ÉTAPE 58

Suntrip 2018, étape 58, en route vers la Chine,

Samedi 25 août, passage de le frontière chinoise

Bilan vélo 72 km

J’ai été très bien accueillie par cette famille de paysans et je dois dire que tous les accueils des fermiers Kazakhs ont été très chaleureux. J’ai eu droit à un bon petit déjeuner mais je suis toujours très méfiante avec la nourriture car je sens bien que mes intestins sont convalescents !

Par contre, là je n’ai pas pu me laver car il n’y avait qu’un lavabo et situé dans le couloir de passage de la maison. Donc je ne me suis pas permise de l’utiliser. C’est la première fois que dans une maison, je ne peux pas me laver, mais comme j’ai des lingettes, je pourrais me débarbouiller.

Je repars à vélo et là en direction de la Chine. J’avoue que j’appréhende un peu car je ne connais rien de ce pays immense et comme souvent, avant d’arriver dans un pays nouveau, je me demande ce qu’il faut faire pour que cela se passe bien. Et là encore, l’obstacle de la langue est vraiment dommage car cela freine les échanges.

Je roule sur l’autoroute pendant 45 km. Soudain le GPS me dit de quitter l’autoroute, alors que je vois une pancarte indiquant Khorgos, tout droit. Alors je désobéis au GPS et je continue mais je suis étonnée car il n’y a vraiment personne sur cette route. 5 km plus loin, je suis doublée par une camionnette qui s’arrête au milieu de la route en mettant le warning. 2 hommes en descendent, me font arrêter. Ils m’expliquent qu’il faut que je fasse demi-jour car la route n’est pas finie donc elle ne va pas jusqu’à Khorgos. On se demande alors pourquoi, ils ont mis les pancartes. Je fais demi-tour et je prends l’autoroute à contre-sens (les barrières m’empêchent de passer de l’autre côté), je fais très attention mais je ne croiserais aucun véhicule. Tout le monde doit savoir que cette autoroute ne mêne à rien. Je reprends donc la bifurcation que m’avait indiqué le GPS et là je tombe sur 30 km de mauvaise route avec trous. Je reconnais que depuis ma dernière chute violente, j’appréhende un peu les chutes et la casse matériel car je ne voudrais pas casser quelque chose maintenant que j’ai quitté Almaty qui était le dernier endroit où je pouvais rapatrier mon vélo avant Canton.

Je fais donc ces 30 km doucement, en moyenne à 13 km/h. J’ai toujours aussi un peu peur de semer ma roue de remorque sur ce genre de route car cela m’est déjà arrivé 3 fois.

Et je finis par arriver aux frontières, le passage de la frontière du Kazakhstan se fait très rapidement, puis arrive la frontière chinoise et là tout change. Je dois montrer mon passeport plein de fois, quelque fois à 10m d’intervalles. Puis je prends le chemin qui m’est indiqué et là je me trompe de passage. Un policier me hurle dessus, on croirait que je suis délinquante. C’est vraiment agréable. Tout d’abord, on veut faire passer mon vélo dans un tunnel de désinfection. Et là je refuse fermement. Je ne vais pas rouler sur un vélo imbibé de produits chimiques. Finalement ils cédent. Puis je dois rentrer dans un grand bâtiment pour contrôle du passeport et des bagages. Comme le passeport est biométrique, j’ai droit à tous les contrôles. Ils sont 4 pour s’occuper de moi. Puis vient le passage de Petit Prince. Les sacoches sont défaites et passées au tunnel de contrôle. Puis un policier veut me faire défaire toute mon installation électrique et surtout les batteries. Je refuse obstinément car je sais que Guillaume a eu beaucoup de mal à tout caser correctement. Cela tient parfaitement et je ne veux pas que l’on vienne défaire tout cela. Le douanier insiste et moi je persiste à refuser. Cela dure 1/4 d’h puis il cesse de demander. Ouf, on n’a pas touché aux batteries électriques et surtout à leur installation. Par contre, de façon très curieuse, ils ne s’intéresseront pas du tout à la remorque, c’est curieux. Enfin, cela est fini et je sors.

