Étape n°14

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 14, arrêt à Ochodza en Pologne

Temps mitigé; nuageux et soleil jouant à cache cache avec les nuages

Bilan vélo: 156 km, moyenne 19,8 km/h, durée 7h52 mn, vit max : 47,5 km/h, A min 5,97, A maxi 19,2, Régénération : 3,8%, 1719 Watts-heure soit 10,6 Watts-heure/km – 34,43 Ah

Panneaux voltaÏques : 1010,2 Watts-heure.

Après une nuit où j’ai mal dormi car je n’ai pas arrêté de penser que je n’arriverai peut-être pas à gérer les dates du visa russe, sachant que nous avons été prévenu que les russes ne plaisantent pas avec cela, et sans petit déjeuner pris, je démarre ma journée de vélo. J’ai demandé de l’aide à Annick Marie (webmaster suntrip et fille adorable) pour m’aider à faire le point avec elle : 1365 km à faire pour être à la frontière russe et 1300 km pour traverser la Russie et il me reste 28 jours soit moins de 100km par jour. Donc si je tiens la cadence et sans problème, cela devrait être bon.

Comme vous pouvez le constater, je n’arrive pas à ne recharger que par le solaire car le temps ne le permet pas (1719 Wh consommés pour 1010 Wh produits). C’est pourquoi je me suis tant acharnée, mais sans succès, à avoir une remorque avec les 3 panneaux solaires exposés. Je suis donc obligatoirement condamnée à m’arrêter pour déployer le 3ème panneau. Et aujourd’hui avec ce temps, cela a été très pénible. Je me suis arrêtée de 10h30 à 11h30 pour recharger. Mais le soleil a été caché les 3/4 du temps. J’ai donc fini par repartir, puis j’ai essayé à nouveau entre 13h30 et 14h30 mais le résultat a été aussi peu concluant. Et enfin à partir de 16h le ciel a été dégagé et j’ai pu enfin recharger. Soit 3h de perdues. Vous devez vous demander pourquoi je m’acharne tant à recharger ? Et bien c’est simple, si je n’arrive pas à recharger, je ne pourrais pas faire mes 150 km/jour, objectif que je me suis fixé. C’est un objectif raisonnable compte tenu de mon âge. Je ne veux surtout pas faire d’exploit, tenter un kilométrage impossible à faire. L’important est de pouvoir aller au bout du défi.

Lorsque le temps était exécrable, certains concurrents dans la course « au tout solaire » ont voulu rouler « motorless  », terme suntripeur compte tenu du nombre de nationalités différente, l’anglais est très pratiqué entre nous. Vu le poids élevé de l’ensemble remorque + vélo, je ne ferais jamais cela. Bernard (vainqueur 2015) et son fils Yann ont essayé de faire cela et le pauvre Yann (25 ans) a maintenant une tendinite. Je ne sais pas comment cela va évoluer pour lui.

Je roule donc tranquillement, sans jamais forcer et en essayant d’être le plus régulière possible. C’est pourquoi s’arrêter 3h pour essayer de charger de quoi finir la journée est très frustrant. Mais comme je n’ai pas le choix, il faut que je n’y habitue.

Le chemin que j’avais préparé est très agréable, sûrement beaucoup plus long que la ligne la plus courte mais pas de bruit, peu de camion, peu de voitures, mais oui c’est sûr cela me rallonge mon parcours (il n’y a pas assez de km à faire !…). Ceci dit, je sais que je ne peux pas continuer comme cela à cause du visa russe. C’est le seul visa qui pose problème. Pour le visa chinois, on a 3 mois mais à partir de la date d’entrée donc beaucoup plus simple à gérer.

Donc journée de vélo sans problème sauf un incident qui aurait pu mal se terminer. Je traverse une petite ville tranquillement et soudain la voiture devant moi pile. Cela ne m’était encore jamais arriver de m’arrêter en urgence. Et bien maintenant je sais. Le vélo a parfaitement freiné … Mais la remorque s’est mise à 90° immédiatement. A ma grande surprise, je ne suis pas tombée, le vélo et la remorque curieusement s’équilibrant parfaitement. Une voiture me doublait à ce moment là et la remorque s’est arrêté à 5 cm de sa portière. Heureusement qu’il me doublait large. Pourquoi cet arrêt brutal ? Parce que la voiture devant avait un passage piéton et quelqu’un voulait traverser. Maintenant je sais et je serais vigilante sur ce point.

Le soir, dès que mon compteur m’indique que j’ai franchi les 150 km, je cherche un endroit pour m’arrêter. Donc je roule très doucement et je regarde attentivement les maisons pour savoir laquelle choisir. Je constate à ce moment là qu’un couple de cyclistes me suis en regardant mon vélo. Immédiatement je m’arrête pour répondre à leurs questions. Heureusement, ils parlent anglais. Je leur explique à la fin que maintenant je cherche un endroit pour recharger mon vélo et dormir. Nous sommes en face d’une maison dont le mur est en réparation et le portail ouvert. Immédiatement la cycliste d’adresse à une femme dans le jardin. Une discussion s’engage entre elles et pour finir, … je suis accueillie.

Immédiatement, Petit Prince est mis en charge. Puis le repas arrive avec une bonne bière. La cycliste lui a expliqué qu’on devait bien me nourrir après une journée à pédaler. Et je me retrouve devant un plat qui tient bien au corps et une bonne bière. Quel accueil !

Ils m’autorisent à planter la tente dans le jardin. Je commence donc à la sortir lorsqu’une voiture arrive dans leur jardin. Un homme en descend et s’adresse à moi en français. C’est un voisin polonais qui a vécu plusieurs années en France. Ils me posent plein de questions et traduit après pour ses voisins. Il me fait rire car il me dit que ce que je fais est tellement hors culture qu’il doit bien expliquer tout. Puis à la fin, il me dit de ranger mes affaires de tente car je viens coucher chez lui. C’est la première fois de mes voyages que je mange chez quelqu’un et dors chez quelqu’un d’autre. Moi, pour qui les rencontres sont très importantes dans le voyage, je suis servie.

J’ai un superbe lit et je dormirais bien 8h d’affilée, ce qui, pour moi l’insomniaque, est fabuleux : copieux petit déjeuner et je suis prête à partir. 

Merci Marius, Ela, Alan (le fiston) pour votre accueil si chaleureux

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