ÉTAPE 42

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 42, nouvelle casse matériel

Samedi 4 août, Khiva

Bilan vélo: 140 km + 37 km camion

Avant de partir, j’ai la chance de prendre un très bon petit déjeuner en compagnie de Carlos et de 2 autres motards. L’un d’entre eux vient de Khiva, l’endroit où je souhaite aller. Il m’avertit que la route est très mauvaise sur plus de 100 km. Cela promet car soleil et route très mauvaise, ce n’est pas une perspective très encourageante.

Je démarre donc et les 56 premiers Km sont sur une route très agréable. En effet, il y a une route en construction parallèle à la grande route. Elle est inaccessible aux voitures mais possible pour un vélo. Elle n’est pas encore finie et de temps en temps je dois reprendre la route principale mais sur peu de distance, donc je roule bien. Je suis rattrapée par Jean Claude, qui je l’apprends, s’est retrouvé à l’hôtel de Cathy et Didier. Nous étions donc 4 dans un rayon de 200 m. Je roule avec lui pendant un moment et à sa vitesse. Je le suis sans problème, mais à une puissance de 300W ce que je ne peux jamais faire pour cause de décharge de batterie trop rapide. Il fait chaud et on trouve enfin un café, restaurant. Je m’y arrête car je dois recharger mes batteries (je les ai vidées

À moitié et Jean Claude qui a le double de panneaux solaires que moi, les a à peine entamées). J’ai tous les jours la preuve de mes mauvais choix !…

Jean Claude prend de quoi manger et repart tout de suite. Moi je m’installe car je sais que j’en ai pour 1h1/2 d’attente de recharge de batterie. Un couple de cyclotouristes arrive et il m’explique que eux, ils étaient dans le même hôtel que François et Gilles.

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Lorsque les batteries sont pleines, je repars et très vite, la steppe fait place à une route bordée d’arbre et  à des cultures, essentiellement de coton. Ce pays est le 6é producteur de coton au monde, le développement de cette culture ayant eu lieu sous l’ère soviétique.

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De temps en temps, on voit des scènes hallucinantes comme ces 2 personnes nettoyant un passage clouté au milieu de la route.

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Je retrouve un passage de pont métallique sur l’eau, toujours aussi casse gueule pour un vélo, un assemblage de plaques métalliques plus ou moins jointives sur des poutres en bois. Et tout cela fait un bruit dément au moindre passage d’une voiture.

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Et puis très vite la route se dégrade beaucoup et cela devient terrible pour un vélo car c’est vraiment plus que limite pour un vélo. Je suis hyper vigilante mais cela ne suffit pas. Je me fait surprendre par un trou profond et je sais immédiatement qu’il va y’a avoir de la casse. J’ai réussi à tenir Petit Prince mais je sais que le problème va être au niveau de la remorque. Et cela ne rate pas. L’arrêt est brutal car la roue de la remorque s’en va. Et je la vois passer à toute vitesse à ma droite, descendre le bas côté et rentrer dans des joncs. Je vérifie d’abord que l’attache roue de la remorque n’a pas cassée (elle est abîmée mais non cassée). Je descend de vélo. Il est au milieu de la route mais sans roue de remorque je suis incapable de le déplacer. Je me dirige vers le bas côté, mais un homme m’à précédé. Il venait en face de moi à vélo (ils roulent très souvent du côté opposé de la route), il a vu où était tombée la roue et il la ramasse. j’ai de la chance car j’aurais eu du mal à la trouver.

Rien n’est cassé (je ne comprends pas comment cela est possible) et je rattache la roue. Je repars mais 5 km après ma roue avant est crevée. Je suis sûre que c’est le choc dans le trou qui l’a crevée. Je m’arrête pour changer la roue et juste à ce moment là, Didier et Cathy me rejoignent. Cathy a crevé 2 fois depuis le matin et très gentiment, Didier s’occupe de ma crevaison (on voit qu’ils crèvent souvent car il a un sacré coup de main.) On repart tous ensemble mais eux avec les trikes, ils galèrent beaucoup plus que moi et du coup, j’avance. Mais l’état de la route est vraiment déplorable, je passe d’un trou à un autre, je suis secouée comme un prunier. Je finis par avoir mal aux mains et aux bras à force d’être cramponnée à ce guidon. Il n’y a vraiment aucun plaisir à faire du vélo dans ces conditions. Au 130è Km, je suis arrêtée par un bruit anormal de ma remorque. Je descends et je constate que un des bras de soutien des panneaux arrières a cassé

