Étape n ° 35

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 35, Une grosse casse matériel

Mardi 24 juillet à Kurmangazy

Comme je vous l’ai écrit hier, la première chose à faire était de récupérer du cash pour payer l’hôtel et avoir de l’argent liquide. Le matin comme prévu, je vais en voiture à la ville proche pour aller à la banque. Et là catastrophe, aucune de mes 3 CB ne marche. On rentre dans la banque et ils essayent mes 3 CB, même résultat. Et c’est la seule banque de la ville (j’apprendrais après que Cathy et Didier ont tiré de l’argent sans problème à cette banque). Je ne vous dis pas ma tête. Je ne peux pas avoir d’argent pour payer l’hôtel et poursuivre mon voyage. Je reviens avec le client que je ne peux pas rembourser et qui très gentiment me dit que ce n’est pas grave, je reviens donc à l’hôtel. Il explique ma situation et là aussi pas de problème.

Je suis vraiment gênée car partir d’un hôtel sans payer, ce n’est pas le style de la maison. Du coup je pars de l’hôtel car je ne suis pas à l’aise de la situation que j’ai créée malgré moi. Il pleut des cordes pour changer. Je fais une dizaine de km en réfléchissant à la situation. Je vois une station service, j’essaye d’acheter une bouteille d’eau mais , bien sûr, ils n’acceptent pas la CB (en Russie, ils acceptaient). Je suis donc sans eau du tout, situation dangereuse qui ne peut pas durer. Ma seule façon de m’en sortir est d’aller à Atyrau qui est une grande ville pour pouvoir aller chercher de l’argent. Je m’installe donc au bord de la route, je défais la remorque et je fais du stop. Malheureusement, pratiquement aucun camion ne passe en une demi heure. Une voiture finit par s’arrêter pour demander si j’ai besoin d’aide. Et évidemment le problème de la langue se pose. Comme je n’ai pas d’argent, je n’ai pas pu acheter de carte SIM pour mon iPhone et je ne peux pas dialoguer avec cet homme.

Il appelle un ami qui parle anglais et le dialogue à 3 commence. Mais pendant ce temps, je continue à faire du stop. Une camionnette s’arrête et la discussion à 4 devenant très compliqué. Ici on n’est pas dans l’entraide comme au Canada, on est dans le business. Cet homme va à Atyrau, il peut m’emmener avec mon vélo et ma remorque mais combien j’accepte de payer. Le premier prix demandé est 150 dollars. C’est curieux, ils ne négocient pas dans leur monnaie (j’apprendrais que pour Cathy et Didier, la négociation a eu lieu en euros). Mais il y a aussi le fait que je ne peux pas payer d’avance comme cela se fait pour eux. Et la discussion traîne, traîne, tout cela m’agace et je dis un dernier prix à prendre ou à laisser. Et tout cela se passe sous une pluie battante, facteur toujours très agréable. Finalement le conducteur accepte et je charge Petit Prince et sa remorque dans le camion. Les 250 km de route sont démoniaques, car la route est en très très mauvais état, mais contrairement au 40km faits la veille, cela reste une route, il y a encore du goudron. Mon conducteur roule comme un fou, à tel point que j’aurais une marque à l’épaule à l’endroit de la ceinture de sécurité. Enfin, on finit par arriver à la banque, où la je peux encore trouver de l’argent. Je n’ai rien bu depuis la veille au soir, faute d’argent. Je paye le chauffeur qui essaye de marchander en larmoyant, toujours plus. Mais je reste très ferme et ne lui donne que ce que nous avions convenu. Nous descendons le vélo et la remorque que j’attelle immédiatement. Puis je le gare, sur sa béquille, devant la banque et je vais acheter une carte SIM pour mon iPhone. Lorsque je reviens, le vélo a basculé sur la grille devant la banque, la béquille n’ayant pas à nouveau supporté le poids du vélo et ayant tourné. Mais là c’est catastrophique car le pédalier s’est pris dans la grille et le plateau du Pinion, changement de vitesse, est complètement faussé. Lorsque j’essaie de repartir, la chaîne saute immédiatement. Là c’est un gros coup au moral. Pourquoi, parce que le plateau est une pièce spécifique et qu’il faut une clé spéciale pour démonter le pédalier. J’ai demandé 2 fois à Azub de me les donner avant le départ et ils me l’avaient promis et ne l’ont jamais fait. J’ai eu le grand tord d’accepter de partir sans. Et maintenant, je suis coincée.

