Étape n°6

Dimanche 24, temps nuageux alternant avec de belles éclaircies

Bilan vélo :

153km, vitesse moyenne = 20,2 km/h, 7,6% de régénération, 1760 Watts-heure soit 10,3 Wh/km, 33,70 À, durée : 7h35

Panneaux voltaIques 926 Watts-heure, 19,37 Ah soit très inférieur à la consommation d’ou le fait que je recharge le soir car sans soleil je ne peux pas repartir.

J’ai pu partir tôt ce matin à 7h1/4 en pleine forme après ma nuit de 9H de sommeil et j’ai pu bien rouler toute la matinée. Toujours ces jolis paysages de campagne, avec ces fermes souvent coquettes. Elles sont belles et ont toujours des balconnières aux fenêtres, pleines de fleurs. Souvent, le toit est recouvert de panneaux voltaïques, l’Allemagne est vraiment très en avance par rapport à la France dans ce domaine.

Pour finir la matinée, je me suis trouvée face à une belle côte de 15% que je n’ai pas réussi à monter. Je me suis donc retrouvée, à pousser à nouveau mon vélo, sur 1,5 km. Je commence à en avoir assez de cela et à mon avis, ce n’est pas prêt d’être fini (Au Canada, sur 9084 km, j’avais mis 3 fois pieds à terre dans un montée pour pousser mon vélo. C’est ce que j’ai fait ici en une semaine !…). Les panneaux solaires changent vraiment la donne à ce niveau là. Il est clair que ce supplément de poids, j’ai du mal à le digérer physiquement. Quand vous poussez votre vélo dans un côte où la route est étroite, que des voitures, souvent des grosses cylindrées (je n’ai jamais vu autant de Porsches de ma vie) vous doublent en vous rasant, on dirait tous qu’ils font une course de côtes, vous n’êtes pas très fière et ce n’est pas le sentiment de sécurité qui domine !…

Et pour vider la batterie, c’est un exercice très efficace puisque vous passez votre temps à donner des petits coups d’accélérateur, à la puissance maximum, pour pouvoir pousser le vélo.

Je me suis donc arrêtée une heure après, pour recharger les batteries avec les panneaux solaires. Mais comme à nouveau, le soleil jouait à cache-cache avec le nuages, le résultat n’était pas brillant. C’est d’autant plus frustrant que les rares fois où il apparaissait, la recharge était étonnamment forte. Pendant cet arrêt, j’ai eu un appel de Thomas, qui voulait faire une petite interview de mes débuts dans le suntrip. Nous n’avons jamais pu établir une communication satisfaisante, j’ignore totalement pourquoi. Donc pas d’interview.

J’ai fini par reprendre la route pendant 2h, puis à nouveau une éclaircie de soleil. J’ai stoppé à encore pendant 1,5h pour recharger mais ce coquin de soleil a commencé à nouveau à jouer à cache-cache avec les nuages. J’ai donc repris à nouveau la route. Deux heures et demi d’arrêt pour peu de résultat, c’est frustrant sans compter que ces arrêts cassent complètement le rythme de pédalage. J’ai vraiment la démonstration que je n’ai pas fait les bons choix techniques, ce que j’avais déjà compris dans le prologue.

Je m’explique. Il y a 3 sortes de vélos, sur le suntrip:  des vélos droits, des vélos couchés (comme Petit Prince) et des trikes, c’est à dire des vélos à 3 roues (souvent 2 devant et une derrière). Chaque individu, de par le règlement suntrip, a le droit à 450W de panneaux solaires.

– Les vélos droits normaux ont souvent une remorque avec les panneaux dessus. Une autre catégorie de vélos droits, les vélos cargos les ont sur le porte bagage avant et arrière, leurs bagages étant au milieu du vélo cargo. Cela fait des vélos très allongés.

