ÉTAPE 69

Suntrip 2018, étape 69, enfin un jour de vélo-plaisir en Chine

Jeudi 6 septembre, Dongcha

Bilan vélo : 131 km

Ce matin, dans cet hôtel acceptant les  étrangers et où j’ai été emmenée par la police, il n’y a pas de petit déjeuner possible, comme c’est souvent le cas. Par contre, dans la petite pièce servant de boutique, je trouve des biscottes en petits paquets de 5. J’en achète 6 en prévision des matins sans petit déjeuner, ce qui me permettra de ne pas partir le ventre vide. 

Après mon petit-déjeuner frugal, je suis prête à partir et je reconnais que j’appréhende cette journée après la mauvaise journée d’hier sur le vélo et ma chute.
Je change de route, je prends la G310 qui n’est pas le prolongement de la G316 car celle-ci part dans une autre direction. Que va donner cette nouvelle route ?
Et bien, c’est une excellente route, en très bon état, qui serpente au fond de la vallée en suivant le torrent (de boue actuellement avec la mousson).

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Et une demi-heure après être partie, le soleil apparaît, il a enfin percé les nuages. Je me retrouve donc sur une belle route, avec du soleil, dans un superbe paysage et avec très peu de trafic (enfin du silence). Que demander de plus ? Rien, cela suffit à mon bonheur de cycliste. Je roule donc tranquillement en regardant bien autour de moi. C’est très agréable et la température est idéale pour rouler. Au point de vue relief, la route monte régulièrement jusqu’au milieu de la colline traversée puis redescend en pente douce vers le torrent. Nous ne montons jamais au sommet de la colline comme je l’ai déjà fait 2 fois hier. Je traverse régulièrement des petits villages de paysans et je regarde la vie locale. Actuellement, leur principale activité de ce que je vois, est la récolte du raisin et du maïs. Il y a des champs de maïs partout dans la vallée, souvent de petites tailles sauf dans les méandres du torrent quand des cultures ont pu être installées. Là les champs sont plus grands. Je vois donc des paysans couper le maïs souvent à la serpe, faire sécher le maïs le long de grands mats ou l’égrener dans des grosses cuvettes.

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Et puis, on trouve de la vigne partout, avec souvent des petits vendeurs de raisin installés le long du trajet. C’est toujours du raisin rouge et les grains sont gros. Je ne sais pas s’ils font du vin, je n’ai pas vu de cuverie ou d’installation liée au raisin.
Quand la vallée est un peu plus large, on trouve au fond, une petite ville. Par chance, elles sont souvent sur l’autre rive et ma route si sympathique ne les traverse pas.
Vers 13h, les nuages commencent un peu à apparaître, alors je me dis que si je veux recharger mes batteries avec le soleil, il est tant de m’arrête. Je trouve un belle petite place liée à 2 maisons et j’en profite pour installer Petit Prince en position bronzage, il adore cela

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Au bout de 2h, il est temps de repartir, les batteries s’étant bien rechargées. Je redémarre et je m’arrête tout de suite. Quelque chose ne va pas dans le vélo. Je descends, le regarde et constate que ma roue de remorque est crevée (5é crevaisons, 1 de la roue avant, 2 de la roue arrière, 2 de la roue de remorque). Je reviens immédiatement sur ma petit place, défait la roue, sort une nouvelle chambre à air neuve et essaye de démonter le pneu (Schawble marathon plus). Et là, à ma grande déception, je n’y arrive pas. Le pneu est tellement dur que je n’arrive pas à mettre mes 3 démontes pneu pour faire déjanter le pneu. Je suis très déçue de ne pas y arriver mais au bout de 20 mn d’essais infructueux, je capitule. Étant dans un coin complètement isolé, il me faut trouver de l’aide. Et me voilà au bord de la route, mon pneu à la main, entrain d’essayer d’arrêter les rares voitures qui passent. Au bout d’un quart d’heure, une voiture s’arrête avec 3 hommes à bord. Ils s’emparent immédiatement de la situation et se mettent au travail. Pour ôter le pneu, ils devront s’y mettre à 2 et iront chercher un gros tournevis dans leur voiture pour sortir le pneu. Du coup, je me sens moins ridicule de ne pas y être arrivée seule. Pour trouver la crevaison sur la chambre à air, ils font quelque chose qui ne me serait pas venue à l’idée, ils la mettent dans une belle mare laissée par les pluies de mousson. Cela me fait rire.

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Ils ne trouvent pas de trous, mais cela n’a pas d’importance puisque je vais mettre une chambre à air neuve. Pendant ce temps là, moi j’ai bien inspecté le pneu et je n’ai rien trouvé. Je ne sais pas pourquoi j’ai crevé. J’espère que je n’ai rien laissé passer et que demain je ne vais pas recrever.
Je range la chambre à air crevé dans ma sacoche, je la ferai réparer dans les nombreux ateliers de pneus que l’on trouve le long de la route. Je remercie bien ces 3 hommes pour l’aide apporter et je repars. J’ai perdu une heure et je ne pourrais donc pas faire 150 km comme j’avais prévu, mais ce n’est pas grave car dans ce genre de voyage, c’est l’adaptation perpétuelle.

