ÉTAPE 54

Suntrip 2018, étape 54, très petite forme

Lundi 20 août, à 177 km d’Almaty

Bilan vélo : 120 km

Je n’ai fait pratiquement que la moitié de la distance d’hier. Cette journée a été caractérisée par une absence de forme due à ces diarrhées à répétition. En 8 jours, c’est la troisième fois et cela commence à laisser des traces sévères.

Tout d’abord, ayant très peu rechargé mes batteries, je pars à l’économie pour avancer mais comme je n’ai pas de jambes, c’est difficile. Tant que le terrain est plat, j’avance doucement mais dès qu’il y a une montée, je suis en perdition car je n’ai pas de force, donc je suis obligée de mettre de la puissance alors que j’ai très peu de réserves. Toute la matinée, je roulerais comme cela, le moins que l’on puisse dire, c’est que le cœur n’y est pas. À 13h, j’ai fait 80 km bien difficilement. Je souffre de la chaleur et j’ai déjà fait une crise de suée, la première depuis le début du voyage. Je n’aime pas cela du tout. Je décide de m’arrêter dans un restaurant et de mettre mes batteries à recharger. Je m’arrêterais 2h mais comme mes batteries avaient un niveau très bas, en 2h elles ne seront pas totalement rechargées.

Évidemment, je n’arrive pas à commander du riz, alors je prendrais des spaghettis. Lorsque le plat arrive, le dessus est recouvert d’oignons grillés. Les kazakhs adorent les oignons, ils en mettent systématiquement dans tous les plats. Je commence donc par trier et enlever tous les oignons à la grande stupéfaction de la serveuse. Puis je mange, ou plutôt je me force à manger car je n’ai pas faim du tout mais depuis une semaine je fais des efforts physiques en étant sous alimentée. Là il n’y a pas les petites estrades comme table pour déjeuner de l’Ouzbékistan qui permettent de s’allonger pour se reposer et cela me manque car c’était très agréable pour faire une sieste ou essayer d’en faire une.

Je repars, mais là, c’est vélo corvée. Il me faut avancer, j’aimerais être à Almaty demain soir mais au rythme où je vais aujourd’hui, c’est mal parti pour y arriver. De plus le terrain commence à monter sérieusement et j’ai du mal. Pour y arriver, il me faut mettre la puissance au maximum pratiquement, ce qui vide les batteries à la vitesse grand V. Mais je m’acharne. Je souffre pour la première fois réellement de la chaleur et je me mets à transpirer beaucoup malgré le « Buff » mouillé très fréquemment et qui à ces températures, séche en un quart d’heure alors que quand je le mouille, je ne l’essore même pas. Ça en dit long sur la chaleur qu’il fait. A partir du 110 km, je me sens épuisée et je me dis qu’il n’est pas raisonnable de continuer bien longtemps, mais je suis dans la steppe et il n’y a rien du tout. Au 120 é km, je vois sur la droite une ferme et immédiatement je m’arrête. J’aperçois 2 hommes entrain de réparer un camion et je m’adresse à eux. Le plus âgé s’avance vers moi et je lui fais signe avec les mains que j’aimerais dormir (il est 18h). Immédiatement, il me fait signe de rentrer. Depuis le début du voyage, ce sont les kazaks qui ont l’hospitalité la plus rapide car elle est immédiate. Je suis soulagée de savoir que je vais pouvoir me reposer dans une maison, vu mon absence de forme.

Cette ferme a l’électricité donc je vais tout de suite mettre en charge Petit Prince pour le lendemain. Je démarrerai au moins les batteries pleines même si je les vide très rapidement.

Puis je vais me laver. Ici pas de douche mais une baignoire d’où s’échappe un tuyau qui rempli une bassine située dans une petite maison attenante à la baignoire.

