ÉTAPE 62

Suntrip 2018, étape 62, une journée galère

Jeudi 30 août, Erbengzhan, journée de pluie

Bilan vélo:77 km

Au réveil, le propriétaire de cette salle de réception a continué à s’occuper de moi comme si j’étais sa fille, c’est gentil comme tout


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Pour le petit déjeuner, comme elle avait compris, avec ma demande de plats la veille, que j’avais des problèmes d’intestin, elle m’a servi du riz sucré. Drôle de petit déjeuner mais sûrement bien pour ma santé. Heureusement que cela était servi avec un bon thé.
J’ai enfourché Petit Prince et nous voilà partis. Le ciel est très menaçant et une demi heure après je dois enfiler la combinaison de pluie. Il ne fait pas spécialement chaud non plus. Et nous voilà entrain de rouler sous la pluie. Heureusement la route est bonne et les camions avec mon écarteur drapeau sur ma remorque me double à distance à peu près correct.
Au 32é km, il y a une entrée sur la voie rapide G30, la belle route qui va à Lanzou. Je m’y présente et à nouveau je me fais refouler. Il faut avoir un moteur pour rentrer. A ce moment là, je vois passer une veille mobylette toute poussive qu’ils laissent rentrer mais moi pas. C’est une route neuve en excellent état avec une large bande d’urgence sur laquelle on peut rouler. Tous les garçons ont pu rentrer dessus mais nous les femmes, on se fait refouler. Il faut dire que j’ai demandé aux garçons comment ils étaient rentrés;
« Je passe sous les barrières. Mon trike est très bas et passe dessous ».
« Passe si vite que possible à côté d’un camion »
« Il y a pas toujours des policiers. Donc va à une autre entrée. Le personnel du péage va crier. Moi je ne les écoute plus ».
« Le meilleur moyen d’être sur l’autoroute est de ne jamais le quitter, une fois qu’on en sort très compliqué de recentrer »
« Il faut se caler tranquillement dans l’angle mort d’un camion à droite et filouter le passage barrière, si le personnel de la grille commence à crier, tu continues d’avancer comme si de rien n’était. »
Et bien, je ne suis pas douée, je ne peux passer sous la barrière, je n’ai pas de trike et toutes les zones où je me suis présentées sont très découvertes alors j’aurais du mal à me cracher derrière un camion.
En tout cas, à ce péage, j’ai tellement insisté qu’ils m’ont confisqué mon vélo.


J’ai tellement protesté qu’ils ont fini par me le rendre. Ils m’ont indiqué une route à prendre que j’ai docilement suivi et qui s’est transformé au bout de 5 km en piste suivant l’autoroute (à 10m)

Quelle honte de faire cela, avec des vélos comme on a. J’ai du faire 20km là dessus. On espère toujours que la route va reprendre alors on continue à avancer. Je suis tombée 2 fois mais comme je roulais doucement, sans aucune conséquence, et à chaque fois dans des plaques de sable. Petit Prince ne sait pas du tout rouler dans le sable, c’est la seule chose que je lui vois incapable de faire. Au bout d’un moment, comme je ne m’en sortais pas, j’ai regardé sur le GPS et j’ai vu que je pouvais essayer de rattraper la G312 qui étais sur ma droite à 3km. J’ai réussi à trouver un chemin sur ma droite et j’ai enfin retrouvé le macadam. La pluie a recommencé à tomber fort et ce n’est pas marrant de rouler comme cela et bien sûr au bout d’un moment on est trempé. J’ai roulé un certain temps sur cette route et soudain, elle s’est totalement dégradée quand elle s’est approchée de la route à grande vitesse. Là c’est devenu l’enfer car très gros trous, route vraiment dévastée et en plus de gros camions et là cela devient dangereux. Pourquoi, parce que je zig zag comme une folle pour éviter les trous et eux aussi (je pense que ces camions sont là parce qu’ils sont interdits de voie rapide). Plusieurs fois, j’ai eu peu de tomber alors qu’ils étaient tout près de moi. C’est vraiment une honte absolue de m’obliger à emprunter une route comme cela à côté d’une bonne route. J’avoue que j’ai la trouille. Et j’ai d’après le GPS 404 km à faire. Je ne sais pas comment me sortir de ce merdier car sur cette route, il n’y a que des énormes camions donc impossible de mettre le vélo dedans (les camionnettes sont bien sûr sur la route rapide) et évidemment pas de train. Je n’aurais jamais du descendre du train où je suis descendue, j’aurais du le quitter à Lanzhou. Mais les regrets ne servent à rien. Je vais essayer d’atteindre Wuwei qui est à 138 km mais si je roule à 11km/h comme hier, je ne suis pas arrivée.
Hier soir après m’être fait refouler au péage, écœurée je me suis arrêtée au village attenant ce poste. Je n’ai trouvé qu’un endroit minable (le plus minable depuis le début du voyage), c’est bon pour le moral. Dans la chambre misérable que j’ai eu, j’ai installé mon sac de couchage et mon sac de soie pour créer une petite illusion de chez soi. Mais hors de question de manger dans un endroit pareil. J’ai fini par trouver le restaurant du village qui lui avait une cuisine propre où j’ai pu manger des spaghettis. Puis je suis revenue me coucher et j’ai pris un somnifère car à l’idée d’avoir une insomnie dans un endroit pareil, j’en étais malade.
Ce matin le ciel est tout gris et ce n’est vraiment pas encourageant.
Bonne journée à vous

2 réflexions sur « ÉTAPE 62 »

  1. Hallo Corinne, ich wünsche dir auch einen schönen Tag und vor allem einen guten Tag mit wenig Regen und einem guten Vorankommen. Liebe Grüße Heidi

  2. Bravo Corinne pour ton incroyable capacité à communiquer en toutes situations et à susciter l aide ou l’accueil qui t’est donné. Pas une journee de repos, chaque jour un nouvel environnement à gérer et des solutions à trouver, je suis absolument admiratif de ces exploits quotidiens.
    Courage, nous pensons bien à toi et te lisons avec attention, merci pour le temps que tu passes à nous faire partager ce voyage extrordinaire.
    Bises

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