Étape n ° 30

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 30, une journée de soleil

Jeudi 19 juillet à IIovyla

Bilan vélo, 127 km

Ce matin en sortant de la tente: grand soleil. Après tous ces jours de pluie, mon Dieu que c’est agréable. mais c’est presque trop beau pour être vrai. En tout cas je suis d’une efficacité redoutable pour plier la tente. L’idée de rouler sans pluie me galvanise. La jeune employé de la station service arrive avec un café américain qu’elle me propose. Décidément, cette journée commence bien.

Dès 7 h du matin, je démarre, mais le fait d’être à jeun après une journée où je n’ai quasiment rien mangé se fait ressentir. Heureusement, une station service se présente au bout de 30 km et elle, elle a de quoi manger et même des tables où on peut s’asseoir. Malheureusement ce genre de station service est rare. Je ne résiste pas avant de rentrer, à déployer le 3é panneau, cela fait tellement longtemps que je ne l’ai pas fait. Il est d’ailleurs très sale et je devrais le nettoyer avant de l’exposer. Je prends un bon petit déjeuner et achète des sandwichs pour ne pas me faire avoir à nouveau au sujet de la nourriture. J’ai aussi un handicap que je n’ai pas anticipé, c’est le fait de ne presque plus avoir de roubles. Or les petites stations services ont pour consigne, de ne pas autoriser les CB pour les petits montants, donc 2 fois je me suis vue refuser des achats alimentaires pour cela. Et évidement sur cette grande route, il n’y a aucun distributeur de billets, donc je suis coincée.

Quand je reprends mon vélo, les batteries sont pleines. Cela a un petit aspect miraculeux. Je repars sous le soleil et je pédale bien. Par contre je vois les nuages apparaître et commençaient à s’accumuler. Je me dis que ce beau temps ne va pas durer. Et effectivement le ciel devient totalement couvert et j’ai du crachin pendant une heure. Puis le soleil revient en partie. Le beau temps n’a pas l’air vraiment installé, cela semble seulement une éclaircie pour cette journée. A 14h, j’ai déjà fait 127 km et je suis contente car mes batteries sont assez pleines pour en faire 40 à 50 km de plus. Mais ma nuit pratiquement sans sommeil et cette chaleur forte soudaine m’assomment un peu, alors je m’arrête dans une zone, où il y a plein de petits restaurants et un motel. Il faut que j’achète de l’eau car ce matin en roulant, j’ai perdu une gourde. je vais la remplacer par des bouteilles que je vais acheter au fur et à mesure. Ce n’est pas l’idéal mais je n’ai pas le choix.

Je demande à un petit restaurateur s’il sait à combien de km se trouve le prochain motel. Il ne sait pas et moi, je n’ai pas envie de me retrouver à dormir près d’une station service. Quel dommage de ne pas avoir d’application qui me donne ces données là. Et je lui demande, mais sans y croire du tout, s’il y a un distributeur de billets. Il éclate de rire car ma question est idiote vu le lieu et il a bien raison d’en rire. Par contre il me dit d’entrer pour boire. Je lui explique que je n’ai plus de cash et que je ne peux pas le payer. Et je m’entends répondre (tout cela avec l’application de traduction) qu’il ne m’a pas parlé d’argent. Et je me retrouve dans ce restaurant assise à une table et contente de souffler un peu. Et puis le repas m’est totalement offert, alors que bien sûr, je n’ai rien demandé: entrée, goulasch, puis steak haché avec purée, tomates et concombres, puis en dessert un très bon melon. Et tout cela m’est offert très gentiment. C’est la première fois, depuis le début du voyage, qu’un restaurant m’offre un repas. C’est drôlement sympa. La femme posera devant mon vélo avec sa petite fille pour une photo. Tout cel prends du temps et sans que je m’en aperçois il est déjà 16h et je suis fatiguée. Je crois que je paye aussi ces journées sous la pluie, le gros coup donné au moral par ce conseil de faire demi-jour pour cause d’’impossibilité de finir en 100 jours.

Et je me décide de me poser dans ce motel. Pour la première fois, l’accueil est gentil, je paye une chambre pour une personne bien qu’il y ait 2 lits, je peux faire laver mon linge (moyennant finance) et bien sûr ils acceptent la CB comme moyen de payer.