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Cela permet de très bien se laver mais c’est moins astucieux qu’hier. Je suis tombée dans une famille de 5 enfants, 4 grands et un petit dernier. Tout ce petite monde travaille et l’ambiance est très sympathique. Une des filles est enceinte. Par contre une des filles fait la gueule tout le temps et ne m’adresse pas la parole contrairement aux 2 autres qui sont très cordiales même si on ne se comprends pas en parole. Ils n’ont pas de réseau internet ni de TV. Ils sont vraiment très isolés pour l’époque (comme dans nos campagnes autrefois).

Je les regarde préparer le repas. La jeune femme enceinte prépare de quoi faire des beignets (non sucrés)

tandis que sa mère les fait cuire dans une grande poêle située dans  un trou au dessus d’un four alimenté par du bois

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Ils veulent absolument que j’en mange mais moi, je ne sais plus quoi manger, pourtant il faut que je mange un peu. Je finirais par manger 4 beignets. Puis ils se mettent à table.

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Il y a au menu, la fameuse salade tomate / concombre avec des légumes magnifiques venant du jardin. Et là encore , je dois refuser mais c’est plus simple car j’ai réussi à faire comprendre que j’ai des problèmes intestinaux. Par contre je boirais au moins un litre de thé et je prendrais 2 petites tartines de pain mais tout cela ne me nourrit pas réellement. Il est 21h et je demande si je peux aller me coucher. Ils me donneront la chambre du petit dernier et je m’effondre sur le lit. Je m’endormirais très vite mais je ne réveillerais plusieurs fois dans la nuit car j’ai mal au ventre. mais à chaque fois je finirais par me rendormir. Je me réveillerais à 6h et je vais m’installer dans la cuisine pour vous écrire. Un quart d’heure après toute la maisonnée se lève. Je les vois mettre des anoraks pour sortir donc il doit faire frais. Cela fait longtemps que je n’ai pas enfilé un pull. Par contre, je suis étonnée, ils partent travailler sans prendre de petit déjeuner. Ils doivent revenir le prendre plus tard et en effet, les reviennent une heure plus tard pour le prendre. Et là j’aurais un petit déjeuner avec comme fond sonore un prêche d’un iman qu’ils ont mis très fort et qu’ils écoutent « religieusement ».

La veille au soir, j’avais trouvé le ciel menaçant et j’avais protégé Petit Prince avec sa housse. Ce matin le ciel est tout gris et il a plu cette nuit. Je sors les vêtements de pluie et une veste, puis je n’ai que le temps d’aller au WC pour me vider à nouveau. Je ne m’en sors pas et j’ai les jambes qui tremblent. Je vais prendre un autre imodium mais rouler dans le froid et la pluie est une perspective peu réjouissante. Je décide d’essayer et si je n’y arrive pas j’essayerais de trouver un camion pour aller à Almaty. A l’impossible nul n’est tenu !…

5 réflexions sur « ÉTAPE 54 »

  1. Corinne, achte bitte auf deine Gedundheit! Nicht essen können und jeden Tag so große Anstrengungen , das geht gar nicht. Bitte achte auf dich und ich wünsche dir baldige Besserung! Liebe Grüße aus Österreich Heidi

  2. Tu as raison Corinne! A l’impossible nul n’est tenu. Qu’est ce que tu as besoin d’une bonne chambre d’hôtel et d 3 nuits de repos ! Une vraie salle de bain! De l’intimité. Pourquoi pas?

  3. Bonjour Corinne, oui, la solution d’un camion jusqu’à Alamty pourrrait être la solution, pour te ménager un peu., et ce ne sera pas un souci pour toi de trouver LE camionneur qui saura t’avancer dans ton parcours.
    Ménage quand même ta santé ,car on sent bien que tu as du mal à retrouver ta forme physique, je crois que le bol de riz dont tu rêves tant t’attend en Chine…
    Merci pour les petites vidéos de préparation des beignets, c’est toujours aussi sympa de participer avec toi à la vie quotidienne de ces famille qui t’accueillent si humblement! Très jolie la baignoire!, j’aurais imaginé que tu allais y prendre ton bain!, finalement c’est juste un réservoir.
    Allez Corinne, soigne-toi bien, et à très vite pour ta prochaine étape.
    Je t’embrasse très fort

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