Étape n° 15

Mercredi 4 juillet, étape 15, arrêt à Trzciana

Bilan vélo: 173 km, vitesse moyenne 22,0 km/h, durée de pédalage 7h53, régénération 3,2%, 

1717 Watts-heure consommés, soit 9,5 Wh/km, 34,0 Ah

A l’arrivée ; 45,7 V

Production des panneaux voltaïques : 960 Wh

Démarrer une journée après avoir été reçu comme cela la veille, vous donne une pêche d’enfer. Toutes ces rencontres font vraiment partie intégrante de ce voyage. Personnellement, je ne me vois pas faire un voyage pareil sans aller au devant des gens. Et depuis le début de ce voyage, en 15 jours, je peux dire que j’ai été très gâtée. Comme dit ma belle-sœur dans ses commentaires, les premiers n’ont pas eu cette chance. Le premier RAF fait environ 240 à 260 km par jour avec des pointes à 300 km, ce qui veut dire qu’il roule de 7h du matin à 21h, cela laisse peu de temps pour les rencontres. Mais chacun, dans cette aventure a des ambitions différentes (sauf une qui est celle d’arriver à Canton !…). Par contre, j’avoue qu’en Ukraine et en Russie, je ne sais pas ce que je vais faire ou réussir à faire. J’appréhende un peu la grande différence de culture, d’être maladroite sans le vouloir. J’espère que je ne vais pas me retrouver à l’hôtel tous les soirs, cela serait cafardeux au possible.

Aujourd’hui, je suis partie avec un itinéraire fait par Honza (AzUB). J’ai vraiment eu beaucoup de chance d’être sponsorisée techniquement par AZUB et l’aventure a fait que j’ai découvert que c’était un sponsoring aussi humain et ça, c’est fantastique. Honza a passé une journée entière, un dimanche, à essayer de me fabriquer une remorque 2 roues et avec 3 panneaux exposés. Puis une fois que je suis repartie, il m’aide sur le trajet. Je lui avais demander d’arrêter de prendre le chemin des écoliers et de rouler un peu. Et bien le trajet que j’ai fait, c’est exactement cela.

Les 30 premiers km étaient très agréables, des petites routes et des paysages superbes. Avec une anecdote marrante. A un moment, l’application me fait tourner sur une toute petite puis prendre un petit pont métallique. Là je me dis que c’est encore un raccourci entre 2 routes et que comme d’habitude, cela va être folklorique et pour être folklorique cela a été folklorique. Juste après ce petit pont la route tournait à gauche et je découvre un chemin d’une largeur d’une roue au milieu d’herbes de 1 m à 1,5 m. je n’ai aucune envie de reculer et de toutes façons, je n’ai pas la place de faire demi-jour, donc le problème est réglé. Je m’y aventure en roulant doucement, à la limite de l’équilibre. Je sais maintenant, par expérience, que ces routes font 300 à 500 m maximum, donc il faut tenir cette distance. Tout va bien pendant 200m, puis je vois que le chemin passe par une flaque d’eau dans la glaise. Je me souviens que la dernière fois que j’ai rencontré cela, j’ai fini dans un fossé. Je redouble de prudence mais la remorque chasse encore car je ne vais pas assez vite pour la tenir. Petit Prince à l’élégance de me sortir de la marre avant de me faire chuter, en douceur, la tête la première dans les herbes. J’ai éclaté de rire car la situation était vraiment comique. C’est dommage que dans des situations pareilles, il n’y ait personne pour prendre une photo de la situation ridicule où vous êtes. Mais là en 1mm, Petit Prince était de nouveau sur pattes, pas de fossé et je suis repartie. Ce chemin faisait environ 400m comme je m’y attendais. Puis j’ai repris la route tranquillement. Il faut vraiment que je me remette à la photo car cela me frustre beaucoup de ne pas illustrer mes propos.

Au bout de 30 km, j’arrive sur une grande route style route nationale, la N94, celle que beaucoup de concurrents ont suivi, si vous regardez la carte « race.thesuntrip ». Et là je roule 140 km dessus. Le voyage, dans ces conditions devient autre chose. Il y a une bande d’arrêt d’urgence les trois quart du temps. Donc vigilance de tous les instants. Je trouve qu’en Pologne les camions et voitures sont plus respectueux envers les cyclistes que dans les autres pays traversés précédemment.

Je sortirais de cette route vers midi pour m’arrêter 2h afin de recharger au solaire. 2h après, je pense que j’ai assez pour finir à arriver à faire 170 km, ce qui sera bien le cas. Puis toutes les 1,5h je m’arrête dans un abri bus pour boire et faire une pause de 10 mn afin de me relaxer un peu. Cette hyper vigilance est fatigante nerveusement. Arrivée à 170 km, je me dis qu’il faut que je sorte de cette route pour trouver un endroit pour dormir. Curieusement, cette route est parsemée de très grands murs anti-bruit qui indique que derrière, il y a des maisons à protéger. Et avant ces séries de grande protection, il y a toujours un petit chemin permettant de sortir. Je sors donc de cette manière et je me mets en situation de chien de chasse. Quel est l’élément qui va faire que je vais oser frapper à une porte ? Soudain, je vois un homme dans un jardin, devant une petite maison entrain de balancer du linge au-dessus du mur de la maison d’à côté. La scène m’amuse et je décide de tenter ma chance. Malheureusement il ne parle pas anglais mais il me dit d’attendre, il va chercher quelqu’un. Mon expérience me dit que dans ce genre de situation, il y’a 9 chances sur 10 que je sois accueillie. Et c’est exactement ce qui se passe. Il revient avec sa femme, qui elle parle anglais. Le contact est excellent et je serais encore une fois superbement accueillie. Très rapidement, je me retrouve devant une grande platée de pâtes et une bonne bière. Puis une douche m’est proposée et enfin un lit dans la petite maison d’à côté qu’ils louent et qui est entre 2 locations? C’est pourquoi, il balançait tout le linge de maison afin de tout nettoyer pour pouvoir relouer la maison meublée. J’aurais donc la maison à moi toute seule.

Merci beaucoup, JOLA, ANDREW et OSKAR pour votre hospitalité

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