Étape n° 31

SUNTRIP 2018, étape 31, de la pluie, encore de la pluie et toujours de la pluie !…

Jeudi 20 juillet, à Svetlana Yar en Russie

Bilan vélo : 132 km

Ce matin, j’ai pu partir après un solide petit déjeuner (rôti, pommes de terre, tomates). Ce genre de repas inhabituel au petit déjeuner est un peu dur à avaler !…Et pendant que je mange, je regarde dehors et il pleut fort. Que c’est pénible quand on fait le suntrip d’avoir le raintrip à la place. De toutes les façons, pluie ou pas pluie, on est condamné à avancer, alors quand il faut y aller et bien on y va.

Je pars donc sous une bonne pluie battante. Et je me demande en combien de temps, le haut va être trempé. Quel dommage d’avoir un si bon imperméable de pluie et d’être trempée. À chaque fois j’essaie d’ajuster la capuche, mais quand elle est ajustée ce qui me laisse espérer de pouvoir rester sèche, je n’arrive plus assez à bouger la tête et c’est dangereux. Et la pluie ne se calme pas. Je fais 40 km sans m’arrêter quand soudain, cela vire à l’orage avec tonnerre et éclairs. Ici pour se réfugier, il n’y a que les stations services car dans cette zone, il n’y a pas beaucoup d’abri bus.

Comme d’habitude, je gare Petit Prince à l’abri devant une pompe (jusqu’à présent, on ne m’a jamais rien dit …) et je me réfugie dans la station service. Pas de chance, c’est une toute petite station, c’est à dire 3 distributeurs de boissons à l’extérieur et à l’intérieur, un guichet pour payer et une pièce devant de guichet de 2m X 2m. Quand j’arrive, il y a déjà dans cette zone, l’homme de la station service qui y est réfugié. Donc cela laisse peu de place. De plus je dégouline et salis tout, donc à chaque fois, cela m’ennuie un peu. La guichetière a pitié et m’amène une chaise. Et je suis là à regarder ce déluge et cet orage. Au bout d’un quart d’heure, il pleut toujours mais l’orage est passé. Quand je pars, j’ai un peu les larmes aux yeux car je trouve dur de pédaler dans ces conditions là. Les voitures et les camions m’éclaboussent fort car il y a tellement d’eau. Et les camions qui viennent en face en rajoute une couche. 20 km plus loin, je trouve une station service avec petit restaurant. Je m’y réfugie à nouveau et j’achète des m&m (je crois que c’est la première fois car les colorants chimiques, c’est pas mon truc), j’ouvre le paquet et je l’insurge en un temps record. Un mars suit le même trajet. On se réconforte comme on peut !…Il pleut toujours et il faut quand même repartir. Il ne reste que 20 km pour arriver à Volgograd. Et juste avant d’arriver dans cet ville, la pluie c’est enfin arrêter de tomber et miracle, je n’en aurais plus jusqu’au soir.

Ces villes sont impressionnantes par leur taille et les formes d’habitations. Les immeubles ressemblent à nos HLM et il y en a beaucoup. Mais le pire, c’est l’étendue de la ville. Il me faudra 17 km pour en sortir. Et physiquement c’est difficile car à vélo, je me paye tous les feux rouges. Et il faut à chaque fois relancer la machine, cela consomme de la batterie. Et la deuxième difficulté, c’est l’air irrespirable due à la pollution. Il est clair ici qu’il n’y a pas de règles environnementales anti-pollution quand on voit ce qui s’échappe des camions et de certaines voitures.

Donc, au bout de 17 km j’arrive enfin à sortir. Et la route à suivre au début est un peu invraisemblable car maintenant, je vais en direction d’Astrakhan qui est une grande ville. Cette route passe par des friches industrielles d’une grande tristesse et on dirait que la route est aussi abandonnée. A un moment, je doit passer dans une zone inondée qui doit faire pas loin de 30 com de profondeur sur 20m. Je me dis que s’il y a le moindre trou, je suis bonne pour une baignade en eau sale. J’ai quand même réussi à faire signe au camion d’en face de s’arrêter et d’attendre car je ne voulais pas en plus m’en prendre plein la figure. Je roule très doucement mais assez vite pour garder l’équilibre et je n’en mène pas large. Mais vraiment Petit Prince est un superbe vélo car il passe s’en broncher. Et je me dis que si j’avais eu un trike, j’aurais du avancer les fesses dans l’eau car un des problèmes du trike est que c’est un vélo qui est bas.

