Étape n° 25

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 25, de la pluie et encore de la pluie

Samedi 14 juillet

Bilan vélo: 127 km

Après mon arrêt dans la campagne russe, je reprends la route. Mais j’ai vraiment vu la vraie pauvreté. Ils mangent à leur faim parce qu’ils produisent eux même ce qu’ils mangent. Comme gros animaux, une vache et son veau, des poules, c’est à dire très peu. Mais ils ont partagé avec moi. Ce qui m’a frappée aussi c’est leur dureté. Mais comment être autrement peut-être quand la vie est si dure ?

Le temps est maussade comme depuis pratiquement le début en Russie. Plein de nuages dans le ciel et certains sont bien noirs. Les 2 premières heures se passent agréablement car il y a peu de circulation. Par contre, pour la route, c’est les montagnes russes, cela monte et descend tout le temps. Les montées ne sont pas longues mais le dénivelé est important, ce qui veut dire que je consomme de la batterie et comme le temps est maussade, je ne vais pas pouvoir faire beaucoup de km aujourd’hui.

A partir de 9h, le trafic devient plus important et là l’enfer commence. Les conducteurs russes n’ont vraiment aucune conscience de ce qu’est un vélo (je ne parle même pas du vélo solaire). ILs vous frôlent continuellement et cela fait peur. Avec des scènes hallucinantes; exemples

  • Une voiture qui double en face quand vous arrivez. La première fois j’ai cru qu’il allait se rabattre mais non il a continué à doubler mais c’est juste rabattu à mon niveau. Et la même chose c’est passé 4 fois, avec à chaque fois la même angoisse pour moi. Comme je me dis qu’une fois, ils peuvent se louper, j’ai prévu de sortir de la route, en biais. Il y a 2m de voie d’urgence en cailloux, puis une dizaine de mètres d’herbe, puis des buissons et des arbres. Je devrais, dans ce cas là, pouvoir franchir les 2m de cailloux et ne tomber que dans l’herbe. Mais c’est ahurissant de devoir raisonner comme cela.
  • Une voiture me double, je fais très attention, mais au même moment, une autre voiture me double sur la droite en passant par la voie d’urgence car son conducteur ne pouvait pas attendre. Cela m’a totalement surpris car je ne m’y attendais pas du tout, et j’ai failli tomber.

J’ai cessé de regarder dans mon rétroviseur de gauche, car cela ne sert à rien. Je m’efforce de rester le plus à droite possible, en évitant les trous, c’est tout ce que je peux faire.

Mais comme tout cela n’est pas assez difficile, la pluie se met à tomber et cette pluie est très forte car elle me cingle et cela me fait mal. C’est la première fois que la pluie me fait mal à vélo. Puis rajouter les camions et voitures qui vous envoient de l’eau partout sur vous en passant bien près de vous et vous avez un tableau de ras le bol général. Je m’arrête dans une station service, je mets Petit Prince à l’abris devant les pompes et je râle car j’ai peur.

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J’ai l’angoisse au ventre de cette situation où je maîtrise rien du tout. Et j’ai vraiment la trouille. Je ne suis pas venue ici pour risquer ma vie de cette manière. Le découragement m’envahit. Que suis-je venue faire dans cette galère et volontairement ? Beaucoup d’interrogations, et j’écris mon ras le bol sur Facebook. Et là beaucoup de réactions sympathiques dont une formidable de Serge qui me rappelle que j’essaie de récolter des fonds pour l’Association Petits Princes et qui m’envoie la preuve d’un don. Cela a pour effet de me remettre les idées en place.

J’en profite pour dire que je suis déçue par le nombre de dons qui est faible. Ne pourriez-vous pas faire un effort s’il vous plait ? Cousins, cousines, un petit geste pour m’encourager, cela serait sympa de votre part. N’oubliez pas que vous recevez une attestation fiscale immédiatement après votre don et que c’est déductible de vos impôts à 66%. Alors merci de donner.

Le temps s’étant calmé je reprends la route, mais 2 fois la pluie se remettra à retomber, mais là moins fort. Arrivée à Veronej, je n’ai plus de batterie (et je n’ai fait que 125 km). Je ne veux pas prendre le risque d’être « motorless » au milieu de la ville. Quand soudain, je vois un immense Castorama sur la droite. Immédiatement je me retrouve sur le parking en me disant qu’une boite française va bien m’aider (c’est vraiment ridicule !…). Et Petit Prince se retrouve à l’intérieur de Castorama et on recharge ses batteries. Les vendeurs sont aux petits soins pour moi, ils sont vraiment très gentils. Ils me réservent un hôtel à  5mm de chez eux car je veux voir la finale de la coupe du monde de football. Je ne réaliserais que le soir que la finale est le lendemain. Est-ce que je trouverais demain un hôtel pour voir cette finale, j’espère.

Petit Prince dort dans la rue car il n’y a pas de parking intérieur. Pourvu que je le retrouve demain, c’est la première fois que cela m’arrive depuis le début du voyage. J’ai juste pu l’installer sous une caméra de surveillance.

Voilà une journée difficile pour moi qui s’achève.

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3 réflexions sur « Étape n° 25 »

  1. Encore bravo à toi, Corinne, de tenir le coup malgré tous ces aléas :conditions climatiques, mécaniques ….
    J espère que tu vas bien retrouver ton royal destrier, bien à sa place, sous la caméra de surveillance et que ta nuit aura été réparatrice.
    Gros bisous

  2. Bonjour Corinne.
    Effectivement ce n est pas la meilleure étape que tu viens de vivre.Concernant ta sécurité c est vrai que c est inquiétant de lire tout ce que tu nous écrit, fais attention à toi!
    Quant à la météo, c’est fou que tu aies autant de pluie depuis ton départ, heureusement que tu es équipée.
    Malgré tous ces soucis, tu n es pas à court d idées,
    Il n y à que toi pour solliciter les vendeurs de Castorama, et en plus ça marche car tu es certainement très convaincante.Bravo pour cela, c est ta détermination qui te sauve.
    Garde le moral Corinne, on est derrière toi.
    Je t embrasse très fort
    Odile

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