ÉTAPE 63

Suntrip 2018, étape 63, journée sauvée par la transgression des règles

Vendredi 31 août, Wuwei, temps très nuageux, crachin, jamais de soleil

Bilan vélo: 141 km

Reste 27 jours pour finir en 100 jours

Ce matin, le propriétaire de cet endroit minable frappe à 6h1/2 du matin à ma porte et me demande de quitter les lieux. Je suis surprise, je n’ai jamais vécu cela. Comme il y a du monde derrière lui, je regarde et voit 3 chauffeurs de camion qui visiblement attendent la chambre pour dormir. 

Je n’avais pas compris que j’étais tombé chez un marchand de sommeil. Je comprends mieux l’état très sale de ce lieu. Visiblement pour ces gens là, on ne fait pas d’effort, la poubelle peut rester pleine , la chambre non nettoyée, les draps non changés. Je finis vite ma newsletter pour l’envoyer et je fuis ce lieu de marchand de sommeil. Pauvre chauffeurs.
Juste avant de partir, malheureusement je me vide encore. Plus de 10 jours que cela traîne. Je prends pour la dernière fois un imodium et après je prendrais un antibiotique: ercéfluryl. Mais on doit prendre ce médicament 3 jours de suite et les doses sont fortes, donc physiquement cela va encore augmenté la fatigue d’autant plus que les antibiotiques me mettent toujours à plat. Je n’aurais jamais cru être ennuyée comme cela par des diarrhées qui durent.

Je pars donc à jeun. Et je m’en vais prendre cette route G32 qui est complètement défoncée. Je fais 3 km et c’est vraiment odieux, il faut zigzaguer tout le temps, éviter la chute à tout moment, vivre dans la crainte de casser du matériel. J’en ai plus qu’assez de cela. Je suis dépassée par une camionnette vide et je lui demande, avec mon traducteur, s’il peut m’emmener à Wuwei moyennant finance. Et sa réponse me glace « Sûrement pas la route est bien trop mauvaise », il part et je me mets à pleurer, j’en ai marre de ces conditions de vélo déplorables. Ce n’est plus un trip mais un parcours du combattant. Au bout de 5 mn, je me reprends et je me demande pourquoi je pleure et la première idée qui me vient à l’esprit; je pleure de rage d’être obligée de faire un très mauvaise route alors qu’à 100 m il y a une superbe route 4 voies. Aussi sec, je fais demi-jour en me disant que je vais essayer d’y pénétrer en suivant les conseils de Thierry, me cacher derrière un camion. Je reviens à la bifurcation de la 4 voies et j’attends. Tout d’un coup, 2 camions qui se suivent, arrivent. Immédiatement, je me colle au 2é camion, dans son angle mort, en faisant très attention et j’avance à sa vitesse. Arrivée à la barrière, je décroche, j’ai mis la puissance au maximum et je démarre comme une folle en passant à côté de la barrière et je pédale et je pédale. J’entends des hurlements derrière moi et je me dis qu’ils vont appelés la police (ceux qui sont à l’entrée sont des gardes barrières en uniforme mais ce n’est pas la police). Je roule bien en regardant derrière moi tout le temps, mais rien, je finis par m’apaiser. La route est excellente mais beaucoup ont crevés en roulant sur le bas côté. Je ne veux pas crever alors, je m’installe à droite de la file de droite car il n’y a pas beaucoup de circulation. Et je roule bien tranquille, j’ai sauvée ma journée
Au bout de 40 km, je me sens vraiment fatiguée. Je sors de mon sac un quignon de pain (ce n’est sûrement pas recommandé) et je prends le pot de miel qui m’a été offerte au cours de mon 2é arrêt dans une famille chinoise. Anick Marie m’avait suggéré d’en acheter pour me donner un peu d’énergie. Je mange donc ce bout de pain avec une grosse couche de miel et cela va mieux au niveau énergie, je peux repartir.
Au 70é km, il y a une aire d’autoroute avec un restaurant, je m’arrête pour voir ce qu’ils proposent à manger. Il y a du riz blanc et des pilons de poulet. Je prends cela et je repars. Maintenant j’ai le ventre plein, est-ce que cela va me rendre malade à nouveau ?
Je poursuis cette belle route sur 110 km (elle est juste oppressante un peu car il y a des barrières des 2 côtés et on ne peut pas s’y échapper), puis je dois sortir pour trouver un lieu pour dormir.

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Malheureusement, les barrières de sortie ne laissent pas assez d’espace pour sortir. Je ne peux pas sortir et immédiatement 5 personnes se précipitent sur moi en criant. Je descends de vélo et je fais passer Petit Prince sous la barrière mais c’est compliqué avec la remorque et le vélo tombe. ILs refusent de lever la barrière alors j’ai du mal à relever Petit Prince. Eux me regardent en me criant dessus sans m’aider. Je paye mon audace. Je finis par extraire de cette barrière Petit Prince et je repars comme si de rien n’était. Là encore, ils n’ont pas appelés la police. Je roule maintenant sur la G312 qui ici est en excellent état. Je la reprendrais donc demain, en espérant que l’excellent état se maintiendra. Par contre, elle se trouve à 10 m du sol et du coup, je ne peux pas aller vers les maisons et cela sera malheureusement comme cela jusqu’à Wuwei, il me faudra donc trouver un hôtel.

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Je m’adresse à une jeune fille en tenue d’uniforme qui tient un stand près de la route, elle est devant son école et me dit qu’ils vont pouvoir m’héberger. Plusieurs étudiants viennent, tout le mode s’occupe de moi. Petit Prince est mis en charge et on va tous dîner au restaurant qu’ils m’offrent mais au retour, c’est la consternation car l’école refuse que je couche là. Il est 21h et je suis dans la mise. L’étudiante me dit qu’elle va appeler un ami qui va m’aider et l’ami est la police ! Celle-ci me dit qu’elle va m’emmener jusqu’à un hôtel et que je dois les suivre, mais ils roulent très vite, c’est la nuit et ils me sèment. Je trouve refuge dans un restaurant en demandant qu’on appelle à nouveau la police, ce qu’ils font. Sauf que je vois arriver quelqu’un sans uniforme. Ils ont appelé la sécurité intérieure. Je demande à voir sa carte de police ce qui provoque un sourire. Il m’emmène à pied à un hôtel, négocie le prix pour moi et demande à ce que Petit Prince soit branché sur une prise électrique. Et tout le monde s’exécute. Comme il est très gentil et hyper efficace, je lui demande s’il a une idée de l’endroit où je peux trouver un manche à balai, ma béquille en bois ayant cassée à nouveau dans l’école sous le poids du vélo. Il me prend la béquille des mains, part avec et me dit qu’il vient demain matin à 9 h me chercher pour régler le problème. J’avoue que je suis sidérée par la tournure des événements et je vais me coucher.

3 réflexions sur « ÉTAPE 63 »

  1. Rien ne peut te résister, tu es vraiment notre championne de la débrouille!!Effectivement ton audace a été payante, ceux qui veulent te courir après vont s’ essoufler.
    Dommage que le riz ne suffise pas à calmer tes problèmes intestinaux, souhaitons que tu arrives à te soigner avec les antibiotiques.
    Bon courage Corinne, bises.

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