Puis je retrouve une route normale c’est à dire une 2 voies avec régulièrement des trous t’obligeant à être vigilant tout le temps.

Le paysage reste un paysage de campagne mais c’est un paysage de désolation car plein de friches industrielles et de pipelines.Ces derniers ont complètement envahis le paysage et mon Dieu que c’est moche. Certains ont, en plus, une protection qui est plus ou moins partie, ce qui rajoute encore de la laideur. Et je ferais des km dans cet environnement. Cela donne beaucoup de tristesse à ces paysages. Et je vois le niveau de mes batteries descende et je ne veux surtout pas rester en rade dans une zone comme cela. Je n’ai pas vu un seul motel alors je commence à m’inquiéter de l’endroit où je pourrais dormir ce soir. S’il ne me reste qu’une station service, dans un endroit comme cela, je ne me sentirais pas du tout en sécurité. Donc il faut que je trouve et vite une solution.

Et soudain, je tombe sur un poste de police. Je suis sauvée car c’est évident qu’eux vont me trouver une solution. Ils sont toujours très aimables avec moi. A ce moment là, le soleil apparaît entre les nuages. C’est étonnant, avec tous ces pipelines.

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Oui il y a un hôtel dans une petite ville dortoir à 1 km de là. Ils arrêtent une voiture et lui demande de m’emmener à l’hôtel. Je suis donc la voiture et là je traverse des zones où jamais je n’aurais osé m’aventurer. Pour l’hôtel, comme l’adresse vient de la police, je pense que l’hôtel est sûr. Et j’arrive dans un petit hôtel très correct entouré d’une grille dans une zone vraiment peu sympathique. Je rentre d’emblée le vélo dans l’enceinte car jamais je ne laisserais Petit Prince dehors dans un endroit comme cela.

Cet hôtel, le plus cher depuis mon arrivée en Russie, est folklorique car il n’y a pas eu d’eau avant 21h et quand l’eau s’est mise à couler, elle était marron. Et pour le repas, j’ai commandé des spaghettis à la bolognaise et on m’a servi 3 pâtes qui se courraient après alors que d’habitude les portions sont plutôt généreuse. Tant pis pour moi. L’important c’est que je me sente en sécurité et là c’est le cas.

Ce matin, je me lève, le ciel est tout gris mais pour le moment il ne pleut pas. Je pense que le beau temps n’est pas pour aujourd’hui.

Encore un petit kilométrage en perspective.

7 réflexions sur « Étape n° 31 »

  1. Comme je n’ai pas eu les récits des 20 premiers jours, j’ignore ce qui te fait avancer, mais chapeau, l’artiste !
    Yves

  2. Oh la la! Quel courzge et qu’elle tenacite il fait pour subir ça! Je suis vraiment fesodés pour toi que tu subisses de telles conditions . Je croise les doigts pour que tu aies rapidement de quoi te faire plaisir

  3. Bonjour Corinne,
    Chaque jour je te lis, et de plus en plus je t’admire. Il faut que tu t’accroches, que tu ne te laisses pas abattre. J’espère que tous ces mauvais moments vont laisser place à de beaux paysages, de belles rencontres et que tout ca sera vite oublié!
    Merci de partager cette aventure avec nous.
    Je te soutiens et pense très fort à toi.

  4. Oui, bravo à toi Corinne pour ta ténacité face à toutes ces embûches. Tiens bon et fais bien attention à toi.
    Bisous

  5. Et pendant ce temps là nous sommes tous entrain de siroter du rosé bien frais vue sur le phare de Cordouan…que te dire pour te soutenir ? Te connaissant tu n’abandonneras pas alors fais comme au golf, chaque trou est différent et oublie les mauvais coups ….garde de l’enthousiasme et de la force ….la grande muraille t’attends.
    Je t’embrasse très fort.

  6. Courageuse Corinne, tes récits catastrophes finissent par me faire sourire… Écoute ton corps et ton cœur. Bravo. Biz.

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