Étape n° 20

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 20, UNE GROSSE FRAYEUR

Lundi 9 juillet

Bilan vélo 127 km

Je me suis levée le matin en ayant mal dormi. Je n’aime pas ces lieux qui ne sont pas bienveillants. J’ai dormi dans mon sac à viande et duvet car je n’avais pas confiance dans la propreté des draps. Enfin, tout le matériel est rangé et je peux partir. Je suis toujours le trajet d’Honza qui là n’est pas compliqué car Il suffit de suivre la quatre voies, la M06 jusqu’à Kiev.
Je suis partie une nouvelle fois à jeun car à 7h du matin, seul le gardien est prisent.
J e commence donc à rouler tranquillement (au niveau du rythme car ballet de camions et de voitures). Quand on part tôt le matin comme cela (rappel, il est interdit de rouler avant 7h), je trouve que les voitures 2 premières heures de la journée sont les plus agréables pour rouler.


Au bout de 30 km, première halte pour grignoter des céréales et boire de l’eau. Ce n’est pas le meilleur petit déjeuner mais je n’ai que cela, alors je m’en contente. Je reprends la route et très vite je trouve que le comportement de mon vélo devient bizarre et immédiatement après, c’est la chute brutale ma plus grosse chute à vélo car soudain ma roue arrière s’est bloquée (à 25 km/h) me projetant brutalement en avant. J’ai eu le temps de mettre les 2 mains devant moi (heureusement gantées) et je suis tombée brutalement en ayant le réflexe de basculer sur la droite. Ce sont les 2 genoux qui ont pris. Heureusement, la remorque est tombée sur la droite mais un camion est passé très près . J’étais sonnée et à terre. Personne ne s’est arrêtée. Là , je n’en reviens toujours pas. J’aurais été blessée grièvement, je ne sais pas combien de temps j’aurais attendu des secours. J’étais sonnée. Quand j’ai repris mes esprits, j’ai failli déclencher la balise de détresse car j’étais vraiment en perdition. Puis petit à petit j’ai refais surface et constaté les dégâts: des égratignures et 2 genoux bien enflés. Quand j’ai relevé vélo + remorque, la roue arrière du vélo était coincée dans le cul de la remorque alors que l’attache de la remorque et celle de la roue n’avaient pas bougé. Je ne sais même pas comment physiquement c’était possible. Puis je me suis rappelée mes nombreuses chutes à cheval où le moniteur ( un ancien militaire de cavalerie) exigeait toujours de moi que je remonte immédiatement à cheval après une chute pour évacuer la peur. Quand j’ai relevé le vélo, la roue s’est remise en place ( un rayon est cassé). Avant de repartir, j’ai désinfecté toutes les plaies repérées car tout cela était vraiment très sale et je n’ai pas besoin d’infection. Après avoir examiné la totalité du vélo + attelage et avoir regonflé les pneus par sécurité (je trouvais la roue arrière un peu dégonflée), j’ai repris la route tout doucement. Mais 6km avant Kiev, brutal contre coup et à jeun, une envie de pleurer et surtout je ne me surestime pas. Ce que j’ai vécu a été très violent. J’ai réussi à faire 60 km et la peur a été évacuée mais je dois comprendre et demander de l’aide. Je m’arrête dans un bon restaurant ( je fais taches avec mes vêtements sales et déchirés mais je ne me fais pas refouler). Et je commande un repas.

 