– Après il y a les vélos couchés: essentiellement 2 constructions, une avec remorque une roue (comme moi) ou 2 roues et l’autre avec remorque plus panneaux au dessus de la tête. Ce qui leur permet d’avoir 450W de panneaux exposés quand ils roulent, soit le double de moi. On m’a proposé cela, mais j’avais trop peur de ne pas avoir assez d’équilibre (quand je vois que déjà le vélo tombe à l’arrêt, je n’ose imaginer avec des panneaux au dessus de la tête…). Plusieurs hommes ont cela.

  • La catégorie des trikes: eux sont protégés de la pluie et du soleil car ils ont tous pour la plus part, les panneaux au dessus de la tête et souvent 450 W. Certains partagent les panneaux entre , au-dessus de la tête et une remorque.Pour beaucoup d’entre eux, les panneaux sont orientables et ils peuvent les orienter face au soleil quand ils roulent. D’autres ont les panneaux fixes mais la même puissance en W. Donc eux n’ont pas besoin de s’arrêter pour recharger, il leur suffit de rouler. Et soir et matin, ils complètent leur charge.

 

 

Vous comprenez pourquoi je dis que je n’ai pas fait le bon choix. Je devrais être en trike avec 450W au dessus de la tête avec des panneaux orientables et aucun problème d’équilibre. Pas d’arrêt nécessaire pour recharger et protection de l’individu des intempéries. Par contre, le trike monte moins bien les côtes que les autres vélos d’après ce que l’on dit. Je n’ai jamais essayé de trike.

Les regrets ne servant à rien, on va en rester là, mais vous comprenez ma frustration de ces arrêts nécessaires pour moi et inutiles pour d’autres.

Le Suntrip est vraiment comme une transat sur terre. Il y a les multicoques et les petits quillards. Et je suis dans la catégorie petits quillards.

C’est pourquoi, indépendamment de la force physique qui confine à l’exploit pour les premiers sur la carte en live, certains arrivent à avoir pratiquement 2 fois plus d’énergie que les autres, la jeunesse, la force et le talent font le reste.

Avant de faire le Suntrip, il faut vraiment bien réfléchir à ce problème. Et puis les budgets ne sont pas les mêmes, ce qui peut avoir une énorme importance dans le choix de sa monture.

Pendant que je vous écris, je suis couchée dans ma tente.

Hier soir, je n’ai pas trouvé d’accueil à domicile, aussi j’ai décidé de camper. J’ai demandé à un groupe de gens qui faisaient la fête autour d’une grosse poutre de faîtage de maison. Ils m’ont expliqué qu’il fêtait la pose de la poutre d’une nouvelle maison. Par la suite, ils ont mis la poutre sur une remorque de tracteur, ils sont montés dessus et se sont promenés dans le village en chantant à tue tête.

Ils m’ont indiqué le jardin d’une maison apparemment communale et m’ont donné l’adresse d’un restaurant où j’ai pu dîner (très bien, sauf que ne comprenant pas l’allemand, je n’ai pas su ce que j’avais commandé jusqu’à ce que je vois l’assiette.

Petit prince et moi, nous nous sommes donc installés dans ce jardin, où j’ai passé une nuit épouvantable pour une raison idiote. Quand je me suis installée, j’ai planté la tente quand il faisait jour. Je n’ai pas vu que j’étais installée sous une lampe à détecteur de présence. Toute la nuit, elle a dysfonctionné, s’allumant et s’éteignant toutes les 5mn. Les 4 premières heures de sommeil, cela ne pas gêné car j’ai dormi avec la fatigue, mais pas la suite, cela m’a beaucoup gênée. Et en plus, je me suis installée à 200m de l’église qui carillonne toutes les demi heures et toute les heures avec un baroud d’enfer à 5H30 du matin. C’est curieux car cela doit réveiller tout le village. Pour couronner le tout, forte pluie à partir de 3h du matin. Je suis inquiète pour Petit Prince car c’est sa première nuit sous la pluie et quand je vois comme il est bardé de fils électriques de partout, cela fait peur.

S’il pleut dans la journée, cela sera mort pour la recharge solaire dans la journée. Et aucun plaisir à pédaler sous l’eau.

 

 

 

 

Une réflexion sur « Étape n°6 »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.