Je m’arrête dans un garage et je demande à ce qu’il essaie de redresser le plateau mais celui-ci a du être fragilisé par la chute car à peine l’on-il touché qu’il se casse. C’est foutu. Le moral est complètement dans les chaussettes. Il est 20h du soir et je ne sais pas quoi faire de mon vélo, ni où coucher. Cathy et Didier sont dans un hôtel dans la ville mais comment les rejoindre avec un vélo sur lequel je ne peux plus pédaler. Ils me donnent leur adresse précise mais impossible à trouver sur le plan et personne ne connaît. Finalement en agrandissant le plan indiquant les positions des balises, j’arrive à repérer où ils sont. A environ 5 km de moi, mais que je ne peux rouler qu’en actionnant le moteur à la main avec l’accélérateur et en ville, avec des pédales sur lesquelles je ne peux pas m’appuyer. Tout cela est bien casse gueule mais je n’ai pas le choix. Je pars donc et il me faudra une heure pour les trouver mais Petit Prince est toujours avec moi.

Nous dînons ensemble mais le cœur n’y est pas de mon côté car eux parle d’avenir et moi ?

Quelles sont les solutions possibles pour moi dans cette situation ?

  • continuer, cela veut dire qu’AZUB accepte de m’envoyer les pièces détachées par DHL mais où ? Au Kazakhstan, le point d’encrage du Suntrip est à Almaty distant de 2800 km de l’endroit où je suis
  • Abandonner mais pour sauver Petit Prince et le rapatrier en France, il me faut relier Almaty puis payer le rapatriement du vélo mais à quel coup, je l’ignore.

Voilà ma situation, qui vous le voyez ce matin, n’est pas brillante. Je m’en veux terriblement car avec cette pièce détachée en ma possession, je n’aurais aucun problème. Je voulais partir avec mais je ne l’ai pas eu. Ce qui est absurde c’est de me prêter un vélo et ne pas me donner la pièce spécifique de rechange, ce qui me met en totale difficulté .

Voilà, comme vous le voyez le bilan n’est pas glorieux. Je n’ai aucune idée à ce jour de la manière dont je vais m’en sortir

7 réflexions sur « Étape n ° 35 »

  1. Courage. Tu vas trouver une solution. Tu t’en es toujours sortie. Je comprends ton desarroi. Haut les cœurs. Bise
    Jb

  2. Oh mince! quelle calamité! Pas moyen d’enchainer 2 jours sans problèmes. 🙁 Le mieux me parait de faire comme Eric Morel et d’attendre à l’hôtel que ton sponsor t’envoie la pièce. Au pire à Almaty effectivement, Bernard Cauquil a tout prévu pour le rapatriement des vélos en France et tant qu’à affréter un transporteur il attend les éventuels autres vélos à rapatrier avant de le mettre en route. Le coût devrait en être diminué. Bon courage une fois encore.

  3. Bonjour Corinne, en camion jusqu’à Amalty ? Même si tu attends quelques jours là bas, cela te permettrait de ne pas prendre trop de « retard » par rapport à la date d’arrivée. Bon courage dans tous les cas, je te fais confiance pour trouver une solution

  4. Bonjour Corinne,
    As-tu trouvé une solution ? JP dit qu’il connait quelqu’un dans ce super pays qui pourrait peut-être t’aider !! Dis nous où tu es exactement .
    On essaye de te téléphoner mais cela tombe sur ta boite vocale.
    On t’embrasse …Bon courage
    Isa et JP

  5. Encore une sacrée tuile qui t’arrive!…
    Malgré tout, je crois à ton initiative et à une bonne idée qui va arriver, tu as toujours réussi à t’en sortir.
    La solution va surgir, et dans quelques jours tout sera en ordre.
    Malgré tout ça, tu arrives encore à prendre le temps de nous écrire,merci beaucoup.
    Bon courage Corinne, je t’embrasse très fort.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.