je ne veux surtout pas rouler la nuit. J’arrive dans un village et comme toujours le maïs est mis à sécher partout

IMG_1620

Je vois sur la gauche, un restaurant bistrot avec du monde. Je m’arrête et demande s’il y a un hôtel. Ils rient car j’ai demandé cela au petit hôtel du village. Et là encore, je suis accueillie de façon chaleureuse. Petit Prince se retrouve dans la salle à manger pour être mis en charge (il y a déjà 2 motos), puis je peux manger. La chambre est grande et bien propre. C’est parfait pour la nuit. Une bonne douche et au lit.
Demain, il va falloir que j’essaye de faire au moins 150 km pour avancer mais cela dépend du vent, du soleil et des pentes, alors comme d’habitude, je ferais ce que je pourrais.

Je me garde en dernier ressort la possibilité de prendre un camion pour finir si je n’arrive pas à faire les 2000 km en 17 jours mais je voudrais vraiment éviter cela.

4 réflexions sur « ÉTAPE 72 »

  1. Allez Corinne, tu y es presque ! Et c’est vraiment super de prendre le temps de nous faire partager ton aventure.

  2. Merci pour les photos Corinne mais ne prend pas de risque pour nous faire partager ce que tu vois.Te lire est un vrai plaisir, avec la précision de toutes tes descriptions.Profite de l instant quand tu as de beaux paysages.
    Bien sûr que cela devrait te permettre d’aborder cette dernière ligne plus sereinement, en te disant qu’un dernier camion-stop t’aiderait à franchir la ligne d’arrivée dans les temps, si besoin.
    Je te souhaite de belles rencontres et de beaux paysages pour ces prochains jours.
    Bises
    Odile

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.