ÉTAPE 56

Suntrip 2018, étape 56,  Je suis repartie

Jeudi 23 août, Wenek

Bilan vélo : 125 km

Ce matin, il faut que je récupère mon vélo chez le transporteur et que je le fasse réviser avant de partir pour la Chine. Le responsable du stockage n’arrive qu’à 9h1/2, alors je suis obligée d’attendre.

Je suis venue avec mon 2ème bâton car en effet j’ai cassé ma béquille « manche à balais » qui marchait si bien. Et à cause d’un problème auquel, je n’avais pas pensé. Quand je suis arrivée à Almaty, il avait plu des cordes sur la route et le bâton s’était mouillée. Quand je suis arrivée à Almaty, j’ai posé le vélo sur sa béquille comme d’habitude. Mais quand j’ai voulu l’emmener chez le transporteur, le bois avait gonflé dans le tube du support et impossible de l’enlever. J’ai insisté car je ne pouvais pas partir et évidemment, il a cassé et m’est resté dans les mains. A côté de l’hôtel, il y avait une petite scierie donc ils m’ont refait une béquille.

Lorsque je peux récupérer mon vélo, l’entreprise de transport était au courant de mon problème et un employé est venu avec une petite hache. Il a sorti le bout cassé et retaillé à la bonne dimension, le nouveau bâton. Puis, il a pris l’ancienne béquille et il l’a retaillé aussi, si bien que maintenant, j’ai 2 béquilles « bâton » rangées derrière ma tête quand je roule. Il faudra juste que je couvre leurs têtes d’un plastique, s’il pleut pour que le bois ne gonfle pas (cela s’appelle l’apprentissage….).

Je me fais indiquer un réparateur de vélo et je pars sans la remorque vers le magasin. Cela me fait tout drôle de rouler sans remorque, au début, je zigzague un peu et il me faut trouver un nouvel équilibre.

Arrivé au magasin, je demande à ce que l’on vérifie les pneus et que l’on change la chaîne (j’aurais déjà du la changer il y a 1500 km alors c’est urgent de le faire. Ce sont des chaînes spécifiques très résistantes. Je les avais commandées à l’ami de François, Jean Marie, car ils venaient avec des pièces détachées pour tout le groupe. Lorsqu’il est arrivé, il m’a demandé de payer les 3 chaînes, ce que j’ai fait immédiatement. Lorsque je lui ai demandé où était ces 3 chaînes, j’ai vu que François les avaient récupérées et installées sur son vélo sans me demander la permission d’utiliser ce que je venais d’acheter. J’étais complètement surprise et j’ai demandé à Jean Marie où étaient les chaînes que je venais de payer. Il m’a répondu qu’ils les avaient laissées à Almaty. J’étais surprise qu’il ait amené 6 chaînes et qu’il en ai laissé 3 à Almaty mais enfin puisqu’il me disait cela, c’était vrai. Arrivée à Almaty, j’ai demandé à l’aubergiste où étaient les chaînes qui avaient été laissées à Almaty. Il m’a répondu qu’aucune chaîne n’avait été laissée à mon intention, vous imaginez ma surprise. J’ai alors fouillé dans la caisse de pièces détachées amenée par Guillaume et j’ai trouvé un sac en plastique au nom de François avec des chaînes. Étant la dernière à passer à Almaty, je me suis permise de les prendre.

C’est donc ce sachet de chaînes que je tends au réparateur de vélo pour changer ma chaîne. Il ouvre le paquet et en sort 2 chaînes au lieu de 3. Je suis catastrophée car cela veut dire que je ne peux pas changer de chaîne. je demande un diagnostic de ma chaîne et il m’est répondu qu’elle ne tiendra sûrement pas jusqu’à Canton, ce dont je me doutais.
Je suis très en colère par cette façon de faire. J’ai payé 3 chaînes pour mon vélo, chaînes qui ont été récupérées par François sans mon accord et installées sur son vélo. Il ne m’a même pas dit qu’il en avait commandé à Guillaume et de plus, il savait bien qu’il en avait commandé 2 et pas 3. Donc je vais avoir un problème de chaîne, alors que j’avais anticipé par cet achat pour ne pas avoir ce problème. J’imagine ce qui se serait passé si je m’étais permise de me comporter comme cela, c’est à dire de récupérer des pièces détachées qui n’étaient pas à moi et que quelqu’un d’autre avait payées.

Je dois vraiment avoir une tête d’imbécile pour que l’on se comporte comme cela avec moi. Et là encore ma naïveté est sidérante car cela ne m’était même pas venu à l’idée que dans un trip aussi difficile, on puisse faire quelque chose comme cela. J’avoue que je suis triste et désabusée par cette situation. Je demande donc au réparateur juste de nettoyer et graisser la chaîne. Ce n’est pas cela qui va la faire tenir. Et quand elle va casser, je ne sais pas ce que je vais faire. Je pourrais m’en faire expédier une autre  mais encore des frais et où, je n’en ai aucune idée. Pourtant il faut que je trouve une solution mais j’avoue que pour le moment je ne sais pas quoi faire.

Je rentre donc chez l’entreprise de logistique, je réinstalle ma remorque et je pars. Il est 13h30. La frontière chinoise est à 330 km. Je vais essayé de rouler au maximum aujourd’hui, faire une grosse étape demain pour pouvoir passer la frontière chinoise, le 25 août au matin.

J’arriverais à faire 125 km dans l’après midi, je suis contente car c’est ce que j’espérais faire. La route est bonne c’est une quatre voies, mais elle n’a aucun café, bar le long de la route. 125 km, il y a une petite ville Wenek. Je m’arrête et me met en chasse pour trouver une maison. Je vois un portail semi-ouvert, alors je m’avance et je demande à une jeune fille qui s’avance si je peux dormir. Elle me répond en anglais que son père est dehors (il y a effectivement 2 hommes entrain de discuter un peu plus loin) et qu’il faut qu’elle lui demande la permission. L’homme refuse. Dans ces cas très rares de refus, j’essaie toujours de comprendre pourquoi. Alors je m’avance vers lui accompagnée de la jeune fille et celle-ci se met à discuter avec son père et le non se transforme en oui. Et donc, c’est là que je dormirais. La jeune fille me préparera le repas et s’occupera très gentiment de moi toute la soirée. C’est vraiment gentil.

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