Je continue à rouler tranquillement dans ce paysage vraiment très beau et 18h arrive. Compte tenu des difficultés de logement, 18h est l’heure limite pour pédaler pour moi, car à partir de 19h le soleil se couche.
J’arrive dans un bourg et je m’arrête près d’un papa et son fils qui viennent de s’arrêter en scooter (ils ne portent jamais de casque et circulent souvent avec 2 enfants sur le scooter, que c’est dangereux). Je demande où se trouve un hôtel (toujours avec l’intermédiaire de mon application qui heureusement me permet de dialoguer avec les gens) et il m’indique un endroit. Mais par expérience, je sais que je ne vais pas trouver car leurs explications sont toujours difficiles pour moi. Et très gentiment, il remonte sur son scooter pour m’emmener 800 m plus loin. Et c’est sûr que sans lui, je n’aurais pas trouvé. Et comme d’habitude, dans ce cas là, ils restent jusqu’au bout pour m’aider totalement, c’est vraiment gentil.

La première chose que je fais toujours en arrivant, c’est de mettre Petit Prince en charge. Comme cela, je suis sûre au moins de pouvoir repartir. Il m’aide aussi à rerégler le siège qui à force d’appuyer fort sur les pédales, finit toujours par reculer un peu. Et aujourd’hui, j’étais un peu trop loin des pédales, donc les jambes étaient trop tendues, ce qui nuit au pédalage. Puis je couvre Petit Prince de sa bâche de nuit (j’ai toujours peur des fortes pluies de mousson) et après, je peux enfin m’occuper de moi. C’est un petit hôtel à accueil familial (ils n’ont rien à faire du passeport, eux…). Ils ne font pas restaurant mais le fils m’emmène dans un restaurant pas très loin. Et là, la scène habituelle se passe: on me demande ce que je veux, je réponds du riz blanc et de la viande sans sauce piquante, sans oignon, sans légume et au bout de 10 mn, ils finissent par me donner le plat du jour qu’ils ont préparé sans tenir compte du tout de ce que j’ai demandé. Et aujourd’hui, ce sera des raviolis farcis à la viande et aux poireaux !… J’espère que mes intestins apprécieront et pourtant je fais tout ce que je peux pour les épargner mais il faut bien que je mange.

Puis je rentre à l’hôtel. Je m’occupe de soigner mon tibia. Il a en bas une belle plaque rouge de ma piqûre de guêpe (il faudra que je me refasse faire des tests d’allergie en rentrant afin de vérifier si je suis toujours désensibilisée) et au dessus sa petite moitié de pamplemousse due au choc d’hier. Je masse à nouveau (comme 3 fois par jour) avec l’huile essentielle Hélichryse et cela évolue déjà très bien.
Enfin une bonne journée, je suis vraiment contente car c’est la première depuis mon arrivée en Chine.

Demain, je continue la G310, donc j’espère que cela va continuer à bien se passer et que le soleil va être de la partie.

J’ai appris, via Facebook, que la bande des 5 avec Youssef et Mohamed, n’avaient toujours pas reçus leurs vélos. J’avais cru qu’ils les avaient mis dans le train comme moi, mais eux ont loué un camion qui a 3 jours de retard pour la livraison. Donc quand je vais arriver à Xi’an, eux devraient juste quitter cette ville si leurs vélos arrivent comme prévus. Je n’aurais donc qu’un jour de retard sur eux après avoir fait 1000 km de plus qu’eux à vélo. Amusant.

6 réflexions sur « ÉTAPE 69 »

  1. Hallo Corinne, ich hoffe, dieser schöne und erfolgreiche Tag baut dich wieder auf und gibt dir Mut und Kraft für den Rest deiner Reise. Alles Gute und liebe Grüße aus Österreich, Heidi

  2. Bonjour Corinne!
    Ça fait vraiment plaisir de lire que tu as enfin passé une journée agréable, et que tu as pu rouler dans des conditions normales, sans que rien ne vienne perturber ta route.Tu as bien eu une crevaison, mais vu tout ce qui t’es arrivé ce n’est qu’une broutille pour toi.(J ai lu qu’un suntripper a eu une cinquantaine de crevaisons sur son périple).
    Espérons que tu puisses continuer ainsi, ça va te mettre du baume au coeur.Que tu prennes plaisir à rouler pour t’approcher tranquillement de Canton!
    On continue à être à tes côtés.
    Je t embrasse
    Odile

  3. Contente que cette journée se soit bien passée, malgré la crevaison. Tu as de la chance de trouver souvent de l aide, mais les belles personnes attirent les belles personnes. Tu as eu raison d’ utiliser de l’huile essentielle d’helichrise, ça marche bien sûr les hématomes. Bisous

  4. Ma chère Corinne,
    D’abord je te félicite pour l’exploit que tu es en train de réaliser. Tu as toujours le courage de persévérer et de ne jamais renoncer. Mais hier à la fête tu nous a manqué.

    Je t’embrasse et à bientôt
    Zita

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