J’en profite pour faire une inspection très complète de mon vélo + remorque et je suis impressionnée:  pas un boulon ou vis ne manque. Et l’image qui me vient à l’esprit, c’est celle de Yannick dit Macgyver, une fois qu’il avait eu fini d’améliorer ma remorque avec panneaux solaires, lui tapotant le ventre en me disant « Corinne cette remorque ira en Chine. C’est drôle ces petites phrases qui donnent confiance. Pourvu qu’elle continue à tenir la route comme cela. Et j’exclue l’épisode perte de roue car cette boue était de la colle et rien ne lui résistait (même une de mes chaussures a vu ses 4 attaches cassées à la fois tellement je ne pouvais pas ôter mes pieds de cette boue). Son séjour dans le semoir ne l’a pas abîmé et là c’est une chance car je n’en menais pas large.

Ayant pour une fois un peu de temps devant moi, je regarde d’après le trajet préparé, quel est le nombre de km pour relier la Chine (je l’avais calculé hier)

  • Russie 800 km
  • Ouzbékistan, 2332 km
  • Kazakhstan, 1510 km
  • Chine 5529 km

Soit un total de 10171 km à faire. En 81 jours (pour respecter les 100 jours fixés), soit 143 km/jour sans compter un seul jour de repos, ou de temps exécrable, ou de casse matériel, ou de maladie, ou …. La deadline est donc le 27 septembre 2018. Ce n’est donc pas atteignable à priori. Cela a au moins le mérite d’être clair car tellement de paramètres ne dépendent pas de moi, le premier étant la météo.

Cette nuit, j’ai été réveillée par le tonnerre et les éclairs, un terrible orage. Heureusement, je ne suis pas dessous. Regardez l’écran indiquant la météo, mauvais temps avec orage toute la semaine. la conséquence est obligatoirement un petit kilométrage faute de recharge de batterie en cours de journée, kilométrage fait dans des conditions épouvantable. Qui puis-je: rien. Cette belle journée d’hier était donc une curieuse exception dans ce mauvais temps.

Un petit message pour ceux qui ont la gentillesse de me laisser des commentaires. Je les reçois systématiquement par emails donc je peux les lire. Par contre, pour une raison inconnue, je ne peux pas y répondre à partir du site car moi, je ne vois pas les commentaires sur le site (alors que mon fils les voit). Donc je ne suis pas incorrecte en ne vous répondant pas, juste, je n’arrive pas à le faire. Et encore merci à tous pour vos encouragements.

Je vais repartir ce matin, pour la Xième fois sous la pluie. Si cela pouvait s’arrêter un peu, cela serait bien.

Bonne journée à tous

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3 réflexions sur « Étape n ° 30 »

  1. Enfin je peux te lire! Je vois que tu en as bavé mais tu ne lâches rien. Quelle énergie, je t’admire.
    Gros bisous ma Corinne

  2. Bonjour Corinne,
    Oserai-je te dire « enfin le temps de te laisser un mot » au risque d’être ridicule ? En effet, je ne sais comment tu trouves l’énergie pour tout faire entrer dans une seule journée, et pourtant, tu nous donnes encore du temps pour nous raconter par le détail ton périple.
    Nous te suivons avec attention, tes journées ne sont pas sereines et ta machine solaire peu facile à manœuvrer. Pourtant tu sembles maîtriser de plus en plus le process qui t’équipe. Cette dernière journée de soleil montre bien qu’il est le carburant qui manque cruellement à ta machine motorisée.
    Donc oui, tu n’y es pour rien si le carburant, objet même de cette aventure, est pour le moment le grand absent.
    Quant au plan B concernant la deadline des 100 jours qui en effet ne laisse guère de place au simple courage (déjà énorme et peu commun) de se lancer dans une telle aventure, il pourrait être une société porte container. J’en ai trouvé une basée à Marseille à implantation mondiale.
    Ils ont notamment une implantation à Shenzhen, grand port à 150 km de Canton.
    Ils louent des containers avec transport jusqu’au port de destination pour un prix qui semble raisonnable (quelques milliers d’euros).
    Je pense qu’en faisant container commun avec le groupe des « plus de 100 jours » et en sollicitant cette société pour un peu de sponsoring, société qui, par essence, ne peut être indifférente au concept de voyage, il semble que le retour puisse devenir envisageable.
    Le site internet de cette société est
    https://www.cma-cgm.fr/contact
    J’ai regardé cela assez vite, c’est bien sûr à approfondir.

    Courage Corinne, heureux que tu aies trouvé asile dans ce motel sympa pour te ressourcer un peu.
    Bises

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