J’écris à l’organisation Suntrip et Florian me répond immédiatement, que j’ai besoin d’aide. Florian réagit au quart de tour et une chaîne de solidarité se met en place. Il faut qu’un technicien voit ce vélo pour essayer de comprendre ce qui s’est passé. Florian envoie un motard pour m’emmener jusqu’à un magasin de réparation. Je décompense dans ce restaurant et je mange un bon steak pour reprendre des forces et j’attends le motard. Une heure et demi après, Dimitri arrive en voiture avec sa femme et ses 2 enfants. Quel réconfort pour moi de voir que je ne suis plus seule. Il m’accompagne jusqu’à mon vélo et là on constate que la roue arrière est à plat. Donc l’origine de ma chute est une roue qui se dégonflait. Dimitri la regonfle à fond, puis il me dit de reprendre la route pendant 6 km et de l’attendre à une station service où il sera avec sa moto. Je reprends la route mais toutes les 5mn, je vérifie l’état de gonflement de ma roue car je n’ai aucune envie de chuter à nouveau. Tout d’un coup, une voiture me double doucement et me demande si je suis Corinne, vous imaginez ma stupéfaction. Le conducteur est Alexandre que Florian a mobilisé aussi. Il me fait signe de m’arrêter et je lui explique que j’ai RV avec Dimitri à l’entrée de Kiev. Alexandre parle bien le français, c’est le premier ukrainien que je rencontre qui parle bien notre langue. Je reprends la route et il se met dernière moi en warning. J’arrive au lieu de RV et Dimitri m’attend avec sa moto. Alexandre et Dimitri se mettent d’accord pour un lieu de réparation de mon vélo. Et je repars avec Dimitri devant moi en warning et Alexandre derrière moi, aussi en warning. Inutile de vous dire que je me sens en sécurité. Nous arrivons chez le réparateur de vélo. je suis étonnée car c’est au pied d’un immeuble en sous sol. Seule une plaque à l’extérieur indique vélo. Un mécanicien sort et installe mon vélo sur la pelouse (on a détaché la remorque). Et là il entreprend de défaire la roue. Et je vois tout de suite que jamais seule, j’aurais réussi à faire cela car cela lui prend beaucoup de temps et de force physique pour débloquer tout cela. Il n’arrivera pas à changer le rayon sans démonter la roue.
Une fois la chambre à air sortie, on constate effectivement qu’elle a un mini trou, mais pas plus que moi, le mécanicien comprend comme la roue arrière du vélo a pu se retrouver coincer dans le cul de la remorque sans que les attaches aient cédées. Cela restera un mystère. Il me change la chambre à air, répare celle qui était crevée et me la redonne. Pendant ce temps Dimitri et Alexandre sont toujours à côté de moi. Peu de temps avant la fin des travaux, Alexandre discute avec le mécanicien puis il doit partir. Il m’explique qu’il a organisé une réservation à la Cité Olympique et que je n’aurais rien à payer. Je le remercie chaleureusement puis il part. Lorsque le vélo est fini de réparer, je demande combien je dois et là Dimitri m’explique que tout à été payé par Alexandre. Je n’en revient pas de tant de gentillesse.
Nous reprenons la route pour aller à la Cité Olympique. Dimitri est derrière moi en warning. Nous ferons 25 km pour relier cette cité. Je regarde mon compteur et je vois que je n’ai presque plus de batterie. Il ne manquerait plus que je tombe en panne de moteur. Nous arrivons enfin à la Cité ou m’attend une nouvelle personne pour m’indiquer ma chambre ou plutôt une petite suite dans un immeuble bleu appelé le bâtiment des invités. Petit Prince a été laissé à la surveillance du gardien.
Je prends congé de Dimitri qui m’a tant aidée et m’a consacré toute son après midi. Un formidable sauveteur qui parle bien anglais, il porte un gilet jaune avec écrit dessus « motohelper ». Nous nous séparons et je suis comme toujours un peu triste quand des belles rencontres s’arrêtent.
Dans la cité, Il y a un restaurant donc je peux dîner et je vais vite me coucher.

Merci Florian de m’être venu immédiatement en aide dans ce moment difficile. Merci à Alexandre et Dimitri pour votre formidable gentillesse

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6 réflexions sur « Étape n° 20 »

  1. Bonsoir Corinne,

    Je confirme le titre de ton étape: « une grosse frayeur ».
    J’avais bien lu dur le blog de suntrip que tu avais fait une chute, mais pas trop de détails, du coup je m’inquiétais.
    Effectivement ça a été sérieux, j’espère que tes genoux ne vont pas être trop douloureux en reprenant la course. Il parait effectivement qu’il faut se remettre en selle après la chute, bravo pour avoir eu le courage de mettre cela en pratique, tu nous prouves encore une fois ta force physique et mentale. On ne peut que t’admirer et continuer à te soutenir dans ton aventure. Merci de nous faire partager tes rencontres, et tes journées, même quand c’est une mauvaise journée.
    Je remercie tous ceux qui sont venus te porter secours, mais c’est vrai que tu le mérites. Repose-toi bien pour reprendre des forces, et repartir en forme avec Petit Prince.
    Je t’embrasse
    Odile

  2. Bon courage et il vous en faut! prenez soin de vos genoux, ils peuvent vous être utiles pour pédaler. J’espère que cette journée sera meilleure
    Amitiés
    Bernadette Herrou

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