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Et je suis évidemment au milieu de nulle part car sinon ce n’est pas drôle. J’attache le bout de support qui pend et je reprends la route car je ne vois pas ce que je peux faire d’autre. Je fais 10 km comme cela. La remorque fait de plus en plus de bruit et soudain je m’arrête. Je me dis que je suis entrain de faire l’imbécile car je vais casser le support des panneaux solaires. Je suis à 37 km de Khiva et il me faut trouver à nouveau un camion pour transporter tout ce petit monde à Khiva. Je traversais une petite ville et je m’adresse à un homme sur un chantier. Il prend mon problème en charge et un quart d’heure après une voiture avec remorque arrive. Et tout le monde s’occupe de charger Petit Prince et sa remorque et moi je regarde tout le monde s’affairait en me demandant si mon matériel va arriver intact

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Les 37 km restant à faire sont une horreur. Même lui a du mal à passer avec sa voiture. Nous sommes secoués de façon invraisemblable. Et il faudra une heure pour faire ces 37 km. Je sais que François, Gilles et Jean Claude sont arrivés car je l’ai vu sur la carte satellite. Mais arrivée à Khiva, je n’ai pas assez de réseau pour ouvrir la carte donc je ne peux pas les localiser. Je prends un hôtel au hasard près de l’entrée Sud de la vielle ville. Il n’y a plus de chambre mais je peux dormir sur la terrasse.

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Je suis accueillie par un groupe de plusieurs jeunes qui font le rallye de la Mongolie. Ils m’emmènent dîner dans la vielle ville et c’est très sympathique.

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Soudain quelqu’un me tape sur l’épaule en m’appelant Corinne. C’est Carlos qui est entrain de l’aire des photos de la ville. Voilà ne soirée qui s’achève bien.

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Par contre demain, il me faudra trouver quelqu’un pour réparer ma tige support.

Voici quelques photos de Khiva de nuit:

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6 réflexions sur « ÉTAPE 42 »

  1. Hallo Corinne, ich bewundere deinen Mut und deine Ausdauer! Jeden Tag warte ich voll Vorfreude auf deinen Bericht und verfolge deine Reise am Atlas. Ich wünsche dir alles Gute und immer Menschen an deiner Seite, die dir weiterhelfen. Liebe Grüße Heidi aus Österreich

  2. Bonjour

    Quelle(s) aventure(s) !!
    Tous ces soucis matériels vous permettent de faire de tellement belles rencontres humaines!
    Bon courage pour la suite
    Cordialement
    Françoise

  3. Salut Corinne,
    Une casse de plus sur ton vélo!.., mais comme d’habitude, tu as su faire appel à la bonne personne pour qu’une armada se mobilise, et que tous ces gars se débrouillent pour transporter Petit prince un peu blessé. J’espère que les réparations vont bien se faire.
    Profite en attendant de tes rencontres, et de visiter Khiva qui semble être une très belle ville. Tu nous en donnes un petit apercu avec cette tour bleue magnifique.
    Courage pour la suite, je t’embrasse très fort
    Odile

  4. Yannick s’est trompé en disant que ta remorque tiendrait jusqu’en Chine ! Tu as pris la plus sage décision en faisant transporter ton vélo. J’espère que tu vas trouver quelqu’un pour réparer mais je me doute que oui car tu as du talent pour te dépatouiller des situations difficiles. C’est un itinéraire difficile mais en tout cas magnifique. Bravo!

  5. Ouahhhhhh….je te suis Corinne..tu es très forte…bravo….je n aurais pas été a la hauteur de ce que tu realises…

  6. Courage Corinne, merci pour le passionnant recit illustré de ton périple et de ta performance chaque jour renouvelée. J avais pris un peu de retard mais c’est rattrapé.
    Encore bravo pour ton courage, ta ténacité et ton incroyable adaptation à toutes les situations. J espere que ton velo va vite se reparer.
    Bises

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