Je fais 5 km de route entre des grillages et des fils barbelés. C’est très accueillant . Sur tout les poteaux de gauche, il y a une caméra, ce qui fait un nombre de caméras incroyable.

Deux priorités, trouver de l’argent liquide et une carte SIM. Les banques sont fermés maintenant, donc il faut que je trouve un change parallèle. Visiblement complice avec un policier, un homme s’approche et me propose de changer de la monnaie du Kazakhstan en yuans. Cela tombe bien car il m’en reste beaucoup. Méfiante, avant d’arrivée à la frontière, j’ai actualisé mon application de devises, donc je l’ouvre immédiatement. Cet homme me propose un taux de 50%, je lui montre l’application, il fait la gueule et finalement je changerais au taux de 85%, je ne peux pas obtenir plus mais comme je n’avais plus l’usage de cette monnaie, cela m’arrange bien. Puis je cherche une carte SIM, je trouve un magasin, la carte SIM est installée et je m’aperçois que je n’ai aucun réseau, donc je refuserais de la prendre mais la conséquence, c’est que je suis sans téléphone.

Puis je me dirige vers la gare. En effet, tactiquement, je préfère jouer le train que le camion car je démarre dans ce pays et je ne suis pas sûre de trouver un camion. Et j’ai comme info, que 2 concurrents qui ont cassé leur tandem trike ont réussi à prendre le train, donc je vais tenter.
Lorsque j’arrive à la gare, j’ai en tête la recommandation que m’a faite le propriétaire de transport à Almaty qui rapatrie nos vélos.: « en Chine, pour vous en sortir, il faut identifier la bonne personne, celle qui va pouvoir vous aider. N’hésitez pas à passer du temps à l’identifier ».

Je m’adresse donc à une première personne salarié de leur SNCF et là tout est compliqué, la barrière de la langue étant terrible. Mais je comprends qu’en aucun cas ils ne chargeront mon vélo ici. Et plusieurs salariés défilent et mon problème à résoudre n’avance pas. Des voyageurs viennent aider (tout est relatif …), petit attroupement mais toujours pas de solution en vue. J’ai toujours dans ma tête « il faut que j’identifie la bonne personne ». Un femme arrive, visiblement à un poste élevé de la hiérarchie de leur SNCF et commence à discuter avec moi, via Google traduction. Et là je me dis que j’ai trouvé « la bonne personne ». Je lui explique tout mon problème qu’elle comprend très bien. Je lui montre sur la carte, l’endroit où je veux aller (ville que m’a indiqué Florian). Elle m’explique que dans cette gare, on ne peut pas charger mon vélo mais qu’à Yining, ville distante de 90 km, on pourra le faire. Et là se pose le problème de comment y aller car je ne veux pas rouler dans cette région (j’ai déjà eu 2 contrôles de police en 5 km). Et bien, elle se chargera de trouver une camionnette pour m’emmener et elle négociera le prix pour moi. En tout, elle m’aura accordé 2h de son temps et fait émerger la bonne solution. Bravo à elle.

IMG_1231IMG_1232

Je pars donc en camionnette (cela me coûte 44 €) et lorsqu’on arrive à la gare, c’est trop tard. Je n’avais pas réalisé qu’en passant la frontière, l’heure avait avancé de 2h. Je descend donc dans un hôtel en face de la gare. Et là, je peux marchander le prix de la chambre (44 € dîner et petit déjeuner compris) et heureusement car c’est un hôtel international d’excellent niveau. Par contre, personne ne parle anglais et cela me sidère. Le vélo est laissé, démonté en 2 parties dehors sous la surveillance d’un garde. Et je vais me coucher après une bonne douche. Demain, il me faudra résoudre mon problème de transport mais j’espère que je suis au bon endroit pour le faire.

Une réflexion sur « ÉTAPE 58 »

  1. Tu dis bravo à cette dame de la SNCF, mais bravo à toi aussi Corinne.Une fois de plus tu as su trouver les bonnes personnes pour te sauver d’un truc encore bien compliqué!
    Bon voyage à toi et Petitprince.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.