ETAPE 51

SUNTRIP 2018, Étape 51, du vent, encore du vent, toujours du vent

Vendredi 17 août, Turar Rysqulov

Bilan vélo : 120 km

J’ai pu bien dormir et je me réveille un peu reposée. L’Imodium a l’air de faire de l’effet car je ne me suis pas vidée ce matin. Mais je suis quand même en petite forme car faire autant d’effort à la chaleur, le ventre presque vide et sans beaucoup de jambes, ce n’est pas top.

Le matin, on traine car ils nous ont proposé un petit déjeuner mais cela tarde à venir, puis on finit par enfin l’avoir. Toujours ce même sentiment de gêne, la femme nous sert et ne s’assoit jamais à notre table. mais visiblement c’est la condition de la femme dans ce pays.

On finit par partir à 9h30. La sortie de la ville est laborieuse et la route n’est pas bonne et cela durera 30 km. J’ai vraiment eu ma dose de mauvaises routes ayant entraîné des chutes. J’aimerais que cela s’arrête. Depuis le départ, nous avons un fort vent de face et de plus, il y a du relief. Nous franchirons même un col en fin de journée.

Au 20é km, j’entends un bruit anormal sur la remorque. Je m’arrête et je m’aperçois que la barre de soutien gauche des panneaux à l’arrière pend. Je me dis que la soudure n’a pas tenue ou que c’est cassé à côté. Bonne nouvelle, c’est juste la vis de fixation qui est partie, le garagiste avait du mal la mettre, je réglerais le problème pendant la prochaine halte.

Je finis par rejoindre tout le monde près d’un restaurant. F & G ont bien entamé leurs batteries, comme moi, donc il est important de recharger car nous avons encore du relief qui nous attends. Mais quand tout le monde quittera le restaurant, tous les vélos auront les batteries pleines sauf le mien qui ne sera qu’à 51V (les autres à 54V), je sais déjà que cela me mettra en difficulté dans la journée. Didier dit qu’il a repéré un hôtel à 78 km, c’est donc ce qu’il me faudra faire

Pendant le repas Gilles répète qu’il ne s’amuse pas et qu’il souhaite s’arrêter à Almaty. Mais cela pose un problème car il est en tandem avec François et ce dernier ne souhaite pas arrêter. Jean Claude qui a déjà réfléchit au problème (car cela fait quelques jours que Gilles souhaite arrêter) propose de renvoyer son vélo d’Almaty et de remplacer Gilles sur le tandem. Mais le fonctionnement du tandem est bien particulier et il lui faut l’essayer. C’est sûr que cela serait une bonne solution pour François. J’ignore si cela va se faire. Mais du coup, cela débat de cette solution pendant tout le repas. Puis nous repartons.

Je suis tout de suite à nouveau seule bien que cela monte bien. Je ne risque pas de rivaliser avec eux et donc je suis à nouveau larguée. Il y’a vraiment plusieurs bonnes montées (et très peu de descentes) et avec le vent dans le nez, c’est vraiment difficile. Je monte à 9 km/h et la moitié de l’énergie dépensée sert à lutter contre le vent. le niveau de mes batteries fond comme neige au soleil. Je sais, du coup, que je n’ai pas assez de batteries pour faire les km me permettant d’être à l’hôtel ce soir et comme l’alternative c’est le bivouac le long de la route, je décide de m’arrêter à nouveau pour recharger les batteries. je m’arrêterais de 16 à 17h mais le rendement n’est pas le même qu’à midi. Puis je repars, toujours du vent et des montées. Par contre le paysage de montagne est beau, enfin on sort de la steppe où il y a très peu de choses à voir.

Le col à franchir est sur la fin. J’essaie d’économiser mes batteries mais je n’ai pas beaucoup de force donc c’est difficile d’alléger la puissance fournie. Et toujours ce maudit vent qui même le soir ne tombe pas.

J’ai téléphoné à François à 19h. Ils ont trouvé l’hôtel et ils sont installés. Entre le fait que je vais moins vite et que je me suis arrêtée 1h pour essayer de charger à nouveau, cela doit faire 1h1/2 qu’ils sont installés. A chaque fois, cela m’énerve car évidemment, c’est plus fatiguant pour moi, de fonctionner de cette manière mais je n’ai pas le choix.

Et les 20 derniers km, c’est l’enfer. Le vent redouble de violence, si bien que les camions lorsqu’ils me doublent me font faire des écarts importants et dangereux. Alors que je suis fatiguée, cela devient encore plus dur.

Le niveau des batteries diminuent encore et j’atteins des niveaux que je n’ai jamais atteints. Je me dis que je vais finir motorless en montant un col, ce qui veut dire que je ne vais pas réussir à atteindre l’hotel qui est juste avant le col. Je réduis encore la puissance, ce qui veut dire que je dois encore plus pousser sur les pédales. C’est dur mais je ne veux vraiment pas bivouaquer en bord de route. Alors je m’acharne à essayer d’y arriver. Il me reste une dizaine de km et cela monte toujours et il y a toujours ce maudit vent. Je grignote km par km en roulant à 9 km/h, le niveau des batteries est à 42,9V (je croyais que le moteur se coupait à 43V). Dans le village avant l’hôtel, je croise un troupeau de vaches sur la route.

Dieu que le temps parait long. j’attends à tout moment que le moteur se coupe alors que je sais que je suis près du but. Et soudain, je vois l’hôtel. J’ai réussi, je suis vraiment soulagée.

Je mets le vélo en charge et je prends une bonne douche glaciale. Pour le dîner, pour la première fois, je pourrais avoir du riz, donc je fais presque un repas normal, le premier depuis 3 jours, il était temps.

A 21h30, tout le monde est au lit car bien fatigué. Et pourtant, nous n’avons fait que 120 km mais de montées et dans le vent qui change complètement la donne.

J’ai dormi 7h donc enfin une bonne nuit. Je range mon vélo et je m’aperçois que le chargeur n’a pas chargé les batteries. L’hôtelier a du couper le courant et dès le matin (où mes batteries ont un problème de charge) , je suis dans la merde, c’est vraiment désagréable. Et F & G s’aperçoivent qu’une de leur batterie est fichue et qu’ils ne tournent plus que sur une batterie. Ils ont démonté la batterie qui ne fonctionnait pas mais ils n’ont pas le matériel pour tester, alors, ils ne savent pas ce qu’elle a. Déjà qu’ils ont du mal à monter (visiblement leur motorisation est sous dimensionnée par rapport à leur tandem trike) et en plus, maintenant, ils n’ont qu’une batterie opérationnelle sur les 2 (cela ne va pas remonter le moral de Gilles). Quant à moi, j’ai remis mes batteries en charge pour le petit déjeuner, mais comme j’étais descendu très bas, je vais avoir très peu de batteries au démarrage, donc dès le départ de la journée, je sais que cela va être galère. Encore une bonne perspective !….

Le ciel est voilé et je ne sais pas si je vais pouvoir recharger correctement au soleil donc par sécurité, je vais attendre 2 ou 3h de charge électrique. Et je vois une nouvelle fois tout le monde partir et là j’ai 3h de retard au départ. J’en ai assez de tout cela

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