ÉTAPE 58-1

Suntrip 2018, étape 58-1, à la recherche d’un moyen de transport pour traverser cette région fermée par rapport à l’extérieur

Dimanche 26 août, Yining- Jiayuguan.

Bilan vélo : 0 km

Je passe une bonne nuit (la chambre est une très belle chambre climatisée) et descend prendre le petit déjeuner. Ce qui est proposé est un véritable repas et ce n’est pas évident pour moi à 8 h du matin et surtout, ils n’offrent  pratiquement aucune boisson. C’est curieux et je dois commander un thé car ils n’en proposent pas.


Puis je pars, sous l’œil du Dr, du cuisinier, des gardes. C’est vraiment amusant car on voit qu’ils se demandent comment tout cela marche.

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Et j’arrive à la gare. Là commence un parcours du combattant. Tout d’abord, je me fais refouler car j’ai utilisé une entrée de taxis. Je sens que cela va être compliqué, alors je prends une autre entrée, pose le vélo et je m’adresse à une employé. La veille, on m’avait indiqué où je devais aller avec mon vélo mais c’est à un étage et il n’y a que des escaliers dans la gare, donc je ne peux pas monter. On m’explique qu’il y a une rampe d’accès que je n’avais pas vu et donc je m’y rends. Mais évidemment il y a une grille qui en barre l’accès et je ne peux pas la prendre. Mais la chance se présente: 2 camions de militaires avec des soldats se présentent et ils ont des papiers pour rentrer. Un responsable de la gare vient, ouvre le portail et veut le refermer devant moi. Mais j’insiste pour passer, il refuse. J’explique gentiment que j’ai besoin de passer là pour aller déposer mon vélo pour le faire transporter, mais je me heurte à un refus. Je sens confusément que si je perds ce combat, je vais avoir du mal à passer et transporter mon vélo. Alors, je m’acharne, c’est une femme et elle s’énerve. Je sais que c’est une marque de faiblesse en Chine, alors je continue gentiment à dire que je dois passer. Elle veut fermer la porte de force mais je la bloque avec mon vélo. Je sens que ma résistance est inhabituelle (je me demande si j’étais chinoise, si elle n’aurait pas appelé la police !…). Là, elle est dépassée et appelle une responsable et à nouveau, je tombe sur la bonne personne qui prend immédiatement mon problème en main. Elle me fait rentrer (le portail se refermera derrière moi), m’accompagne pour la prise en charge de mon vélo (je désatelle à nouveau la remorque). Puis elle va avec moi pour prendre un ticket pour moi et m’évitera de faire une heure de queue. Puis je reviens vers Petit Prince qui m’attend sagement. La remorque et les sacoches sont posées sur une balance, visiblement, je vais payer au poids le transport. En tout, pour mon vélo et moi, le voyage me coûtera 94 € soit un prix ridicule par rapport à un transport en camion sur une aussi longue distance.

Le voyage dure 19h (départ 13h, arrivée le lendemain à 9h) et comme je m’y suis prise au dernier moment, il ne reste plus que des places debout. Tant pis pour moi, l’important est de partir. Je réalise alors que si le train part à 12h30, je vais arriver à plus de minuit dans une ville inconnue. Et bien, il faudra que j’avise à ce moment là.

Je prends donc le train (en espérant que Petit Prince en fait autant) et dans mon wagon, je trouve une place assise. On m’en chassera 2h après mais le jeune homme à côté de moi me laissera immédiatement sa place. Et cela durera comme cela toute la nuit. Le wagon est archi bondé, l’allée est pleine de gens debout. Je changerais de siège 10 fois dans la nuit et je resterais debout 2h. Et tout cela dans un bruit infernal car les chinois parlent très fort. Et puis, il y a les enfants, les uniques qui sont considérés comme des rois. Ils ont tous les droits. Et je vais en avoir de beaux exemples. Ils sautent sur les sièges, tapent sur leurs voisins, font des caprices à tout bout de champ. Et visiblement tout cela est normal, personne ne dit rien, surtout pas leurs parents. Il est interdit de fumer dans le wagon mais tout le monde va fumer dans l’espace entre les wagons et comme le monde présent empêche de fermer les portes, la fumée est présente dans le wagon. Quelque chose d’amusant à observer est le fait que les chinois mangent tout le temps. Ils ont des grands sacs plastiques dans lequel il y a soit de la nourriture faite maison, soit des sacs de nourriture déshydratée. A l’entrée du wagon, il y a un petit distributeur d’eau chaude avec un robinet un peu haut. Ils sortent leurs gamelles, versent leur sac déshydraté et vont remplir la gamelle d’eau chaude et cela durera tout le voyage. L’eau du robinet n’est pas potable en Chine à cause de l’état de pollution de cet État. Alors, ils ne servent dans les restaurants que de l’eau bouillante, à vous d’attendre que l’eau refroidisse. Cela fait un drôle d’effet quand vous demandez de l’eau, que l’on vous amène un verre d’eau bouillante. Le fait de chauffer de l’eau n’a jamais détruit la pollution chimique !…
Je passe donc une mauvaise nuit à me trimballer d’un siège à l’autre, je vais être fraîche pour pédaler. Le matin arrive, j’attends avec impatience l’arrivée. Pourvu que mon vélo soit bien là et qu’il n’ait pas été abîmé.

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